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Courrier des lecteurs

Numéro 318 Avril 2018

Un lecteur nous fait part de son regard sur la Réforme après la publication de nos articles liés aux « 500 ans » du protestantisme

Six ans après l’affichage des thèses de Luther, le pape Adrien VI, élu en 1522, fit lire à la diète de Nuremberg une extraordinaire confession des péchés où il déclarait : « Nous reconnaissons franchement que Dieu a laissé se produire cette persécution de son Église à cause des péchés des prêtres et des prélats. Nous savons bien que même sur ce Saint Siège se sont produites depuis des années beaucoup de choses abominables, abus en matière spirituelle, transgressions de commandements, qui ont tourné au scandale. Nous, les prélats et les ecclésiastiques, avons dévié du droit chemin et devons mettre tout notre zèle pour améliorer les choses, à commencer par la cour romaine dont vient, au départ, tout le mal. » Mais son désir de réformer n’a pas
eu lieu, puisque son pontificat n’a duré que 18 mois, et qu’il est mort l’année suivante. Le pape Marcel II en 1555 voulut aussi réformer l’Église mais son pontificat ne dura que 20 jours. En 1508, Érasme de Rotterdam publia son livre phare, Éloge de la folie, qui rencontra un vif succès européen, et par lequel il fustigeait déjà toutes les perversions de l’Église chrétienne, qui seront ensuite reprises par les réformateurs à savoir : « le trafic des indulgences, l’immoralité et la cupidité des papes et des évêques, l’idolâtrie des reliques, le culte des saints, la perversion de l’enseignement. »

Hans Küng dans son livre Une Théologie pour le IIIe millénaire rapporte qu’au conclave de 1549 un certain Reginald Pole, cardinal anglais « Érasmien » de conviction, avait recueilli vingt-huit voix, mais que l’opposition des cardinaux français avait fait basculer le vote,et que c’était Gian Pietro Carafa, un pape ultraconservateur, qu i fut élu sous le nom de Paul IV en 1555 suite à la mort de Marcel II. Il ne tarda pas à combattre les réformateurs de l’intérieur. Il emprisonna Reginald Pole, et ceux de l’extérieur en réactivant l’inquisition. Il recentra le concile de Trente sur les dogmes purement catholiques, justifiant ainsi le terme de « Contre-Réforme ». Ce qui provoqua les guerres de religions, et ensanglanta, ruina l’Europe. Il faudra attendre le concile de Vatican II pour que le catholicisme intègre quelques avancées de la réforme, comme le recentrage biblique, le rôle des laïcs, les cérémonies en langue vernaculaire et enfin la liberté de conscience interdite par le pape Pie IX par son « Syllabus » de 1860. Le chrétien catholique devait se soumettre à l’enseignement de l’Église. Mais le chemin n’est pas terminé, comme l’a écrit Hans Küng dans son livre Peuton encore sauver l’Église ? Emmanuel Mieg

 

Numéro 317 Mars 2018

Un ancien Professeur de géophysique à l’Université de Montpellier nous adresse ses remarques sur le dossier sur le climat (n° 313) :

J ’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article dans Évangile et liberté de novembre : climat de peur, climat d’espérance de Martin Kopp. Je l’ai trouvé très bien construit et bien documenté. Si je me permets de faire quelques remarques, c’est simplement parce que je le trouve peut-être plus anxiogène en ce qui concerne le réchauffement climatique que ce que les données objectives permettent de dire. Pour ma part, je ne suis pas un « climatosceptique » et je pense qu’effectivement il y a réchauffement climatique et que l’homme y a sa part. Mais j’ai été amené à regarder de près récemment les données actuellement disponibles en vue de la préparation d’une conférence sur ce sujet. Bien évidemment j’ai utilisé les rapports du Groupe international d’experts sur le climat (GIEC) mais également les exposés réalisés à l’Académie des Sciences de Paris disponibles sur leur site ainsi que des contacts avec plusieurs Académiciens et j’ai pu constater que le problème était très complexe. En particulier, quelques points que vous reprenez du dernier rapport du GIEC prêtent à discussion :

1- Donner actuellement une probabilité de 95 % pour indiquer que les activités humaines sont la principale cause de ces changements alors que tous les modèles du GIEC sont passés à côté du « hiatus » des années 2000 (le fameux plateau des températures entre 1998 et 2013) me semblent présomptueux de leur part.

