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Miracle en Haïti

Des internautes posent des questions sur Yahoo. En voici avec la réponse que je propose. Quelles autres réponses seraient-elles possibles ?
Une jeune fille de 16 ans miraculée d’Haïti après 15 jours. Si ce n’est pas un miracle. qu’est-ce donc ?
 
Réponse de Gilles Castelnau
Dieu est l’Élan vital, le Dynamisme créateur. Sans lui tout serait immobile, glacé, mort.
Dieu est comme le soleil : il est chaleur, source de vie et de joie, épanouissement de la chlorophylle. Sans lui tout serait ombre, froid, obscurité, mort.
Donc toutes les fois qu’une activité créatrice, fraternelle, positive a lieu, elle a l’Élan vital fondamental pour source. Dieu est dessous.
Mais ce n’est pas le soleil qui crée l’ombre et le froid ! Ce n’est pas Dieu qui tue.
Dieu était le dynamisme créateur animant les sauveteurs de cette jeune fille. Il était la force qui lui a permis de résister à l’angoisse et à la mort.
C’était effectivement un « miracle », si vous voulez bien nommer ainsi cette activité créatrice.

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À propos Évangile et liberté

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2 commentaires

  1. Très belle image !

    Merci, je le reprendrai pour un sermon ou lors de mes prochaines visites…

  2. Interessant, éclairant… Merci.

    Je vous livre aussi mes réflexions (écrite avant d’avoir lu l’éditorial-éclairant lui aussi de Raphaël Picon ) sur un sujet proche :

    Dieu et le séisme d’Haïti ….

    Bien sûr, devant ce terrible séisme, le plus urgent, le plus important est d’abord de sauver les vies, de venir au secours des Haïtiens, d’aider (d’envoyer de l’argent à des ONG sérieuses tel MEDAIR par exemple…).

    Mais on ne peut empêcher par ailleurs certaines questions de venir à l’esprit.

    « J’éprouve un déchirement qui s’aggrave sans cesse, à la fois dans l’intelligence et au centre du cœur, par l’incapacité où je suis de penser ensemble dans la vérité le malheur des hommes, la perfection de Dieu et le lien entre les deux »

    Ecrit trois mois avant sa mort Simone Weil dans une lettre à Maurice Schumann [page 15 du livre « Simone Weil, Le courage de l’impossible » de Christiane Rancé].

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    « Ouragans, typhons, tremblements de terre ne cessent d’accabler [la] population [d’Haïti].

    Et quand ce ne sont pas les éléments naturels qui l’agressent, ce sont les dictateurs, les coups d’État ou les conflits fraternels.

    A croire que Dieu a choisi d’abandonner Haïti !

    Ma confiance dans le Seigneur est ébranlée.

    Aujourd’hui, je n’ai pas envie de le louer.

    Et à quoi bon le prier pour ceci ou cela, quand il laisse périr autant de ses enfants innocents? »

    C’est un religieux, ami du père Christian Delorme qui crie sa douleur et son incompréhension [Le Pèlerin du 28 janvier 2010].

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    La même question nous est envoyée avec sarcasme par certains athées, tel ce texte (un parmi tant d’autres) paru sur un site d’Internet :

    Il me semble que dieu dans son infini bonté, a bel et bien secouru le peuple Haïtien qui crevait dans la misère, la corruption et l’incompétence généralisée des dirigeants. […] Dieu, voyant cela et dans son infini bonté, a trouvé la parade. Il a fait un tremblement de terre en se disant : « bien entendu il y aura quelques morts, mais qui de toute façon seraient morts […].

    L’action humanitaire et les médias généralement creux, vont avoir quelque chose à dire et tous vont se précipiter sur Haïti, ils vont parler de la misère, des pauvres victimes et les Haïtiens sont excellents lorsqu’il s’agit de jouer les pauvres miséroïdes.

    L’aide internationale va arriver massivement, les gogos vont y aller de leur obole aseptisée qui leur permet de se sentir bon sans trop s’investir, et ainsi, Haïti qui était vouée à la catastrophe de toute façon, sera sans doute sauvé par l’aide internationale et massive des bien pensants. »

    Oui en vérité, je vous le dis Dieu est grand et il faut le remercier pour ce tremblement de terre salvateur ! […]

    Allez, on se chante un petit cantique d’action de grâce, juste pour s’échauffer la voix un dimanche matin !

