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Courrier des lecteurs

Numero 331 août-septembre 2019

Michel Miaille, Professeur honoraire à la Faculté de Droit et Science Politique de l’Université de Montpellier, nous fait part de remarques sur l’article « Église et État », de Marc Lienhard (326 février 2019).

Michel Miaille observe que ni l’Église, ni l’État, n’ont recouvert les mêmes réalités au fil des siècles. Par conséquent « les catégories qui nous sont familières (l’Église et l’État) méritent d’être historicisées, sans quoi on donne le sentiment qu’entre ces deux “réalités” en soit, s’organisent des rapports variables. Ce ne sont pas seulement les rapports qui changent, mais les entités. » Par ailleurs, p. 16, Michel Miaille relève que « l’Édit de Nantes ne « soustrayait » pas les protestants à l’autorité du roi. « C’est un édit royal qui soumet les protestants à la volonté royale, qui décide des limites dans lesquelles la liberté des protestants est enfermée. D’ailleurs, l’application minutieuse de cet Édit sous Louis XIII et plus encore sous Louis XIV (avant la révocation) montrera bien combien la volonté royale prédomine dans l’interprétation des bornes posées à la liberté de croyance et de culte ! » Un peu plus loin, « la Déclaration des Droits de l’Homme d’août 1789 ne proclamait nullement la tolérance, mais la liberté, ce qui est une toute nouvelle manière d’envisager le problème. Faut-il rappeler le discours de Rabaut Saint-Étienne qui défend énergiquement la demande de liberté : “la tolérance ! ce mot devrait être, et il le sera un jour, supprimé de notre vocabulaire”. Jusqu’alors, la seule manière de présenter le problème, c’est d’affirmer la légitimité du seul culte catholique et la tolérance pour les autres. Désormais, tous les cultes sont légitimes aux yeux de la loi, pourvu que l’ordre public ne soit pas touché. »

Pierre Manivit réagit à l’article de Jean-Claude Déroche sur l’Ascension (330 juin-juillet 2019)

L’Ascension comme le dit Jean Claude Deroche, n’est plus célébrée dans toutes les paroisses. Pourquoi cette désaffection, comme si on avait oublié de programmer ce culte qui avait lieu naguère, ou comme si on avait un peu honte de fêter celui qui est monté au ciel sans fusée. Peur de convoquer ce « miracle » illustré par des peintres avec plus ou moins de fantastique. Ce n’est le mécanisme du phénomène qui nous intéresse, mais l’Ascension comme pertinence du message confié aux disciples, et comme présence invisible, dit Jean-Claude Déroche. Si nous gardons Noël, il est vrai bien revisité en fête de famille, il serait cohérent de fêter aussi le départ, la fin, car l’Ascension a des sens multiples qui justifient qu’on ne la néglige pas. Laissés seuls les disciples sont-ils abandonnés ? Vivre sans Dieu peut être désespérant comme dans l’attente des vierges folles, comme dans la parabole des vignerons ou des talents. On rejoint Jean-Claude Déroche quand il dit « ne pas s’enfermer » : certains s’engagent dans la politique, d’autres dans des ONG, pour vivre une vie au service d’autres, avec une responsabilisation ancrée dans le monde, dans la vie : sans oublier « la présence », sans non plus en faire trop parce qu’on ne pourra tout faire avec la « perfection » dont parle James Woody pour un conseiller paroissial « idéal » ou peut être « optimal ».

Numéro 327 mars 2019

La disparition des Églises libérales ?

J’aimerais réagir à l’article d’Henrik Lindell (Évangile & liberté n° 324, décembre 2018, p. 20) sur la disparition des Églises libérales : ces propos font écho chez moi à ce que nous disons des soins palliatifs qui pour nous sont amenés à disparaître lorsque l’ensemble des soignants en sont imprégnés ! Ce ne sont pas les libéraux qui disparaissent mais peutêtre leur désir de faire Église. Cette foi inébranlable, profonde et personnelle, a-t-elle besoin des assemblées rituelles ? Nous avons besoin de nous retrouver pour dialoguer mais peut-être pas pour satisfaire aux rites dominicaux. Quant à son affirmation « nos contemporains ont soif de Dieu », je ne l’entends pas du tout sauf effectivement dans les populations non éduquées, qui ont besoin de « croyances magiques ». Cette assertion fait état d’un Dieu extérieur à l’homme qui n’est peut-être pas celui des libéraux. Le jour où Dieu sera vraiment en nous tous, que nous saurons comment entretenir son souffle et sa flamme dans chacun de nous, aurons-nous besoin de l’adorer comme un Dieu païen ? Cultivons l’échange dans la fraternité, le « réarmement » de celles et ceux qui ne se sentent plus « habités » par cette incroyable force intérieure. Dominique Jaulmes

