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Un chemin de liberté

On connaît l’adage suivant lequel « on ne naît pas chrétien, on le devient » ! Il en va de même pour le libéralisme protestant : on ne naît pas libéral, mais ce choix est l’aboutissement d’un cheminement éminemment individuel. C’est en tous cas vrai pour le signataire de ces lignes qui, à l’époque de la défunte (mais si stimulante) collection Alethina, avait été frappé par le parcours de Jean Chèvre, relaté dans Le chemin des Garissades, « journal d’un laïc », paru en 1976.

D’origine catholique, il avait peu à peu découvert le protestantisme et, au terme d’une patiente évolution, le protestantisme libéral qui l’avait amené à cette conviction : « L’Église de mon choix est celle de la liberté. Elle ne prétend pas détenir la vérité. Elle s’interdit de juger. Elle n’excommunie pas la brebis perdue » (p. 73).

Mon chemin a été moins douloureux, parfois tortueux mais passionnant. Issu d’une famille protestante traditionnelle mais peu pratiquante, j’ai eu la chance de rencontrer sur mon itinéraire de foi, des personnages remarquables et surtout de tendances très différentes. En premier lieu, un pasteur de catéchisme traditionnel, mais ouvert et excellent pédagogue à qui je dois beaucoup. Puis une longue fréquentation des groupes de jeunesse avec des aumôniers aux positions théologiques variées, allant de la tendance « Église et liturgie » à un extrême libéralisme, en passant par des ministres et des laïcs ancrés dans une saine tradition biblique, à la foi solide et rayonnante.

La rencontre et le contact suivi avec deux pasteurs, dans le cadre de l’aumônerie de l’Université de Lausanne et des groupes de l’Association chrétienne des étudiants fut décisive. Ces pasteurs appartenaient au mouvement libéral et, comme plusieurs jeunes ministres vaudois, ils avaient fait leurs premières armes à la paroisse de l’Oratoire, à Paris !

Quel contraste frappant avec ce que j’entendais et vivais au sein du mouvement des Jeunes paroissiens, dirigé par un adepte d’Eglise et liturgie. Mais contraste utile et salutaire puisqu’il m’a amené à la découverte libératrice du pluralisme protestant. Il m’a permis de cheminer à mon rythme et de fonder mes propres convictions. Elles m’ont conduit à partager celles de Jean Chèvre et de tant d’autres sous l’œil bienveillant du pasteur de ma paroisse, ancien de l’Oratoire, lui aussi, par un heureux hasard !

Les circonstances ont voulu que j’assume diverses responsabilités au sein de l’Église évangélique réformée de Canton de Vaud (EERV), l’esprit libre de tout dogmatisme et de toute culpabilité. Je me suis toujours efforcé de défendre, pour mon Église, les principes de liberté, de pluralisme et de multitudinisme (ce dernier principe très cher aux Vaudois !) et je me félicite que l’EERV n’ait pas de confession de foi officielle mais de très utiles « principes constitutifs » qui sont rappelés au début de toute assemblée paroissiale.

 

Mes convictions libérales me permettent enfin de souscrire pleinement à ces autres lignes de Jean Chèvre : « Qu’importent alors les points faibles de cette Église (…) L’Église à laquelle j’appartiens se moque des toquades et des snobismes presqu’autant que des certitudes dogmatiques ». Ainsi soit-il !

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À propos Jean-François Maire

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