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Parousie

 

Vous proposez à un théologien un rendez-vous lointain. S’il vous demande pourquoi vous ne tenez pas compte de la parousie, c’est qu’il veut faire de l’humour (certes, de théologien) et, dans le même temps, la remarque est suggestive. Le mot grec parousia avait deux sens communs : la présence et la visite. À l’époque de Jésus, parousia était aussi utilisé pour évoquer une visite grandiose d’un souverain qu’on recevait comme un dieu. Des auteurs du Nouveau Testament qui s’adressaient à des lecteurs de culture grecque ont ainsi emprunté le mot en résonance de l’attente ancrée dans la tradition biblique et forte dans la croyance populaire : celle de la venue du messie ou du Fils de l’homme.

Après la mort de Jésus, ceux qui croient en sa résurrection attendent son retour : la parousie. Elle est décrite de manière spectaculaire dans l’évangile de Matthieu (ch. 24) et plusieurs lettres l’évoquent (Paul, Jean, Pierre et Jacques). La parousie désigne chez certains la venue du Christ en gloire et, chez d’autres, le retour du Jésus terrestre. Les premiers chrétiens sont convaincus que l’attente sera brève.

Mais le temps passe et la parousie ne vient pas. Le chapitre 24 de Matthieu invitait déjà à la vigilance : « Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait. » De nombreux faux prophètes et vrais escrocs ont prétendu durant les deux derniers millénaires que la fin approchait et que l’humanité allait vivre la parousie.

Mais le temps passe et la parousie ne vient pas. Le Christ est-il déjà revenu parmi nous sans que nous en voyions les signes ? Les anges et les trompettes étaient-ils une manière de parler (voir 1 T h 4,16) ? Plutôt que d’attendre un retour triomphal qui nous exonérerait de toute liberté, je préfère voir l’urgence que la parousie suggère, celle de la présence du Christ dans nos actes et nos relations qui nous rendent le monde plus vivable.

 

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À propos Olivier Guivarch

est secrétaire national d’une fédération syndicale de salariés, après avoir étudié la théologie protestante et exercé le métier de libraire. Il participe au comité de rédaction depuis 2004.

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