 « Non-personnel » et intentionnalité

Je profite de l’article « Du chaos à l’harmonie » (Évangile & liberté n° 325, janvier 2019, p. 20) pour transmettre à Jean-Marie de Bourqueney une question, qui évoque « l’intentionnalité divine ». Celle-ci me semble s’accorder plutôt avec un Dieu personnel (ou supra-personnel en pensant à Paul Tillich), de même que l’usage de la persuasion (avoir un « plan », une « volonté », notions que l’on retrouve
dans le livre d’André Gounelle sur la théologie du Process). Pourtant, aux journées d’Évangile & Liberté (La Grande Motte, octobre 2018, NDLR), j’avais cru comprendre que, tout en adhérant à la théologie du Process, il privilégie l’idée d’un Dieu énergie, d’un principe actif qui ne serait pas personnel. Comment articuler « non-personnel » avec intentionnalité ? Laurence Agati

Réponse de J.-M. de Bourqueney :

Comment concilier « intention » et « dépersonnalisation » de Dieu ? Je n’ai probablement pas encore résolu cette question mais je ferais deux remarques : Paul Tillich, du moins je l’imagine, devait se poser la même question. Son « supra-personnalisme » fut une manière de sortir du piège de l’anthropomorphisme théologique (le Dieu grand-père barbu…), tout en maintenant, comme il le dit, l’idée d’une « relation », personnelle et personnalisée. Toutefois, cette réponse, ô combien cohérente, appuyée, argumentée de manière magistrale, me paraît (est-ce présomptueux ?) insuffisante. En effet, il me semble qu’associer, de manière systématique « intention » ou « relation » à la notion de personne est peut-être l’ultime forme de l’anthropomorphisme. N’y a-til vraiment que les « personnes » qui soient capables d’intention ou de relation ? Je tente une réponse, sans doute insuffisante et partielle, en répondant qu’il peut exister de l’intentionnalité en dehors de la notion de personne. Il me semble que l’on peut concilier « dépersonnalisation » de Dieu et force de proposition. Sans doute alors, peut-on
« imaginer » une forme d’énergie vitale avec un but (« enjoyment » dans le Process, que je traduis par le néologisme « jubilescence ») qui soit une forme d’énergie de proposition, c’est-à-dire en même temps force d’intention et moyen d’y parvenir, processus qui va du chaos vers l’harmonie. Il me semble de surcroît que cela correspond à nos situations réelles de vie : lorsque nous « rebondissons » (résilience) après un drame ou même après les difficultés du quotidien, est-ce que « quelqu’un » (une « personne ») nous a fait des propositions ? En d’autres termes, je veux concilier un Dieu « personnalisé », dans le sens d’une démarche de foi intime, avec celle d’un Dieu « énergie », dans le sens de ce qui vous donne l’énergie de la résilience. Jean-Marie de Bourqueney

 

 

Numéro 326 février 2019

Dans le numéro de décembre d’Évangile et liberté, Henrik Lindell écrit, en parlant de l’évêque épiscopalien J. S. Spong : « Il écrit que les Églises connaîtraient un nouveau printemps si elles abandonnaient leur interprétation littérale de la Bible, la christologie traditionnelle, les dogmes de la trinité, de la naissance virginale, etc. Aujourd’hui, donc, nous pouvons penser que Spong et ses adeptes se sont tout simplement trompés. » H. Lindell a donc trouvé au moins une Église qui applique les souhaits de J.S. Spong. Pour ma part je n’ai jamais trouvé un culte qui le fasse (y compris le culte de la dernière session d’Évangile et Liberté en octobre 2018). Si H. Lindell trouve une paroisse de l’EPUF qui met en pratique ces souhaits, qu’il veuille bien me l’indiquer : je m’y inscrirai avec reconnaissance. François de Vargas a raison de dire que « dans leur discours, ils (= la plupart des pasteurs et membres des autorités ecclésiastiques) ne veulent pas choquer les chrétiens de tendance traditionnelle ». Il a raison de dire que l’unité est souhaitable. Mais peut-on rester unis dans l’EPUF avec les liturgies qu’elle utilise et avec ses affirmations ? C’est une question que je me pose. François Chazot

