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Elle s’appelait Sarah

Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France, est heureuse : son mari l’aime, son métier est passionnant et elle va bientôt habiter dans un bel appartement du Marais hérité de ses beaux-parents. Pour faire un article, elle enquête sur la rafle du Vélodrome d’Hiver de juillet 42 et en arrive à s’interroger sur les circonstances de l’acquisition de cet appartement. Elle constate que c’est un secret de famille qui devient pour elle un enjeu. Elle poursuit activement ses recherches et se trouve à reconstituer le martyre de la petite Sarah qui a échappé à la Shoah et qui se sent responsable de la mort de son frère. Elle apprend que Sarah s’est installée à Brooklyn et décide de la rechercher. Elle veut savoir comment elle vit après avoir subi tant de traumatismes ; la surprise sera grande…

 

  La déportation des juifs lors de la Seconde Guerre mondiale a été trop souvent traitée par de nombreux cinéastes avec une sensiblerie presque dérangeante. Le spectateur peut dans un premier temps ne pas marquer d’intérêt par le film de Gilles Paquet-Brenner. Après l’avoir vu, son avis est tout autre car ce film se démarque de ce qui a été fait jusqu’à maintenant. Il nous montre en alternance la situation de 1942 et la vie d’aujourd’hui. C’est-à-dire une histoire conjuguée au passé et au présent qui surprend favorablement par sa simplicité et l’absence d’effet sensationnel. Les plans sont souvent magnifiques, la musique en parfaite harmonie et la caméra fait preuve d’une discrétion émouvante. Elle nous montre par exemple le regard de Sarah enfant qui place toute sa confiance envers ceux qu’elle aime ou la visite discrète de Julia au mémorial de la Shoah. Il y a aussi ces nombreux allers et retours dans le temps, les explications presque pédagogiques, les non-dits psychologiques qui ne se réfèrent presque jamais aux clichés habituels relatifs aux horreurs, à la conscience, à la culpabilité… Au centre de ce drame, nous sommes comme hypnotisés par ces deux femmes qui évoluent dans deux époques différentes qui se font écho mais que le destin va unir. D’un côté, la mère, magnifiquement jouée par Kristin Scott Thomas, dont le visage éclaire les scènes et fait souvent oublier la banalité des échanges verbaux. De l’autre, l’enfant, Mélusine Mayance, dont le jeu fait preuve d’une maturité étonnante. Ces deux femmes illuminent chacune à leur manière un film d’une rare sobriété. C’est un film qui mérite d’être vu.

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À propos Pierre Nambot

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