2- De même dire qu’aucun des processus qui ont changé le climat par le passé n’est à l’œuvre actuellement semble hasardeux. En particulier les corrélations que l’on constate entre activité solaire et variation de la température terrestre nécessitent d’être étudiées.

3- Dire que des évènements météorologiques extrêmes seront plus fréquents sera peut-être vrai mais les données actuelles montrent que sur les 50 dernières années, ceci est inexact. La médiatisation des événements récents peut donner une impression différente mais celle-ci n’a pas de valeur statistique.

4- En ce qui concerne les cultures agricoles, un accroissement de la teneur de l’atmosphère en CO2 augmentera et non diminuera leur rendement à l’échelle du globe, avec bien sûr un déplacement des zones de culture auquel il faudra s’adapter. 5- Concernant le niveau de la mer, celui-ci s’élève actuellement d’environ 3 mm/an soit 30 cm par siècle et s’est élevé en moyenne de l’ordre de 20 cm au cours du XXe siècle (données A. Cazenave). Bien sûr, cela peut s’accélérer et cela est déjà dangereux mais il n’est pas nécessaire d’en rajouter. Je pense tout comme Martin Kopp que le problème est grave et qu’il est nécessaire d’y faire face dès maintenant mais en cherchant à éviter un catastrophisme outrancier qui risquerait, au final, de se retourner contre les résultats désirés. Pierre Louis

 Une réaction à l’article de Louis Pernot sur « Repenser le Notre Père au culte » (n° 313) 

Ceux des lecteurs d’Évangile et liberté qui ont lu, dans le n° 301, la Tribune Libre que j’y consacrais à un possible déclin de l’Église protestante, ne seront pas surpris que je reçoive très positivement les réflexions de Louis Pernot. Je m’en trouve raffermi dans mes convictions. Quand il aborde la question de la prière au niveau le plus élevé que l’on puisse retenir et qu’il trouve « très discutable » que, dans la prière, on puisse sembler vouloir expliquer à Dieu ce qu’il devrait faire, j’espère que nous nous sommes tous posé un jour cette question. Au-delà, son analyse approfondie de la manière d’intégrer le Notre Père dans nos cultes devrait être fort utile à ceux qui se revendiquent d’une adhésion aux thèses du protestantisme libéral, mais ne la traduisent guère dans leur pratique. Devant assurer un culte dans les Cévennes, je cherchais ce dernier été comment déjouer la désormais quasi incontournable récitation spontanée en commun du Notre Père et j’ai finalement choisi de le prendre dans la traduction d’André Gounelle. J’ai été frappé de percevoir combien l’attention des participants a soudain changé alors. À la sortie, plusieurs m’ont dit que depuis longtemps, ils n’avaient pas « entendu » le contenu de cette prière, voilé sous des mots figés par la routine et les automatismes.

