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Un homme engagé

L’ archevêquede Cantorbéry, primat de la Communion anglicane, s’implique fortement dans la question sociale.

  Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry et primat de la Communion anglicane, critique fortement dans le New Statesman, magazine anglais politique et culturel de centre gauche, la politique du gouvernement de coalition conservateurdémocrate libéral, sur un grand nombre d’options de ce gouvernement. Il dénonce des politiques radicales qui « engagent le long terme et pour lesquelles personne n’a voté ».

  Nombre de gens, en particulier les plus vulnérables de la société britannique, remarque-t-il, « ressentent de l’angoisse et de la colère », parce que le gouvernement de coalition n’a pas justifié aux yeux du public ses choix radicaux. Que ce soit sur les questions de santé ou d’éducation, qui sont visées par les « réformes », le gouvernement a soulevé « déception et indignation ». « Nous sommes confrontés très rapidement à des décisions radicales qui engagent le long terme. Et l’anxiété est compréhensible sur ce que représente la démocratie dans ce contexte [de mesures autoritaires]. Les réformes du service de santé, par exemple, sont les plus importantes depuis sa création en 1948 », remarque l’archevêque.

  Et le New Statesman commente : « Ces réformes qui visent à faire passer le service de santé au privé sont fortement critiquées par les malades, les infirmières, les professionnels de santé et les experts. De même, les réformes touchant l’éducation ont été présentées devant le Parlement tout de suite après les élections de 2010 avec la hâte normalement réservée aux lois antiterroristes. »

  Rowan Williams s’élève aussi contre la critique systématique du gouvernement de Tony Blair que font les ministres actuels. L’administration travailliste n’est pas responsable de tous les problèmes de la Grande-Bretagne.

  Mais le millionnaire George Osborne, ministre des Finances du gouvernement conservateur, répond en expliquant que ces coupes dans les aides aux plus démunis sont nécessaires pour réduire le déficit : « Nous voudrions faire plus mais il nous faut attendre que l’économie aille mieux. »

  Ceci est un slogan « usé », déclare l’archevêque de Cantorbéry, ainsi que l’archevêque catholique de Westminster et les autorités des Églises non conformistes (protestantes) de Grande-Bretagne : « Défendre la fortune et les privilèges, accroître les punitions contre les pauvres supposés abuser du système, est-ce cela le fameux programme de la “Big Society” que David Cameron et ses alliés conservateurs disaient vouloir installer ? » Et Rowan Williams conseille : « Le gouverne-soulèvent toutes ces questions de so ciété. »

  Rowan Williams est un archevêque qui s’est défini, dans le passé, comme « un gauchiste chevelu » et ses écrits théologiques sont caractérisés par l’importance donnée à la pratique chrétienne de la compassion, de la justice et de la recherche de la paix. Il a maintes fois déclaré que les autorités dans l’Église devaient prendre la parole, d’un point de vue chrétien, sur les questions sociales et politiques mais ne devaient pas devenir euxmêmes des politiques. Ce n’est pas la première fois qu’une autorité dans l’Église anglicane critique à haute voix le gouvernement : en 1985, le document des évêques anglicans, Faith in the City, sur l’abandon, la marginalisation par l’État de zones urbaines (nous dirions les quartiers ou les banlieues) appelait l’Église et la Nation à donner la priorité aux pauvres. Margaret Thatcher en avait été indignée, et certains députés conservateurs avaient traité de « marxiste » le document rédigé sous la houlette de l’archevêque de Cantorbéry de l’époque, Robert Runcie.

  Le premier ministre David Cameron a répondu que c’était le droit de l’archevêque de critiquer mais qu’il n’était d’accord sur aucune des critiques !

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À propos Claudine Castelnau

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