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    Au texte précédent (qui se voulait humoristique j’imagine) j’ai répondu (avec sérieux), à peu près du mieux que j’ai pu, ce qui suit (qu’en pensez-vous ?) :

     » Définissez-moi d’abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j’y crois.  »

    Albert Einstein

     » Si l’homme n’est que de la matière, me disais-je,

    pourquoi y a-t-il tant de mystère dans un visage,

    pourquoi un regard, un sourire peuvent-ils tant nous toucher ?

    Je pressentais dans tous ces visages un espace secret où nous nous rejoignons,

    le lieu où brille une lumière qui transcende l’homme.

    En somme, le visage était, à soi seul, la négation du néant.  »

    Olivier Clément

     » Je nie l’absurde. Je me moque des miracles de la technique s’ils se déploient dans un cachot matérialiste, fût-il aux dimensions du cosmos. Il m’importe peu d’atteindre les planètes, si ce que la fusée téléguidée promène, est ce pauvre corps voué à la pourriture. »

    Malraux (Œuvres autobiographiques 579).

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    -1- A-t-on d’autre choix que de croire en l’Amour ?

    Je ne peux et ne veux croire qu’en l’Amour (pour définir un tel mot, 10 pages n’y suffiraient pas, disons : fraternité qui s’étend à l’ensemble du vivant).

    J’espère que l’Amour prévaudra et que le meilleur de ce que chaque créature aura vécu ne sera pas perdu.

    L’idée du soleil terminant sa vie en géante rouge et détruisant toute vie sur terre ou encore l’idée d’univers glissant lentement vers le froid absolu et la mort totale et qu’il ne reste rien de toutes ces créatures qui ont existé et de tout ce qu’elles ont vécu (ne serait-ce que le sourire d’un enfant) me déprime… a quoi bon vivre, à quoi bon lutter.

    Quelque chose de très profond en moi (en nous tous j’imagine) se refuse à cela.

    Je parie que la vie a un sens que ce cens c’est l’Amour et que tout ne finira pas dans le néant mais au contraire sera sauvé (ne me demandez pas comment) dans l’Amour.

    Cet Amour, je l’appelle Dieu.

    Je fais donc l’hypothèse d’un Dieu qui est Amour et qui n’est qu’Amour.

    C’est peut-être une belle illusion, mais je n’ai pas le choix, c’est cela ou le non-sens.

    Et de toute façon qu’a-t-on à y perdre, ne vaut-il pas mieux croire en l’Amour qu’en son petit ego ?

    Dieu étant Amour et n’étant qu’Amour :

    n’est en rien responsable du mal,

    n’est pas tout-puissant (sinon le mal n’existerait pas),

    est vulnérabilité totale (l’amour est vulnérabilité par rapport à l’être aimé),

    se heurte au mal (est crucifié par le mal).

    Il rit au sourire de l’enfant, se réjouit de l’amour entre les êtres, il souffre avec celui qui souffre et est crucifié avec celui qui est crucifié.

    Bien sûr Dieu étant Amour nous veut libre (pas d’amour sans liberté).

    Il n’est donc pas détectable par une connaissance d’ordre scientifique.

    Il n’est donc pas non plus accessible à la raison raisonnante.

    Il ne peut être connu que par l’amour :

    « Dieu est amour. […] Quiconque aime est né de Dieu et connait Dieu. » (St Jean, 1er siècle)

    « Qui peut comprendre l’amour sinon celui qui aime ? » (Grégoire de Nazianze, 4ème siècle)

    Remarques :

    -a- Une telle image de Dieu ne fournit presque aucune lumière (sinon poétique) sur la création (dont on a l’intuition qu’elle est liée à l’amour, il en est en tout cas ainsi de la création artistique) de l’univers… et elle laisse entier le problème du mal (je ne dispose d’aucune lumière pour le résoudre !) mais elle en innocente entièrement Dieu (ce qui est une exigence absolue, s’agissant d’un Dieu-Amour, le seul en qui je peux/veux croire).