Si je rebondis ainsi sur une évolution de notre pratique cultuelle qui m’inquiète depuis déjà longtemps, c’est aussi parce que j’ai été étonné et même scandalisé, en avril 2015, devant le titre de couverture du numéro 1 de « Ressources », nouvelle revue de l’ÉPUdF et donc numéro emblématique. Ce titre était « Prier ensemble le Notre Père ». Voilà donc bien d’abord le « ensemble » qui devient rite « labellisé ÉPUdF », ce qui en dit long sur les nouveaux équilibres de nos cultes entre prédication sur la Parole, menacée de s’étioler, et surf sur la vague communautaire toujours
plus porteuse. Mais surtout, que dire de cette innovation dans notre théologie : prier suivi d’un complément d’objet direct ! Prier Dieu, oui ; on s’adresse ainsi à lui. Mais je n’avais jamais entendu en protestantisme que l’on prie « le » Notre Père comme on moût « le » grain ou on mange « le » pain. Serions-nous donc revenus au temps du moulin à prières ? Quelle singulière image pour l’ÉPUdF et sa communication ! Luther, Calvin et autres réformateurs, réveillez-vous, ou plutôt réveillez-nous

Numéro 316 février 2018

Un lecteur demande des éclaircissements :

Serait-il possible, à propos de la phrase de Schweitzer citée sur la dernière page de couverture du n° 314, soit de me donner la page d’où elle est extraite, je la retrouverai plus facilement, soit, peut-être en la publiant dans un prochain numéro, de donner le contexte, car la phrase est pleine de sens, mais lequel ? Très cordialement. Pierre Manivit

La citation est extraite de l’avant-propos de la Mystique de l’Apôtre Paul, publiée chez Albin Michel en 1962.

 Avec humour, l’auteur du courrier suivant propose un pari. Il conteste l’exactitude d’une photo de Nadar supposée être de Victor Hugo.

En théologie, j’écoute respectueusement ce que dit Laurent Gagnebin le samedi matin au Foyer de l’âme, par contre votre Vigny de la page 25 [n°314] ressemble à Victor Hugo à ses début à Guernesey comme si c’était lui. Ce n’est pas parce qu’internet a diffusé deux fois cette erreur qu’il faut la dupliquer dans ma revue préférée. Avez-vous les références précises de cette photo ? Vigny a une tête beaucoup plus effilée. Attention: vous jouez un apéro (ou un abonnement gratuit) . Jean-Marie Garcin, hugolâtre

Réponse de Samuel Macaigne

Cher lecteur, J’en suis fort contrit, mais je suis depuis longtemps prémuni contre toute espèce d’hugolâtrie… Je puis vous assurer qu’il ne s’agit pas de l’auteur des Contemplations, mais bien de celui des Destinées. Le long nez effilé, l’implantation des cheveux, la mâchoire carrée diffère du visage un peu rond et du nez rond de notre Pindare national. Si je veux faire du «bertillonage », je prendrai pour preuve la verrue d’Alfred. Ma réponse est rapide, mais, puisqu’un apéritif est en jeu, je pourrai vous transmettre des références plus précises par courriel. Bien amicalement, Samuel Macaigne

 Un autre lecteur rectifie et complète :

Nous venons de recevoir Evangile & liberté avec à la dernière page l’article provenant de Une Éthique de la Sagesse du pasteur Louis Simon. Nous vous signalons qu’il a écrit un autre livre préfacé par Paul Ricour, Mon Jésus, qui est une méditation sur des textes d’Évangile paru en 1998 (Bergers et Mages). Mon information pour Louis Simon est en réponse à la petite note à la fin de l’article p.26 où il est dit que Louis Simon n’a écrit qu’un seul livre pendant son ministère! » M. Souclier

 Une réaction à l’article Repenser le Notre Père (n°313)

