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Ensemble, c’est quand même mieux

Pâques 2017 prend une dimension particulière, comme cela arrive de temps en temps… La dernière fois en 2014, la prochaine en 2025… En effet, les différents calendriers des Églises d’orient et d’occident coïncident en effet et nous permettent de vivre ce temps si marquant du christianisme ensemble. À noter aussi d’ailleurs que Pessah tombe à cette même période chez les juifs.

 

C’est d’abord un sentiment de joie que je ressens et que j’aimerais exprimer là. Et pour l’évoquer, je reprendrai tout simplement les mots du communiqué du Conseil d’Églises chrétiennes en France : Cette Pâques 2017 nous rappelle que le Christ nous prend avec lui dans sa mort et sa résurrection et nous conduit à dépasser nos peurs, nos enfermements pour nous ouvrir à la Vie. Nous apprenons à relire ensemble notre histoire et à passer du conflit à la communion, particulièrement en cette année de commémoration de la Réforme. Un message de paix, d’espérance et un appel à l’unité qui s’exprime encore plus particulièrement dans cette collision bienveillante calendaire. Mais c’est aussi tout simplement ce qui est plus globalement le message de l’Evangile, cette Bonne Nouvelle tout autant valable en 2017 qu’à l’époque des premiers chrétiens – une période, faut-il le rappeler, qui n’était pas plus facile qu’aujourd’hui… et l’expression est faible !

 

Mais si tout cela peut paraître beau et bon, nous passons notre temps, hélas, à l’inverse. À s’en prendre à l’autre qui ne pense pas tout à fait comme moi, qui a une divergence de regard sur tel aspect des choses… on se critique, on se rejette, on se mord, on se divise et parfois on se tue – souvent en parole, mais aussi parfois très concrètement ! Et je dois l’avouer, ce genre d’attitude  m’énerve et parfois même je m’énerve aussi contre moi-même quand je tombe malheureusement dans le panneau.

 

Alors au risque de paraître un peu naïf et « gentil » au sens péjoratif du terme (j’en profite d’ailleurs pour revendiquer que « gentil » a besoin de retrouver sa noblesse dans notre langue), je crois à ce besoin immense de plus de compassion, d’ouverture. Apprendre ou réapprendre à  privilégier la recherche de l’unité à la division. Unité… le gros mot est lancé. Bon, j’admets volontiers que c’est parfois compliqué. La diversité est par ailleurs une excellente chose, mais il peut ou doit se vivre en travaillant aux relations, au dialogue, à la communion. Miser sur les points forts des uns et des autres et s’enrichir mutuellement avec. Inversement, on commence généralement à s’en prendre à la société qui est à côté de la plaque, surtout notamment à cause du parti politique avec lequel nous ne sommes pas en accord. Puis ce sont les adeptes de la religion qui est très loin de moi et qui sont en train de nous envahir… bien évidemment. Pour passer à ceux qui sont plus proches mais qui n’ont rien compris. On se rapproche après en s’en prenant aux autres qui sont du même bord mais qui ont bien évidemment dévié et avec qui c’est donc devenu impossible de collaborer. Ah et puis n’oublions pas qu’alors ceux qui continuent de collaborer deviennent nécessairement anathèmes par effet de contagion. Et on termine généralement à l’intérieur de sa propre paroisse en se battant avec ceux qui font trop de bruit ou pas assez, qui arrivent en retard ou qui sont mal habillés (pas besoin d’ailleurs nécessairement d’aller sur le plan théologique).

 

Vous l’aurez compris, toute ressemblance avec… comme dit la formule… serait purement fortuite. Alors, si cela peut nous rassurer ou nous inquiéter encore un peu plus, si ces comportements sont hélas vécus sur le terrain du religieux, d’autres nombreux domaines connaissent les mêmes méfaits. Et la campagne présidentielle actuelle, pour rester encore dans l’actualité, est bien gratinée sur la question. Mais c’est un autre débat dans lequel je n’irai pas maintenant.

Alors, joyeuses Pâques à tous et apprenons à marcher ensemble. C’est bien plus agréable et constructif !

À propos Jean-Luc Gadreau

Pasteur, artiste, auteur, blogueur. Attaché de presse du Jury œcuménique au Festival de Cannes.

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