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La chaudière et la fleur

Une marmite bouillonnante qui menace de tout brûler : pour le prophète Jérémie, cette image symbolise la situation qu’il vit. Elle s’applique bien à cette année 2015 (aussi terrible que 1915 et 1815) avec son enchaînement de tueries et de misères, d’extrémismes et de répressions, d’atrocités et de malhonnêtetés, de dégradations écologiques et climatiques. On a le sentiment qu’avec une persévérance suicidaire, les hommes s’acharnent à abîmer leur monde et à pourrir leur vie.
Jérémie, dans le même texte, utilise une autre image : celle d’une fleur d’amandier, à la fois belle et fragile. Je vois souvent dans le tramway des jeunes gens céder leur place des vieillards ; je rencontre des retraités qui se dévouent pour apporter des secours, du réconfort et un peu d’amitié aux démunis ; je connais des enseignants, des médecins, et bien d’autres qui font consciencieusement un travail de plus en plus difficile ; je constate des efforts pour moins polluer. Dans les ténèbres qui nous entourent brillent de petites lumières.
Je ne cherche ni à consoler ni à rassurer ni à alléger le poids du pessimisme par un zeste d’optimisme. Il ne sert à rien rappeler qu’à côté des gigantesques chaudières de la barbarie et de la sauvagerie, poussent quelques fleurs de bienveillance et d’entraide, si on n’essaie pas soi-même de cultiver une de ces petites fleurs qui reflètent et incarnent quelque chose de ce qui est l’espérance et le projet de Dieu : des hommes réconciliés et un monde pacifié.

À propos André Gounelle

est pasteur, professeur honoraire de l’Institut Protestant de Théologie (Montpellier), auteur de nombreux livres, collaborateur depuis 50 ans d’Évangile et liberté.

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