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Numéro 177 - mai 2004
( sommaire )

Méditer

Tu n’es pas un Dieu qui prenne plaisir à la méchanceté.

Est-il vraiment nécessaire de redire à Dieu qu’il n’aime pas le mal ? N’est-ce pas évident ? Pourtant le psalmiste semble marcher au-dessus d’un abîme d’incertitudes. Quel Dieu sera au bout de son appel, sensible à son cri ? Un Dieu de bonté ? Un Dieu par-delà le bien et le mal ? Ou personne ? Une absence vertigineuse !

L’homme en prière balbutie son attente, sa confiance. Il extirpe les mots de son ombre intérieure et les place comme des cailloux blancs dans le temps qui s’écoule, de l’éveil matinal au grand futur de la vie. C’est avec de l’inespéré qu’il tisse un chemin vers la lumière. Car se recueillir devant Dieu n’est pas toujours simple : le Silencieux entend-il la voix de celui qui l’appelle ?

Oui ! Car toi le Silencieux tu n’es pas un Dieu qui prenne plaisir à la méchanceté, n’est-ce pas ? Ce « n’est-ce pas » n’est ni prononcé ni écrit. Il est dans le secret du cœur. Quand je prie ma douleur et mon attente, ne vais-je pas jusqu’à cette vérité, c’est-à-dire ce doute, cette crainte ? Qui connaît Dieu ? Qui sait ce qu’il pense ? Ce qu’il ressent ?

Laisse-moi te redire, Éternel – c’est ma prière – ce que je veux croire de toi face aux humains, ceux qui me font souffrir, celui que j’ai peur de devenir moi-même peut-être – une âme en ruines, un esprit en déroute, participant à l’injustice et au mensonge de ce monde, à sa vacuité, à ses vilaines rumeurs… à ses bains de sang – : tout cela tu le hais, tu le dénonces, tu en es meurtri ! N’est-ce pas ?

Prier c’est peut-être réapprendre de Dieu ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas. Car étonnamment, il faut le réapprendre sans cesse, à cause du silence dans la Parole et des creux dans notre foi. C’est pourquoi Dieu se laisse creuser par les mots de notre prière. Comme une falaise de pierre tendre qui voit s’imprimer dans son flanc la marque du temps, des pluies, des vagues de la mer. C’est là que prend forme le temple où nous pouvons entrer, la maison où nous nous abriterons. feuille

Florence Taubmann

Prête l’oreille à mes paroles, Éternel !
Comprends mon gémissement !
Sois attentif à mon cri d’appel, mon roi et mon Dieu !
C’est à toi que j’adresse ma prière.
Éternel le matin tu entends ma voix ;
Le matin je me présente à toi et je guette.
Car tu n’es pas un Dieu qui prenne plaisir à la méchanceté.
Le mal ne séjourne pas auprès de toi.
Les insensés ne subsistent pas devant tes yeux ;
Tu as de la haine pour tous ceux qui commettent l’injustice.
Tu fais périr ceux qui profèrent le mensonge.
L’Éternel a en horreur les hommes de sang et de ruse.
Mais moi, par ta grande bienveillance, je vais à ta maison,
Dans la crainte qui t’est due, je me prosterne devant ton saint temple. feuille

Psaume 5,2-8.

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À l’écoute de mots d’hier et d’aujourd’hui :

Si tu brûles de fièvre
Il est la source qui rafraîchit.
Si tu es oppressé par tes fautes
Il est la délivrance.
Si tu as besoin d’aide
Il est la force.
Si tu as peur de la mort
Il est la vie.
Si tu désires le ciel
Il est la voie.
Si tu fuis les ténèbres
Il est la lumière.
Si tu as besoin de nourriture
Il est l’aliment. feuille

Ambroise de Milan (340-397)

Seigneur
Quand la spirale de la violence grandit parmi nous,
Quand les innocents sont massacrés,
Quand les chômeurs grondent leur colère,
Quand les affamés meurent sous nos yeux,
Et quand les prisonniers sont torturés,
Le chant de ta vie monte en nous.
Au plus noir de nos jours,
Il rappelle ta présence, les chemins du pardon
Et les partages en ton nom.
Nous attendons, Seigneur,
Le jour où tu auras pleinement déjoué
La haine et la force,
Où tu feras surgir avec nous
Un monde de justice et de vérité
Pour que nous reflétions ensemble
L’image du Christ. feuille

Suzanne Schell
Traces vives
Paroles liturgiques pour aujourd’hui

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En d’autres lieux : trois petits poèmes japonais

Autour de ma cabane
Les grenouilles rabâchent —
Tu vieillis tu vieillis

Papillon qui bats des ailes
Je suis comme toi —
Poussière d’être !

Sans savoir pourquoi
J’aime ce monde
Où nous venons pour mourir. feuille

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Au fil d’une pensée

En maudissant le serpent, Dieu le condamna à ramper par terre et à se nourrir de poussière. Quelle étrange malédiction ! Le serpent n’aura jamais faim, est-ce une malédiction ? Oui, c’en est une, et elle est effroyable ! Ne manquer de rien est la pire des malédictions ! feuille

Rabbi Menahem-Mendel,
de Kotzk.

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