Je m’inscris dans la devise « penser, critiquer et croire en toute liberté » pour réagir au texte de Louis Pernot. Ce texte comporte de très beaux passages comme « … même lorsqu’il prie seul, le croyant s’associe aux autres. » Ou encore « … elle est un acte d’amour, et donc relation avec tous ceux qui se sentent réunis au même Père. » Cela étant dit, certains passages sont assez discutables. […] • prier Dieu de nous pardonner comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ne consiste pas à conditionner le pardon de Dieu à celui que nous donnons nous-mêmes. Il s’agit au contraire de nous rappeler que nous devons nous aussi pardonner (70 fois 7 fois). Il existe des personnes qui, lorsqu’elles ont été offensées et qu’elles sont placées devant la question de devoir pardonner ou pas, ont la réflexion : « comment puis-je demander à Dieu de me pardonner si je ne suis pas prêt à le faire moi-même ? • la demande du « pain de ce jour » peut sembler bien matérielle. Cependant elle est importante car il est difficile pour une personne d’avoir une vie spirituelle si elle doit se battre sans relâche pour survivre et satisfaire ses besoins matériels les plus élémentaires. • « ne nous soumets pas à la tentation … » : il a été dit beaucoup de choses à ce sujet. Mais ne peut-on pas dire aussi que les épreuves que Dieu envoie, et il en envoie, comme l’écharde de Paul par exemple, sont autant de tentations ? • sanctifier le nom de Dieu. Cela ne signifie en aucune manière « sanctifier Dieu » ce qui n’aurait effectivement pas de sens. Mais cette formule met en évidence le respect absolu dû à Dieu, également dans la façon de le nommer. Et cela rejoint l’expression
« le règne, la puissance et la gloire » qui rappelle au croyant que Dieu est notre Père qui nous aime, mais également un Père loin au-delà de tout ce que l’esprit humain peut penser et imaginer. Finalement, une bonne pédagogie est sûrement très utile pour la compréhension du « Notre Père ». Joachim Schmoll

 

 

Raphaël Picon

La mort de Raphaël Picon, le 21 janvier, a bouleversé beaucoup de nos lecteurs. Voici quelques messages que nous avons reçus :

Je viens d’apprendre le décès de Raphaël Picon. Je voudrais dire toute mon affection pour cet homme qui m’a conduit dans une intelligence de la foi. Je voudrais dire qu’il va me manquer terriblement. Je voudrais dire qu’il est irremplaçable aujourd’hui, et pour cela, je le remercie : il oblige d’autres à se mettre en mouvement. Avec toute mon affection pour sa famille et ses amis. Ivan Mikolasek, Saint-Lézer.

Je suis resté tout ce week-end sans grande réaction, ma tête pleine de souvenirs des réunions d’Évangile et liberté durant lesquelles j’ai appris à connaître et à apprécier Raphaël. Aujourd’hui, j’ai simplement envie de dire « merci ». Didier Halter, Sion (Suisse).

Le décès de Raphaël Picon me bouleverse très profondément. Je veux adresser à la rédaction d’É & l mes très sincères condoléances. Je veux aussi vous confier le soin de relayer ces condoléances à son épouse et à leurs trois enfants. Raphaël Picon m’a profondément marqué par son intelligence lumineuse, par cette faculté si exceptionnelle de savoir rendre accessible des textes obscurs ou/et complexes, par ses prises de position claires, argumentées. Sa richesse était hors du commun, il contribuait à placer sur ce qui peut être le parcours personnel de chacun de nous des dispositifs réfléchissants (au double sens du terme) nous invitant à exercer notre discernement. Nous invitant à nous rendre perméables, poreux à la perception du plus possible de facettes de ce qui nous est offert ; facettes externes et internes ; facettes manifestées, facettes mystérieuses. Par sa manière d’aborder les textes et les situations, il nous rappelait que chaque facette n’annule pas les autres, ne les altère pas. Il nous invitait à appréhender ces facettes, en nous dévoilant comment elles peuvent contribuer à éclairer un peu plus, un peu mieux, notre intériorité. Raphaël Picon fait partie de celles et de ceux qui ont rendu pour moi incontournable la lecture d’É & l, faisant de chaque numéro un rendez-vous attendu chaque mois avec impatience. Que le Seigneur notre Dieu aide son épouse et leurs trois enfants, ainsi que tous ses amis à percevoir la tendresse de Sa Présence, qu’Il leur soit en aide. Bien fraternellement Norbert Prin, 74 Cran Gevrier.

