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« Je crois parce que j’agis » (A. Schweitzer)

Mon libéralisme est principalement inspiré par cette parole de Jésus : « Ce n’est pas en me disant “Seigneur, Seigneur”, que l’on entrera dans le Royaume de Dieu, mais en faisant la volonté de mon Père […]. » (Mt 7,21). Ce n’est donc pas en confessant sa foi. L’essence de l’existence chrétienne réside là où se vit un christianisme pratique et social, combattant les injustices et luttant pour le Règne de Dieu. Insister ainsi sur des actions serait revenir à l’idée d’un salut par les œuvres. Non. Seul Dieu nous sauve. Insister ainsi sur une pratique, ce n’est pas non plus tomber dans un moralisme aux codes plus écrasants que ceux des dogmes. L’amour du prochain doit être vécu de manière libre et inventive.

Dans L’essence du christianisme (1900), Harnack montre que les premiers penseurs chrétiens ont déplacé sur les doctrines le centre de gravité de la foi, alors que l’accent évangélique portait sur l’éthique. Cela dit, les doctrines sont loin d’être insignifiantes, mais il ne faut pas inverser les priorités ; on va en effet d’une pratique vers les croyances et non l’inverse. Harnack écrivait : « On ne peut avoir des idées et des doctrines correctes sur le Christ que dans la mesure où l’on a commencé à vivre conformément à son Évangile. » Albert Schweitzer disait : « Si tu veux croire en Jésus, commence par faire quelque chose en son nom. » Cette pratique première rassemblera tous les hommes de bonne volonté, y compris les agnostiques, sans la tutelle préalable d’un credo. On reconnaît en Martin Luther King, l’Abbé Pierre, Albert Schweitzer, Sœur Emmanuelle, par exemple, des chrétiens authentiques, non à cause de leurs croyances, mais parce qu’ils ont mis l’Évangile en pratique. Tel est un pratiquant.

« C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples », déclare Jésus (Jn 13, 35). C’est à l’amour et non à des dogmes, des croyances ou des rites. À l’amour seul, parce que tout ce qu’on lui ajoute est en moins.

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À propos Laurent Gagnebin

docteur en théologie, a été pasteur de l'Église réformée de France, Paris ( Oratoire et Foyer de l'Âme ) Professeur à la Faculté protestante de théologie.Il a présidé l’Association Évangile et Liberte et a été directeur de la rédaction du mensuel Évangile et liberté pendant 10 ans. Auteur d'une vingtaine de livres.

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