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Gilets jaunes : acte VI ?

Dans les tragédies classiques, il n’y a que 5 actes. Et dans les comédies aussi.
5 actes, et à la fin la situation s’est dénouée, ou a trouvé une forme de conclusion. Des héros sont morts, mais cela n’empêche pas que la plupart des personnages vont poursuivre leurs existences au-delà des événements racontés. Est-ce que Chimène et Rodrigue vivent heureux et ont beaucoup d’enfants, nous ne le saurons pas. Nous pouvons toujours l’imaginer à partir des informations et des émotions reçues.
Dans la Bible, il y a quatre Evangiles et un livre des Actes, 5 récits d’une aventure dont le cœur est constitué par le temps de la Passion, mais dont la conclusion n’est pas donnée. Les Actes n’ont pas de fin, ou ils s’interrompent sur une étape, celle de Rome. Les futures étapes ne sont pas décrites, ou elles nous restent à raconter, voire à réaliser.

Y aura-t-il un véritable Acte VI de l’aventure des gilets jaunes ? Un acte supplémentaire de la tragédie, de la comédie, de la tragicomédie, au choix ? Ce ne serait pas respecter les règles du théâtre classique, ni les chiffres bibliques. Mais pourquoi pas !?
Il faut surtout espérer que les émotions vécues par les gilets jaunes – elles n’étaient pas toutes de violence mais plutôt de fraternité sur les ronds-points – se transformeront en imagination, en suites politiques, en échanges et en revendications.
Il faut espérer que les hommes et les femmes qui se sont sentis solidaires des gilets jaunes – puisqu’il parait que c’était la majorité de nos concitoyens – contribueront aux débats qui doivent se tenir dans toute la France. Qu’ils transformeront leur solidarité en pratique de la citoyenneté.

Et la question est aussi posée aux protestants. Nous célébrons très volontiers notre pratique démocratique, l’influence que nous aurions eue sur l’institution de la République. Nous sommes si fiers de notre dimension synodale. D’ailleurs des historiens ne prétendent-ils pas que la France n’aurait pas connu de Révolution si la Réforme avait pris racine dans notre pays.
Dans un pays qui vient de faire descendre brutalement de son piédestal celui qui disait que les Français avaient la nostalgie d’un roi, ne faudrait-il pas soutenir toutes les initiatives qui suggèrent que le peuple a droit régulièrement à la parole ? Non pas les référendums révocatoires qui veulent couper rapidement des têtes (encore qu’il vaut mieux un vote qu’une guillotine), mais les référendums qui suscitent des débats, des dissensus et des consensus, une pratique démocratique.
Comment nos Eglises, qui doivent peut-être réapprendre les débats de fond, peuvent-elles aider à cette saisie par les citoyens de leur responsabilité ?

Olivier BRES

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