Henrik Lindell dit que le protestantisme libéral est en train de disparaître, alors que le protestantisme évangélique est florissant. C’est le cas surtout aux USA, en Amérique latine et en Afrique. Mais en Europe aussi. Ce que je dis, moi, sans aucune concertation avec Henrik Lindell, c’est que beaucoup de pasteurs évoquent les récits bibliques sans aucune critique (c’est particulièrement vrai en période d’approche de Noël, comme si les anges étaient véritablement apparus dans le ciel de Bethléem, comme si les mages avaient vraiment vu une étoile s’arrêter dans le ciel). Ce que je crains, c’est que cette posture ne dévalorise encore plus la foi chrétienne. Pourquoi ne dit-on pas clairement que ces récits sont des légendes ? Mais des légendes porteuses de sens. Si on dit ça, ça ne nous empêchera pas de faire nos achats de Noël ni de chanter Voici Noël et D’un arbre séculaire. Mais ça nous rappellera que Noël est la fête qui nous dit que nous rencontrons Dieu chez les humbles et les exclus. François de Vargas

Numéro 325 janvier 2019

Trois lecteurs ont réagi à notre Dossier sur l’Armistice de 1918.

Des trois articles sur l’armistice et la paix, je retiens trois réflexions :

– pour Rudi Popp la mention « Alsace-Moselle » est bienvenue car souvent la Moselle est laissée pour compte, sa personnalité moins tranchée la fait passer en seconde zone ;- bien sûr la phrase de Spinoza « la paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu que produisent les âmes bien trempées » déplace l’horizon : elle porte néanmoins à élargir la donne pour dépasser l’immédiat après l’Armistice ; du coup j’ai un regret de ne pas voir prôner les espoirs d’européanisation qu’on pourrait espérer, et on reste sur notre faim devant le peu de progrès vers une intégration plus grande basée sur autre chose que les acquisitions de maisons secondaires en Alsace par les Allemands ;- la paix et l’armistice centrés sur Alsace-Moselle laisse entière la problématique des régions plus éloignées des frontières de l’est ; on voit bien la limite d’une transformation dans nos régions de l’est, alors ça doit l’être encore moins lorsqu’on s’éloigne vers l’ouest…  Ceci pour dire combien les prises de conscience et les transformations à la suite de tels conflits restent peu conséquentes ? Pierre Manivit, Châtel en Trièves

Parmi les définitions de la guerre, on pourrait ajouter celle de Paul Valéry : « La guerre, c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas. » Pour approfondir la réflexion sur cette période, lire la correspondance de Romain Rolland et Stefan Zweig de 1910 à 1940 (3 volumes chez Albin Michel). Lire aussi « Au-dessus de la mêlée », et « Clérambault » de R. Rolland, dont voici la conclusion : « La haine ne se trompe pas. Un sûr instinct la guide… […] N’essayons point de nous faire illusion ! Le plus dangereux adversaire de la société et de l’ordre établis, de ce monde de violences, de mensonges et de basses complaisances, c’est, ce fut toujours l’homme de paix absolue et de libre conscience. Jésus n’a pas été mis en croix par hasard. Il devait être, il serait encore supplicié. L’homme de l’Evangile est le révolutionnaire, de tous le plus radical. Il est la source inaccessible, d’où jaillissent entre les brèches de la terre dure, les révolutions. Il est le principe éternel de la non-soumission de l’Esprit à César, quel qu’il soit, à l’injuste Force. Ainsi se légitime la haine des valets de l’Etat, des peuples domestiqués, contre le Christ-aux-outrages qui les regarde et se tait, et contre ses disciples, nous, les éternels réfractaires, […] nous les Annonciateurs de Celui plus grand que nous, qui portera au monde la parole qui sauve, le Maître mis au tombeau, qui “sera en agonie jusqu’à la fin du monde” et toujours renaîtra, l’Esprit libre, le Seigneur Dieu. » Odette & Jean-François Perrenoud

 

 Numéro 318 Avril 2018

Un lecteur nous fait part de son regard sur la Réforme après la publication de nos articles liés aux « 500 ans » du protestantisme