Très touchée par le décès de Raphaël Picon et par son dernier message, je joins mes condoléances et mes prières à celles de Norbert Prin.Marie-Jeanne Lissonnet, Nevers.

À l’heure où É & l est en deuil suite au décès de Raphaël Picon, j’adresse à toute l’équipe du journal mes condoléances très attristées. Par la voix de James en chaire ce dimanche matin, les paroissiens de l’Oratoire ont appris la terrible nouvelle de son départ. Ses éditoriaux explosaient d’une foi intense et si éclairée. Je suis si triste et pense beaucoup à vous tous. Partagez mes fidèles amitiés. Evelyne Brun (Paroisse de l’oratoire du Louvre).

J’ai appris la terrible nouvelle hier. C’est une perte immense pour la pensée protestante réformée ; il est vain de mettre des mots sur cette effroyable injustice. Grâce au travail du pasteur Raphaël Picon notre religion avait pu se développer et convaincre des personnes d’entrer dans un temple. Je veux dire toute ma sympathie à l’équipe d’É & l, aux responsables de l’Institut Protestant de Théologie et à la famille du pasteur. Stéphane (Paroisse de l’oratoire du Louvre).

La page Facebook d’Évangile et liberté a également recueilli de nombreux témoignages de sympathie :

Je suis admiratif par la dignité de son dernier message et par tous les trésors qu’il nous laisse. J’en suis bénéficiaire parmi de nombreux autres. Merci pour ce que tu m’as donné ! Jacques Monteil

Mon Dieu, quelle tristesse ! Une grande perte théologique et humaine. Je l’avais croisé très rapidement à l’Oratoire. Il dégageait une grande douceur, une vraie gentillesse. Et ses livres ! Jean-Pierre Capmeil

Je suis également très touché par le décès de Raphaël Picon dont j’ai eu le loisir et le plaisir de lire de nombreux ouvrages. C’est une immense perte pour le Protestantisme Réformé et notre courant de pensée. Je joins mes condoléances et mes prières à celles de Norbert Prin et Marie Jeanne Lissonnet. Sierra

Je suis triste et en communion de prière. Alain Rochat

La nouvelle tombe comme un couperet. Nous le pensions en rémission ! Silence pour prendre en compte cette triste nouvelle. Ernest Winstein

 

« les valeurs ou le combat »

L’article « Parole juive » du rabbin David Meyer, publié dans notre numéro 294 (décembre 2015), fait réagir une collaboratrice de notre mensuel.

Lectrice régulière d’Évangile et liberté, je me réjouis de voir les pages de ce journal s’ouvrir à nos frères juifs, musulmans… Je me réjouis également devant le parti pris affiché, au lendemain des attentats contre la liberté de la presse, d’affirmer nos valeurs. La une d’É & l trône toujours chez moi, arme qui se détache sur un fond noir avec pour légende « ceci n’est pas une religion » et « tuer un homme, c’est toujours tuer un homme ». Je me réjouis de toutes ces paroles qui appellent à la paix et nous font réfléchir à ce que la Bonne Nouvelle signifie pour nous, aujourd’hui. En revanche, je suis en désaccord, quand je lis l’article « Les valeurs ou le combat » du rabbin David Meyer comme un appel à une guerre totale contre Daesh pour faire tomber l’entité politique qui sous-tend ce Califat. Il ne s’agit évidemment pas de faire de l’angélisme contre une menace bien réelle, mais ces mots peuvent-ils être lus comme des paroles de foi ? Quand le monde politique évoque chaque jour un peu plus la déchéance de nationalité comme les nazis imposaient autrefois l’étoile jaune, quand les unes de certains journaux se couvrent de barbelés, quand un homme d’Église appelle aux armes, loin de rassurer la chrétienne que je suis, ces réflexes de réclusion et de peur me renvoient vers des pages terribles de notre histoire. N’avons-nous vraiment rien appris ?