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« Savourer la fraternité »

Les premières Assises nationales des entraides protestantes ont été une occasion de rencontres et de discussions riches et fructueuses. L’engagement dans le diaconat est une belle façon de lutter contre les difficultés économiques actuelles.

  Les vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre 2012, 300 délégués des diaconats de toutes les régions de France et de toutes les Églises de la Fédération protestante se sont réunis avec des représentants des oeuvres et mouvements à Paris au « Palais de la Femme » de l’Armée du Salut. Le mot d’ordre de ces premières Assises nationales des entraides protestantes était « Savourons la fraternité ».

  Deux remarques s’imposent : le nombre de participants montre le besoin qu’il y a de se rencontrer pour partager les problèmes, les questions, les peurs mais aussi les idées, les réussites.

  Échange d’idées et encouragements, autant de choses nécessaires pour continuer un engagement en faveur des plus démunis, engagement hélas de plus en plus nécessaire.

  Une vingtaine de groupes ont ainsi pu discuter librement avec autant de sérieux que de passion.

  Besoin de se retrouver, certes, mais aussi plaisir d’être ensemble et de savourer la fraternité. On savoure de deux manières, avec ceux qu’on aide, qu’on accueille, ces frères et soeurs qui ont eu moins de chance que nous dans leur vie. Vivre avec eux la fraternité et les voir sortir de la peine où ils sont, même momentanément, est un vrai plaisir. Fraternité aussi dans l’équipe qui s’engage avec des qualifications diverses et des complémentarités nécessaires sans parler des charismes des uns et des autres sans lesquels rien ne pourrait s’accomplir.

  Ces rencontres ont été portées par une série d’exposés aussi riches que dynamisants. Georges Dugleux, Laurent Schlumberger, Nicole Questiaux ont rappelé les fondements théologiques et politiques de la diaconie : du rappel de la diaconie du Christ qui « sert » ses disciples lors du lavement des pieds (Jn 13) à la nécessité de s’engager fermement, de témoigner et d’interpeller les autorités politiques pour qu’elles fournissent le cadre de l’action d’entraide dans la nation. Ces discours sont toujours importants à entendre car ils soulignent l’action diaconale comme étant un acte prophétique par excellence, c’est-à-dire porteur de la parole de Dieu. La diaconie est une prédication de l’Église, elle illustre le discours de la grâce et montre que la Parole est bel et bien incarnée, agissante. La diaconie crédibilise le discours de l’Église. Sans diaconie, l’Église est une coquille vide, voire un contre-témoignage scandaleux.

  Les assises nous permettent ainsi de réaliser que même une communauté modeste peut vivre un engagement de qualité. Ici, ce qui importe, n’est pas lataille de tel ou tel diaconat, mais la manière. Nous ne sommes pas dans le salut par les oeuvres, mais dans la grâce, dans une fraternité à savourer.

  Des visites à la maison de retraite la plus proche à un repas offert aux gens de la rue, en passant par des cours de français, il y a une palette d’actions et d’associations diverses, efficaces et réalisables par tous.

  La diaconie peut être individuelle, collective. Elle peut se vivre « sur le terrain » ou dans un réseau. Elle peut se faire à domicile ou dans des locaux spécialisés. En partenariat avec d’autres oeuvres et mouvements ou avec des travailleurs sociaux. Si certains sont très spécialisés, d’autres membres des diaconats seront plus généralistes, « petites mains » (comme disent beaucoup) sans lesquels absolument rien ne serait réalisable.

  Certes, devant nous, la tâche est immense, les problèmes nous semblent insolubles et nous ne pouvons aider tout le monde, mais ce qui est fait est si important pour les bénéficiaires ! Ce qui est fait signifie pour tous ceux qui se sentent rejetés, incompris, malheureux, que quelque part il y a un lieu où ils sont entendus et reçus dans la dignité de l’humain. La diaconie est ainsi une lumière dans le monde souvent obscur des rejetés de la société.

  La diaconie est un combat pour la justice. La crise actuelle avec toutes les difficultés qu’elle génère nous offre la possibilité de dénoncer un système économique injuste et dur. Elle nous permet non seulement de rêver mais aussi de proposer d’autres modèles de société, fondés sur moins de consommation et plus de fraternité et de justice.

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À propos Vincens Hubac

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est pasteur de l’Église protestante unie de France au Foyer de l’âme, à Paris. Il est engagé dans la diaconie et intéressé par le transhumanisme.

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