Six ans après l’affichage des thèses de Luther, le pape Adrien VI, élu en 1522, fit lire à la diète de Nuremberg une extraordinaire confession des péchés où il déclarait : « Nous reconnaissons franchement que Dieu a laissé se produire cette persécution de son Église à cause des péchés des prêtres et des prélats. Nous savons bien que même sur ce Saint Siège se sont produites depuis des années beaucoup de choses abominables, abus en matière spirituelle, transgressions de commandements, qui ont tourné au scandale. Nous, les prélats et les ecclésiastiques, avons dévié du droit chemin et devons mettre tout notre zèle pour améliorer les choses, à commencer par la cour romaine dont vient, au départ, tout le mal. » Mais son désir de réformer n’a pas
eu lieu, puisque son pontificat n’a duré que 18 mois, et qu’il est mort l’année suivante. Le pape Marcel II en 1555 voulut aussi réformer l’Église mais son pontificat ne dura que 20 jours. En 1508, Érasme de Rotterdam publia son livre phare, Éloge de la folie, qui rencontra un vif succès européen, et par lequel il fustigeait déjà toutes les perversions de l’Église chrétienne, qui seront ensuite reprises par les réformateurs à savoir : « le trafic des indulgences, l’immoralité et la cupidité des papes et des évêques, l’idolâtrie des reliques, le culte des saints, la perversion de l’enseignement. »

Hans Küng dans son livre Une Théologie pour le IIIe millénaire rapporte qu’au conclave de 1549 un certain Reginald Pole, cardinal anglais « Érasmien » de conviction, avait recueilli vingt-huit voix, mais que l’opposition des cardinaux français avait fait basculer le vote,et que c’était Gian Pietro Carafa, un pape ultraconservateur, qu i fut élu sous le nom de Paul IV en 1555 suite à la mort de Marcel II. Il ne tarda pas à combattre les réformateurs de l’intérieur. Il emprisonna Reginald Pole, et ceux de l’extérieur en réactivant l’inquisition. Il recentra le concile de Trente sur les dogmes purement catholiques, justifiant ainsi le terme de « Contre-Réforme ». Ce qui provoqua les guerres de religions, et ensanglanta, ruina l’Europe. Il faudra attendre le concile de Vatican II pour que le catholicisme intègre quelques avancées de la réforme, comme le recentrage biblique, le rôle des laïcs, les cérémonies en langue vernaculaire et enfin la liberté de conscience interdite par le pape Pie IX par son « Syllabus » de 1860. Le chrétien catholique devait se soumettre à l’enseignement de l’Église. Mais le chemin n’est pas terminé, comme l’a écrit Hans Küng dans son livre Peuton encore sauver l’Église ? Emmanuel Mieg

 

 

 

Raphaël Picon

La mort de Raphaël Picon, le 21 janvier, a bouleversé beaucoup de nos lecteurs. Voici quelques messages que nous avons reçus :

Je viens d’apprendre le décès de Raphaël Picon. Je voudrais dire toute mon affection pour cet homme qui m’a conduit dans une intelligence de la foi. Je voudrais dire qu’il va me manquer terriblement. Je voudrais dire qu’il est irremplaçable aujourd’hui, et pour cela, je le remercie : il oblige d’autres à se mettre en mouvement. Avec toute mon affection pour sa famille et ses amis. Ivan Mikolasek, Saint-Lézer.

Je suis resté tout ce week-end sans grande réaction, ma tête pleine de souvenirs des réunions d’Évangile et liberté durant lesquelles j’ai appris à connaître et à apprécier Raphaël. Aujourd’hui, j’ai simplement envie de dire « merci ». Didier Halter, Sion (Suisse).

Le décès de Raphaël Picon me bouleverse très profondément. Je veux adresser à la rédaction d’É & l mes très sincères condoléances. Je veux aussi vous confier le soin de relayer ces condoléances à son épouse et à leurs trois enfants. Raphaël Picon m’a profondément marqué par son intelligence lumineuse, par cette faculté si exceptionnelle de savoir rendre accessible des textes obscurs ou/et complexes, par ses prises de position claires, argumentées. Sa richesse était hors du commun, il contribuait à placer sur ce qui peut être le parcours personnel de chacun de nous des dispositifs réfléchissants (au double sens du terme) nous invitant à exercer notre discernement. Nous invitant à nous rendre perméables, poreux à la perception du plus possible de facettes de ce qui nous est offert ; facettes externes et internes ; facettes manifestées, facettes mystérieuses. Par sa manière d’aborder les textes et les situations, il nous rappelait que chaque facette n’annule pas les autres, ne les altère pas. Il nous invitait à appréhender ces facettes, en nous dévoilant comment elles peuvent contribuer à éclairer un peu plus, un peu mieux, notre intériorité. Raphaël Picon fait partie de celles et de ceux qui ont rendu pour moi incontournable la lecture d’É & l, faisant de chaque numéro un rendez-vous attendu chaque mois avec impatience. Que le Seigneur notre Dieu aide son épouse et leurs trois enfants, ainsi que tous ses amis à percevoir la tendresse de Sa Présence, qu’Il leur soit en aide. Bien fraternellement Norbert Prin, 74 Cran Gevrier.