    -b- Des êtres humains (Paul Claudel, dramaturge, poète, essayiste, diplomate / André Frossard, journaliste, essayiste, résistant, membre de l’académie française / Didier Decoin, scénariste, écrivain, prix Goncourt / Maurice Clavel, écrivain, journaliste, philosophe, résistant / Simone Weil, philosophe, combattit dans la colonne Durruti pour défendre la république espagnole, résistante, jeune professeur elle partage son salaire avec les chômeurs et plus tard elle donne ses tickets de rationnement aux manœuvres indochinois parqués dans le camp de Mazargues / Etty Hillesum, maitrise de droit, volontaire pour aider les déportés d’un camp de transit pour Auschwitz, ne voulant pas abandonner tous ces pauvres gens, elle refuse de partir en Angleterre ou d’être cachée en Hollande, elle est déportée à Auschwitz le 7 septembre 1943 / et tant d’autres illustres ou inconnus) ont fait l’expérience de la présence de ce Dieu-Amour (rencontre intraduisible, mais dont ils parlent tous en terme d’amour, d’énergie, de bonté, de douceur, d’innocence …), expérience qui les a radicalement bouleversé et qui (à des degrés divers selon chacun) a élargi leur âme en pur amour pour toute l’humanité et tous les êtres : « J’aime si largement… même ceux pour qui je n’éprouve spontanément aucune sympathie. C’est comme si j’étais en communion avec la terre, avec le ciel, avec Dieu, avec tout ». [Etty Hillesum]

    Bien sûr, cela ne constitue pas (heureusement ! sinon que deviendrait notre liberté) une preuve, ce sont « seulement » des témoignages.

    -2- Croire en l’Amour et surtout essayer de le vivre est notre seul salut

    Croire en l’Amour et surtout essayer de le vivre (j’essaye… mais les résultats souvent ne sont pas fameux !) est notre seul salut (peut être en un « autre monde » s’il en existe un) en tout cas certainement sur cette terre, ici et maintenant, et pas seulement notre salut, mais aussi celui de tous les êtres vivant sur notre belle petite planète bleue.

    En effet :

    – Le jour où tout le monde agit suivant son strict intérêt (égoïste, à courte vue, le « moi d’abord »), c’est la lutte de tous contre tous, c’est la violence généralisée, chacun se servant de ses armes (au sens figuré et au sens propre),

    le monde devient un enfer, et la société s’effondre malgré l’augmentation des forces de police et des systèmes de sécurité de plus en plus sophistiqués.

    Et au niveau international la même logique du profit et des intérêts engendre là aussi la violence, donc l’accumulation des armes, et nous conduit droit dans le mur, mais là le mur, c’est le mur absolu, le mur final, car le jour où un conflit nucléaire éclate, si l’homme utilise toutes les armes accumulées, c’est la fin de toute vie humaine (et pas seulement humaine).

    La prédominance du « moi d’abord », que le capitalisme (notamment) porte dans sa racine, ne peut que conduire à la mort.

    Le « moi d’abord » sous une apparence de vie pour soi, conduit à la mort. Le trou noir prédateur (y compris sexuel, voir les horribles « faits divers ») du « moi d’abord », poussé jusqu’au bout, dévore tout. Que ce « moi d’abord » soit individuel ou du groupe (la prédation du groupe est celle qui a prévalu dans le nazisme, la prédation individuelle est celle qui prévaut dans le capitalisme).

    – A l’inverse, l’amour, c’est-à-dire le partage avec les autres, le refus d’être heureux seul au dépend des autres, le souci des autres qui va jusqu’à l’identification avec le plus opprimé (« j’avais faim, et tu m’as donné à manger… ») de Jésus de Nazareth et de ceux (« croyants » ou non) qui, comme lui, n’ont pas déserté le combat pour la vie, la vie pour tous, ne se sont pas dérobés devant un malheureux (et sont allés, lorsque cela l’exigeait, jusqu’à donner leur vie pour les autres), sous une apparence (et une réalité) de sacrifice et de privation par rapport à un certain moi, (nous le savons, l’Évangile –entre autres– nous le dit, et parfois nous l’expérimentons) conduit à la vraie vie, la vraie joie, la vie fraternelle partagée.

    Et c’est le seul salut pour l’homme, pour chaque homme et pour notre « vivre ensemble », pour l’avenir de notre humanité et de notre planète et des êtres sensibles qui y vivent.

    ______________

    Certains se posent des questions subtiles et compliquées sur la morale et le sens de la vie,

    si on veut sauver l’homme, il est pourtant très facile de savoir dans quelle direction aller,

    il suffit d’aller à l’opposé du nazisme (on est sûr alors de ne pas trop se tromper),

    c’est à dire d’aller vers la compassion et la fraternité.

    Il ne faut donc certainement pas chercher du côté de Nietzsche,

    mais bien plutôt du côté de François d’Assise.

    _____fin_____

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