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Dans le N°212


Religions : un affront à l’intelligence

Voici encore quelques réactions à l’article du pasteur Gilles Castelnau (« Les religions : un affront à l’intelligence ? », E & L, n° 210, juin/juillet)


À l’inverse des évangiles, l’Ancien Testament résonne de douleurs, massacres et souffrances ; « histoire sainte abracadabrantesque et insensée », dites-vous. L’A.T. est une grande œuvre comme celle de Confucius, les Upanishads, l’Iliade et l’Odyssée, mais pas un livre qui nous dit Dieu au XXIe s.

« Expliquer les choses » : difficile pour les pasteurs. Sans revenir à la foi aveugle, y a-t-il vraiment quelque chose relevant de la raison et de l’intelligence dans « ces choses » ? La marge est étroite entre les transformer en symboles et les prendre pour billevesées.

Il est difficile de croire que Dieu a voulu atteindre les confins de la Terre par le message chrétien, diffusé par le canal d’un peuple confidentiel à son époque, sur 1/10e de la planète et resté religion des seuls hommes blancs pendant 18 siècles. Le christianisme n’apparaît-il pas comme un épisode parmi d’autres, mais de haute volée, de l’éveil de l’homme à Dieu ?

Jean Moulin, Toulon

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Pendant des années, j’ai accepté – ou cru – paisiblement ce qu’on m’enseignait : Abraham le premier des croyants… les Tables de la Loi… la Transfiguration… l’Ascension…

À l’intérieur du Mouvement Jeunes Femmes j’avais pris l’habitude de réfléchir par moi-même, j’avais bien quelques perplexités, mais je manquais de connaissances historiques ou théologiques pour me permettre d’exercer mon esprit critique.

Diverses activités au sein de l’Église m’occupaient suffisamment dans le « faire » pour n’avoir pas à m’encombrer de complications théologiques.

La pratique religieuse a cessé d’être héréditaire et il a fallu chercher à se faire comprendre dans sa famille proche ou lointaine.

J’ai été amenée à diriger des cultes pendant les mois d’été : que transmettre ? comment transmettre ? La liturgie traditionnelle n’aidait pas. J’ai commencé à savoir ce que je ne croyais pas et que je ne pouvais donc affirmer.

Avec Évangile et liberté j’ai découvert des laïcs et des pasteurs qui, eux, savaient et exprimaient bien ce que je pensais mal.

Tout ceci pour dire mon soulagement et mon plaisir à lire cet article.

Cet itinéraire n’est pas sans risques. Pour soi-même : il y a une part de mystère dans la Foi. À tout vouloir comprendre, on frôle le doute paralysant. J’ai eu parfois l’impression que le Seigneur me rattrapait au bord du précipice.

Par ailleurs, il y a un orgueil certain à se faire sa religion personnelle à partir de ce que l’on admet, et à ne plus ressentir le besoin de la communauté.

Comment chercher ?

Jusqu’où chercher ? Quand on n’a ni l’intelligence d’un Ricœur ni les connaissances des théologiens ? Comment discerner et proclamer l’essentiel de la Foi ?

Il ne suffit pas de déstabiliser ceux dont la vie spirituelle pose moins de questionnements. Comment parler à un homme moderne en termes clairs d’une religion fondée en grande partie sur des mystères ? Comment repartir de la seule base incontournable Jésus le Christ ?

La fin de cet article pose la question, mais où trouver ceux qui seront assez forts pour ressusciter une religion à partir de celle qui s’est forgée en 2000 ans ? Par où commencer le pas à pas ?

J’espère que cet article aura des effets : la foi déplace les montagnes et… ma chère famille ERF n’est pas une colline !

Suzanne Fauche, Paris

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L’auteur nous dit qu’en général les « visiteurs occasionnels » à nos cultes « n’écoutent pas grand’chose de ce qui est dit ou chanté ». À mon sens il s’agit là d’un phénomène très grave pour nos Églises. En effet une de leurs missions principales est « de faire de toutes les nations des disciples de Jésus ».

Dans son article, l’auteur indique un certain nombre de causes de ce qu’il décrit. Il me semble qu’il vaudrait mieux écouter ce que disent vraiment les « visiteurs occasionnels de nos cultes ».

Comme la tâche la plus importante des Églises me paraît être « faire de toutes les nations des disciples de Jésus », j’aimerais que quelqu’un (peut-être Évangile et liberté, sait-on jamais) lance une vaste étude comprenant enquêtes et sondages, par exemple en se basant sur l’ensemble des personnes figurant dans les fichiers des Églises de la fédération protestante, afin savoir pourquoi beaucoup « n’écoutent dans nos cultes rien de ce qui est dit ou chanté », ou mieux encore, afin de voir ce qu’il faudrait faire pour que les gens soient plus intéressés par nos cultes et nos Églises.

Robert Meyer, 34690 Fabrègues

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Et la lettre suivante est aussi une réponse ą Gilles Castelnau, bien qu'elle ne se présente pas comme telle.

Si on considère que le mot « religion », qui est un concept essentiellement occidental, se rapporte à un Dieu (chez les chrétiens, les juifs et les musulmans), alors on peut dire avec l’excellent penseur-philosophe qu’était Jean Rostand : « le problème de Dieu ne regarde pas les religions » [in Les inquiétudes d’un biologiste, Stock, 1967, page 74].

Dans ce contexte, il faut distinguer la foi, force créatrice, intérieure, personnelle, qui s’anime, se nourrit et se fortifie dans toutes les activités humaines, et la croyance en une religion représentée par une Église faite de rites, de mythes, de dogmes et de certitudes. La première est peut-être fragile, cherchant sans cesse dans le Dieu qui la nourrit la force de vivre et de créer, pendant que la seconde s’abandonne aux prières fabriquées pour elle et pour des circonstances codifiées.

J’ai besoin de croire en Dieu pour admettre que ma vie a un sens.

Mais je n’ai nul besoin qu’on me vende des cantiques, des prières standardisées, des louanges pour honorer un dieu élaboré à mon usage et dont on se prétend propriétaire et qui génère, à la demande de ses prêtres, des peurs, des angoisses et des vengeances.

La foi, c’est le marchepied de l’amour.

Les religions sont des béquilles pour foi chancelante : elles ne sont que des palliatifs.

Et la religion de l’amour reste, heureusement, à inventer.

René Flamin, Nice

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