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La contradiction démocratique

 

Une démocratie se contredit quand elle élit à sa tête quelqu’un qui refuse ses principes et ses valeurs. Elle donne le pouvoir à un ennemi qui risque de la détruire et parfois y réussit. On en a des exemples dans l’histoire : ainsi le Second Empire a été validé par le suffrage universel ; la Troisième République a été gouvernée en ses débuts par des monarchistes ; Hitler est arrivé au pouvoir en gagnant des élections ; de nombreuses dictatures ont joui d’un fort soutien populaire ; en 1940, dans la France vaincue, s’opposaient la légalité institutionnelle d’un régime autoritaire mis en place par un parlement élu et la légitimité déontologique auto-proclamée de ses adversaires.

La démocratie à la fois relève du nombre de voix obtenues et implique le respect de principes. Quand il y a divorce entre les valeurs qu’elle entend incarner et ce que veut la majorité, elle se trouve dans une impasse. Les américains qui ont manifesté contre Trump avec des pancartes « not my président » auraient amèrement reproché à leurs adversaires, au nom de la démocratie, de ne pas accepter le résultat du vote s’il leur avait été défavorable. La résistance est difficile et on se sent coincé lorsque les règles ont été appliquées.

La démocratie doit convaincre pour bien fonctionner. Nous devons y travailler pour éviter de tomber dans une contradiction dont on ne sait plus comment se dépêtrer ; c’est aujourd’hui et non demain qu’il faut s’en préoccuper et se mobiliser.

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À propos André Gounelle

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est pasteur, professeur honoraire de l’Institut Protestant de Théologie (Montpellier), auteur de nombreux livres, collaborateur depuis 50 ans d’Évangile et liberté.

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