Parfait ?

Une porte-parole de la Maison Blanche, fille de pasteur et protestante engagée, aurait répondu à une question sur les propos et attitudes de Donald Trump : « Pour moi qui suis croyante, seul Dieu est parfait, personne d’autre ne l’est. »

Du coup, la presse française la qualifie d’ « ultra-religieuse ». Il n’est pourtant pas besoin de l’être pour s’apercevoir qu’aucun être humain, même s’il est président de la République, n’est parfait. Si ce constat sert à excuser défaillances et erreurs, à désarmer reproches et critiques, son utilisation est douteuse, pour ne pas dire vicieuse. Par contre, il me semble qu’on peut en tirer deux conséquences justes.

D’abord, que celui qui exerce un pouvoir doit toujours avoir en face de lui des « contre-pouvoirs » qui le contrôlent, le limitent et le corrigent. Précisément parce que personne n’est parfait, on ne peut pas admettre de pouvoir absolu et totalitaire.

Ensuite, qu’il faut que chacun admette qu’il est insuffisant et insatisfaisant, ce qui ne veut pas dire qu’il ne vaut rien, mais qu’il dispose d’une marge de progression. Quand on se croit parfait, on s’enferme et on s’immobilise, on veut rester ce qu’on est. Se savoir imparfait incite à avancer, changer, s’améliorer, agir autrement. La perfection est désespérante ; reconnaître son imperfection permet au contraire l’espérance.

Je préfère que nos présidents ne soient pas parfaits ; j’espère vivement qu’ils ne vont pas croire et que leur entourage ne va pas leur faire croire qu’ils le sont.

 

 

 

À propos André Gounelle

est pasteur, professeur honoraire de
l’Institut Protestant de Théologie (Montpellier), auteur
de nombreux livres, collaborateur depuis 50 ans d’Évangile
et liberté.

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