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Soumises mais pas bêtes !

Il semblerait qu’avant « MeToo » et « Time Up », conduisant en France à l’essor du mouvement « Balance Ton Porc », le féminisme était jugé ringard ou associé dans les imaginaires à une Femen enragée. En 2017, le terme « féminisme » a été élu mot de l’année par un dictionnaire américain Merriam-Webster ; et sur le site, les recherches liées au sens de ce terme ont augmenté de 70 % au cours de l’an passé. Il est évident que l’après-Westein a remis en scène le principe égalitaire et a recréé une dynamique sans précédent ; les réseaux sociaux ayant permis une prise de parole inédite, partagée par le plus grand nombre. Le féminisme connaît donc sa quatrième vague et il est désormais devenu planétaire.

Alors… tous et toutes féministes ? En réalité, le féminisme s’avère être pluriel. Mais si être féministe signifie être une personne qui croit à l’égalité sociale, politique et économique des sexes, vu sous cet angle, il nous paraît difficile de ne pas s’identifier au féminisme, que l’on soit une femme ou bien un homme. Car qui peut vraiment, ici en France, se prononcer contre le principe même de l’égalité, celui-là même que prône notre devise nationale ? Et qui peut vraiment, en tant que chrétien, oublier que Jésus le Christ fut le premier à dépasser l’androcentrisme du monde antique ? Mais en matière d’égalité hommes/femmes, la lenteur des avancées peut donner envie de pleurer dans le noir en écoutant un CD de pluie.

Et la Bible semble en rajouter une couche dans la sphère familiale lorsqu’elle exhorte à ceci : « Pareillement, femmes, soyez subordonnées à vos propres maris, en sorte que, même si quelques-uns refusent de croire à la parole, par la conduite sans paroles des femmes, ils seront gagnés. » (1 Pierre 3, 1). Certes, il est ici recommandé à l’épouse un devoir bien difficile : la soumission. Néanmoins, il s’agit de soumission envers des époux non chrétiens, voir même réfractaires à l’Évangile. L’auteur de l’épître cherche donc à aider l’épouse (qui, elle, a été gagnée par la pensée évangélique) à convertir son époux incroyant ! Et une belle conduite de la part de l’épouse est présentée comme plus efficace que les discours. Là où la parole aurait échouée, l’évangélisation « sans un mot » peut réussir. La femme chrétienne est ici présentée comme une missionnaire silencieuse de l’Évangile au sein du couple.

Ainsi, l’exemple donné par l’épouse permettrait de dissiper les préjugés de ces époux incrédules qui seraient alors gagnés par la foi. D’ailleurs, le verbe « gagné » est un verbe technique du langage missionnaire (1 Co 9,19-22 et Mt 18, 15).Mais plutôt que de forcer l’admiration chez l’autre, peut-être pourrions nous comprendre, mesdames, ce verset comme un appel à concentrer notre amour sur le don de soi pour le bien de l’autre, à se remettre dans cette position d’accueil inaugural, d’un émerveillement qui passe par un regard bienveillant et généreux. Il ne s’agit pas d’une fascination béate qui n’autorise aucun doute, aucun dérapage mais d’une admiration qui naît de la connaissance et de la reconnaissance. Lorsque la reconnaissance mutuelle créée confiance, respect et égalité entre les deux partenaires de vie, elle devient un puissant moteur dans le couple. Alors, messieurs, pourquoi ne pas vivre son couple de façon féministe ?!

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À propos Romy Legrand

Romy Legrand
Pasteure de l’Église Protestante Unie de France à Bagnols-Pont-Bourg

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