Très touchée par le décès de Raphaël Picon et par son dernier message, je joins mes condoléances et mes prières à celles de Norbert Prin.Marie-Jeanne Lissonnet, Nevers.

À l’heure où É & l est en deuil suite au décès de Raphaël Picon, j’adresse à toute l’équipe du journal mes condoléances très attristées. Par la voix de James en chaire ce dimanche matin, les paroissiens de l’Oratoire ont appris la terrible nouvelle de son départ. Ses éditoriaux explosaient d’une foi intense et si éclairée. Je suis si triste et pense beaucoup à vous tous. Partagez mes fidèles amitiés. Evelyne Brun (Paroisse de l’oratoire du Louvre).

J’ai appris la terrible nouvelle hier. C’est une perte immense pour la pensée protestante réformée ; il est vain de mettre des mots sur cette effroyable injustice. Grâce au travail du pasteur Raphaël Picon notre religion avait pu se développer et convaincre des personnes d’entrer dans un temple. Je veux dire toute ma sympathie à l’équipe d’É & l, aux responsables de l’Institut Protestant de Théologie et à la famille du pasteur. Stéphane (Paroisse de l’oratoire du Louvre).

La page Facebook d’Évangile et liberté a également recueilli de nombreux témoignages de sympathie :

Je suis admiratif par la dignité de son dernier message et par tous les trésors qu’il nous laisse. J’en suis bénéficiaire parmi de nombreux autres. Merci pour ce que tu m’as donné ! Jacques Monteil

Mon Dieu, quelle tristesse ! Une grande perte théologique et humaine. Je l’avais croisé très rapidement à l’Oratoire. Il dégageait une grande douceur, une vraie gentillesse. Et ses livres ! Jean-Pierre Capmeil

Je suis également très touché par le décès de Raphaël Picon dont j’ai eu le loisir et le plaisir de lire de nombreux ouvrages. C’est une immense perte pour le Protestantisme Réformé et notre courant de pensée. Je joins mes condoléances et mes prières à celles de Norbert Prin et Marie Jeanne Lissonnet. Sierra

Je suis triste et en communion de prière. Alain Rochat

La nouvelle tombe comme un couperet. Nous le pensions en rémission ! Silence pour prendre en compte cette triste nouvelle. Ernest Winstein

 

« les valeurs ou le combat »

L’article « Parole juive » du rabbin David Meyer, publié dans notre numéro 294 (décembre 2015), fait réagir une collaboratrice de notre mensuel.

Lectrice régulière d’Évangile et liberté, je me réjouis de voir les pages de ce journal s’ouvrir à nos frères juifs, musulmans… Je me réjouis également devant le parti pris affiché, au lendemain des attentats contre la liberté de la presse, d’affirmer nos valeurs. La une d’É & l trône toujours chez moi, arme qui se détache sur un fond noir avec pour légende « ceci n’est pas une religion » et « tuer un homme, c’est toujours tuer un homme ». Je me réjouis de toutes ces paroles qui appellent à la paix et nous font réfléchir à ce que la Bonne Nouvelle signifie pour nous, aujourd’hui. En revanche, je suis en désaccord, quand je lis l’article « Les valeurs ou le combat » du rabbin David Meyer comme un appel à une guerre totale contre Daesh pour faire tomber l’entité politique qui sous-tend ce Califat. Il ne s’agit évidemment pas de faire de l’angélisme contre une menace bien réelle, mais ces mots peuvent-ils être lus comme des paroles de foi ? Quand le monde politique évoque chaque jour un peu plus la déchéance de nationalité comme les nazis imposaient autrefois l’étoile jaune, quand les unes de certains journaux se couvrent de barbelés, quand un homme d’Église appelle aux armes, loin de rassurer la chrétienne que je suis, ces réflexes de réclusion et de peur me renvoient vers des pages terribles de notre histoire. N’avons-nous vraiment rien appris ?