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Croyants, êtes-vous effrayés par le diable?

Réponse de Gilles Castelnau

A une adolescente camerounaise qui me disait sa crainte d’entrer dans sa chambre car le diable y était, j’ai répondu :

Tu joins les mains pour montrer que tu pries Dieu,

Tu entres dans ta chambre le menton levé pour montrer que la présence du Christ dans ton coeur te rend plus forte que le diable,
Et… tu ne crains rien.

C’est ce qu’elle fait. elle n’a pas eu peur. Le diable était parti.

J’ai répondu ainsi car cela n’aurait servi à rien de lui expliquer que le diable n’est qu’une métaphore personnalisant toutes nos angoisses : pour elle le diable avait bien une existence réelle. Et d’ailleurs nos angoisses ont bien une existence réelle !

Mais je n’ai pas répondu par des prières rituelles, je ne l’ai pas accompagnée car elle aurait pensé que c’était moi qui l’avais protégée. J’ai ainsi évité toute superstition, tout esprit magique.
Voilà ma réponse.

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À propos Évangile et liberté

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7 commentaires

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    Fort bien, mais n’est-ce pas entretenir cette adolescente dans son “délire”? Comment faire sortir les personnes des conditionnements qui les empêchent de vivre?

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    “Dieu” n’est-il pas également une métaphore, de même que “Esprit” , “Père”? D’une manière plus générale,même si on considère que Dieu s’est “révélé” à l’homme, celui-ci a traduit cette révélation en mots, c’est-à-dire en langage humain. Dieu est avant tout langage, Parole…parole d’homme!

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    Il y a effectivement un risque, celui d’entretenir de fausses représentation du monde à utiliser les images et langages des personnes qui se disent possédées. Toutefois, ne pas rejoindre l’autre dans ce que Mécréant nomme son “délire”, c’est courir un risque au moins aussi important : ne pas être entendu de la personne qui souffre, ne pas être compris et n’avoir donc aucune chance de la faire évoluer.

    Rejoindre l’autre dans son discours, sans se faire happer par lui, c’est d’abord reconnaître que ce qu’il ressent n’est pas mineur. C’est établir un point de contact, comme une main qui en saisit une autre pour tirer quelqu’un d’un mauvais pas. Je dirais : quand quelqu’un se noit, mieux vaut le rejoindre dans sa noyade (pour peu qu’on soit un bon nageur) que de lui crier comment la méthode pour nager depuis la berge.

    Pour reprendre l’idée de Athée, c’est rejoindre cette personne dans son jeu de métaphore mortelle pour lui offrir un autre jeu de métaphore, vivifiant celui-là.

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    Que pensez-vous de la proposition de Raphaël Picon, d’officialiser la chose, en établissant une sorte de ministère de l’exorcisme, ( finalement…comme chez les cathos)même si dans son esprit, il s’agit de décrypter le discours du “diable”, de le déconstruire, si je puis dire? Je n’ai pas lu son livre mais seulement son article dans Réforme à ce sujet. Quoi qu’il en dise, si c’était le cas, il me semble que ce serait d’une manière ou d’une autre, maintenir la personne dans son obscurantisme, dans sa croyance aux gestes et paroles magiques…

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    Evangile et Liberté

    Gilles Castelnau

    Lecteur : vous pouvez naturellement acheter cet excellent livre.

    (“Délivre-nous du mal”, édition Labor et Fides)

    Vous pouvez aussi écouter l’interview du professeur Picon sur la radio Fréquence Protestante (100.7 FM) le 20 av ril à 18 h 30 si vous êtes en Région parisienne ou en différé sur internet :

    http://www.frequenceprotestante.com/

    Vous pouvez aussi en lire plusieurs passages importants sur le site Protestants dans la Ville :

    http://protestantsdanslaville.org/gilles-castelnau-spiritualite/gc453.htm

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    Et le rituel risquerait fort de ne pas suffire si l’on a à faire à une personne atteinte de tropubles psychiques. Dans ce cas le rituel la confirme dans son délire (car il s’agit bien alors d’un délire) et peut même s’avérer néfaste s’il retarde le recours à la médecine…Cela dit j’ai connu une personne sous curatelle atteinte de ce délire; elle était suivie sur le plan psychiatrique mais ell vivait recluse, volets fermés, car le diable entrait par les fenêtres. Je l’ai assuré que le diable ne viendrait pas et j’ai ouvert la fenêtre . Comme elle en doutait je lui ai affirmé avec autorité que le cas échéant je le chasserai. Elle a ri et n’a plus parlé du diable ce jour-là. Je crois que quelque part au fond d’elle, elle “savait” même si elle n’en avait pas conscience que ce diable n’avait pas de réalité en dehors de sa subjectivité. Cela ne l’aura pas empêchée de refermer ses volets après mon départ.

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    Ce qui est intéressant, avec la présentation de Raphaël Picon, c’est qu’on prend au sérieux l’angoisse de la personne et la manière dont elle en parle, sans pour autant prendre son discours à la lettre : de quoi parle-t-elle avec ses mots ? sous l’emprise de quoi est-elle ? De quoi le diable est-il alors la métaphore ? à partir de ce que Picon appelle la traversée du désordre, on peut essayer d’imaginer un exode, une voie pour se libérer de ses esclavages, de ses servitudes, de ce qui nous ligote.

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