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Chercher le ciel en nous

 Par exemple un site internet sur la réincarnation explique en quoi nous serons réincarnés dans notre prochaine existence : si l’on a mené une existence vertueuse on se réincarnera en un animal noble ; sinon on revivra dans une créature moins estimable. J’ai fait le test qu’ils proposent et j’ai découvert que, personnellement, je passerai ma vie future dans un rhinocéros africain. Cela ne me déplait d’ailleurs pas car je trouve ces bêtes très belles et ellesi ne craignent aucun prédateur dangereux. J’aurais pu tomber plus mal. J’aurais pu renaître dans un ténia.

Mais en même temps le site me dit que près de 27 % des gens se réincarneront dans une forme de vie supérieure à la mienne.

Bref, sa conclusion à mon sujet a été : « Vous n’êtes pas parfait mais votre vie a été meilleure que la plupart des autres. Si vous vous améliorez encore un peu, votre prochaine existence sera meilleure ». C’est finalement assez encourageant.

Finalement, la réincarnation est l’une des nombreuses théories concernant la vie après la mort. Elle est même répandue, comme je l’ai découvert, dans les Églises progressistes. Peut-être son succès vient-il de la deuxième chance qu’elle donne d’améliorer encore sa personnalité après la mort, alors que l’enseignement traditionnel du paradis et de l’enfer affirme que tout doit être accompli en une seule vie et que la mort met un terme à tous nos efforts.

La plupart des gens auxquels j’ai parlé m’ont dit être passés de la croyance au paradis et à l’enfer soit à la réincarnation soit à l’absence de toute vie au-delà. On raisonne habituellement en termes de ou bien – ou bien. Ou bien on croit après la mort en une vie d’une sorte ou d’une autre ou bien on croit qu’il n’y a plus rien. En fait il y a quantité d’autres manières de concevoir une vie après la mort en dehors de ces deux extrêmes.

Par exemple une voie moyenne est présente dans un poème du soufi Rûmî qui aurait pu être écrit par un biologiste moderne :

Nous reviendrons vers Lui

Je suis mort en tant que minéral et je suis devenu une plante

Je suis mort en tant que plante et je suis devenu un animal.

Je suis mort en tant qu’animal et je suis devenu un homme.

De quoi aurais-je peur ? En quoi la mort m’a-t-elle nuit ?

Le paradis n’est pas forcément un endroit situé dans un autre monde avec des constructions, des harpes et des anges vêtus de blanc. On peut penser de bien d’autres manières. D’ailleurs l’ évolution de la notion de paradis est intéressante à suivre, depuis le récit du jardin d’Eden dans la Genèse qui en est peut-être l’origine. Ce jardin n’y est pas présenté comme un lieu de refuge ni comme un endroit immobile et immuable. C’est un jardin qu’il faut cultiver et dont on peut explorer la vie. C’est le lieu intérieur de l’être et du devenir.

Dans l’ancienne culture hébraïque, les prêtres avaient une idée pré-scientifique très concrète des cieux. Ils croyaient qu’il y avait sept cieux. Le premier couvrait la lumière pendant la nuit. Le second conservait la neige et la pluie. Le troisième recevait les âmes des fidèles, le quatrième les anges etc. Certaines traditions disaient que lorsque Moïse a reçu la Loi, les sept cieux s’ouvrirent et les Israélite purent contempler leur splendeur.

Mais de nombreux mystiques hébreux ont interprété les sept cieux de manière plus intérieure et symbolique que littérale. Ils ont compris le paradis comme la profondeur d’une personne, le processus d’approfondissement dans la connaissance de soi et la vérité. La symbolique des « cieux » est la réalisation de la conscience de soi. […]

Un belle histoire juive décrit le ciel comme une expérience intériorisée :

Un rabbin rêve qu’il arrive au ciel. On l’emmène dans une pièce où des sages assis à de grandes tables lisent dans des livres, éclairés par des lampes. Le rabbin est déstabilisé et demande ce qu’est ce « ciel ».

On lui répond :

– « Les sages ne sont pas au ciel, c’est le ciel qui est en eux. »

Par leur étude, ils avaient atteint la plénitude fondamentale et le ciel était entré en eux.

Le ciel n’est pas forcément un état futur. Il peut être une expérience vécue ici et maintenant. Comme les sages de cette histoire on n’est pas obligé d’abandonner sa vie quotidienne et d’entrer dans un monastère pour connaître le ciel. On peut le découvrir dans notre vie quotidienne, mais en la vivant de manière consciente et dans un esprit d’amour.

Connaître le ciel dans la vie quotidienne est vivre vraiment. Vivre dans la paix, cette paix dont on dit qu’elle est celle du « ciel », la paix de l’au-delà.

Le mystique indien Osho disait :

Le ciel et l’enfer ne sont pas des lieux où vous pouvez aller.

Si vous les cherchez, vous ne les trouverez pas.

Car ils sont en vous ».

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