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Gourmandise et partage

  La gourmandise est le septième péché capital de la religion catholique, répertorié dès le IVe siècle par le moine Évagre le Pontique.

  Au VIe siècle, le pape Grégoire Ier l’associe à la luxure (le ventre étant proche du bas-ventre) et décrit les cinq manières de commettre le péché de gourmandise : manger avant le moment du repas, rechercher une meilleure qualité de la nourriture pour satisfaire les « ignobles sens du goût », rechercher des assaisonnements pour le plaisir du palais, manger plus que nécessaire, manger avec trop de désir (cette dernière manière étant la pire !).

  Au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin en fait un péché capital, c’est-à-dire un péché qui engendre d’autres péchés.

  En 2003, vingt-huit personnalités ont remis à Jean- Paul II une requête demandant que le terme de gourmandise qualifiant ce péché capital soit renommé en gloutonnerie, intempérance ou goinfrerie…

  La question de l’alimentation est centrale pour la survie de l’espèce humaine. Manger a toujours été une des préoccupations principales des hommes, comme des animaux.

  Laurent Gagnebin écrit dans la Revue Autres temps (no 62, 1999), sous le titre « Manger : entre nécessité et scandale » : « La liste est longue des questions soulevées par la nourriture. ». Il énumère : « scandale d’un monde forcément violent parce que la vie s’y nourrit nécessairement de la mort des autres (animaux et végétaux) ; scandale de la faim dans le monde ; scandale d’une “grande bouffe” qui ignore le partage ; scandale aussi d’une goinfrerie où la grâce et l’art des repas, de leurs dons, sont méprisés. »

  La « gourmandise » qui engendre l’égoïsme, le refus du partage, a des conséquences désastreuses que nous ne pouvons ignorer. Aujourd’hui plus de six milliards d’hommes vivent sur notre planète : 2 milliards ont des carences alimentaires, 900 millions souffrent et parfois meurent de la faim, 400 millions sont obèses.

  Environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture, soit un tiers des aliments produits, sont gaspillées chaque année, selon le Fonds des Nations unies pour l’alimentation (FAO). En Europe et en Amérique du Nord, chaque consommateur gaspille entre 95 et 115 kg par an.

  La Terre produit pourtant suffisamment de nourriture pour tous : 350 kg de céréales par personne chaque année, soit un kilo par jour. Si elles étaient réparties équitablement entre tous les hommes, chacun aurait de quoi manger à sa faim. Selon Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, l’agriculture pourrait nourrir aujourd’hui 12 milliards d’êtres humains, le double de ce que nous sommes. Pourtant, 900 millions de personnes dans le monde sont encore sous-alimentées…

  Alain Houziaux, pasteur ERF, bien connu de nos lecteurs, nous présente ses réflexions sur les causes et les conséquences de la gourmandise ; pourquoi parle-t-on du « péché de gourmandise » ?

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À propos Marie-Noële Duchêne

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est enseignant-chercheur retraitée en Physique (université Paris-Sud Orsay). Depuis 2004, elle s’occupe du secrétariat de rédaction d’Évangile et liberté.

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