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Le refuge

Mousse (Isabelle Carré) et Louis (Melvil Poupaud) se sont réfugiés dans un appartement. Ils sont jeunes, s’aiment et n’ont pas de souci d’argent mais la drogue a envahi leur vie. Le spectateur, angoissé, assiste à leur terrible déchéance. Un jour c’est l’overdose, Louis meurt mais Mousse survit. Elle apprend à l’hôpital qu’elle est enceinte. Comme toutes les jeunes filles dans cette situation, elle ne sait que faire. La mère de Louis lui dicte la conduite à tenir : « Vous n’allez pas le garder… Ce serait très risqué, pour ce bébé, d’avoir une mère droguée… Nous ne tenons pas, dans la famille, à ce que Louis ait une descendance, dès lors qu’il n’est plus parmi nous». Par réaction, elle décide de garder l’enfant et fuit loin de Paris, dans une maison au Pays basque. De passage Paul (Louis-Ronan Choisy), le frère (adoptif) de Louis, lui rend visite. Que va faire Mousse… ? Il faut vouloir et savoir s’occuper d’un enfant !

   Les dialogues sont peu nombreux mais saisissants. La caméra nous met face aux personnages et s’attarde sur leurs hésitations, leurs ambiguïtés, leurs attentes, leurs désirs. La mise en scène sensorielle nous fait vivre les émotions intimes, très fortes et même dérangeantes, des protagonistes. Nous suivons ainsi le parcours initiatique de l’héroïne enceinte dont l’évènement « heureux » est marqué du sceau de la mort du père qui hante tout le film. Il s’agit aussi d’une quête identitaire touchant à la maternité, au deuil ainsi qu’à l’homosexualité en la personne de Paul car celui-ci s’intéresse à Mousse pour mieux s’interroger sur le mystère de ses propres origines et de sa sexualité.

   Les acteurs sont remarquables. Isabelle Carré exprime admirablement l’appréhension de Mousse entre un passé tragique sur lequel elle tait sa souffrance et un avenir incertain qu’elle veut hors de toute influence. Louis-Ronan Choisy est attachant dans le personnage de Paul qui n’arrive pas à définir sa propre identité.

   C’est un film très profond et d’une très grande sensibilité. Il est à l’image de son réalisateur qui, une fois de plus déclenche la controverse.

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À propos Pierre Nambot

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