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L’ Église est  » en croissance  » !

Ce thème devient si envahissant qu’il nous tient lieu parfois de réflexion, de théologie. Si l’Église est en croissance, c’est qu’elle a raison ; si elle décroît, c’est qu’elle a tort. Et si les choses n’étaient pas aussi simples… L’Histoire nous révèle que, souvent, les croissances ou les victoires n’ont pas été la preuve d’une vérité, politique ou morale. Elles ont même souvent été le résultat de conquêtes par la violence, auxquelles les religions se sont parfois jointes. Et si l’on regardait les choses autrement… Et si, au lieu d’être obsédés par nos chiffres, nous regardions notre christianisme comme un enfant qui a du mal à atteindre son âge de raison… La croissance, c’est aussi de grandir « en force et en sagesse ». 2000 ans, au regard de l’Histoire, ce n’est rien ! Notre effort est de trouver en nous les ressources pour atteindre cet âge de raison de la foi et de la théologie. Sans doute cet effort est-il encore important, car il passe par bien des renoncements. Renoncer aux dogmes qui infantilisent l’être humain pour le limiter à un réceptacle de croyances absurdes. Renoncer à des rites qui forgent une identité communautaire mais obligent les individus à laisser leur raison au vestiaire de nos églises. Renoncer à croire que le salut se trouvera seulement dans le ciel, peut-être, un jour, on l’espère…

L’âge de raison est une transition, un apprentissage, un passage, une « Pâque ». Nous sommes tous des chrétiens apprentis, maladroits, parfois chahuteurs… Mais aussi des enfants curieux d’apprendre encore bien des choses et non simplement de les répéter. Nous viderons encore bien des tombeaux de certitudes, pour vivre une résurrection de nos convictions. Nous renoncerons ensemble au biberon ecclésial de l’infantilisation en cheminant, avec patience, vers l’âge adulte du christianisme, peut-être, un jour, on l’espère…

 

À propos Jean-Marie de Bourqueney

est pasteur de l’Église protestante unie. Il est actuellement à Paris-Batignolles. Il participe à la rédaction et à la direction du journal. Il est notamment intéressé par le dialogue interreligieux et par la théologie du Process.

Un commentaire

  1. calogero.fanara@proximus.com'

    Et si au lieu de nous perdre dans d’interminables « et si », on mettait tout notre coeur à vouloir connaître la personne du Seigneur Jésus-Christ? [« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ – Jean 17:3]. Non plus à la manière des théologiens de gauche ou de droite mais comme vous le dites si bien « à la manière des enfants ».. Les enfants, eux, croient avec simplicité à toutes les paroles que Jésus a prononcées, et leur pureté d’esprit nous démontre qu’il est bien possible de mettre cet enseignement en pratique. C’est la foi simple et authentique de nos pères, de tous ceux qui, justement pour avoir cru à la Parole de Dieu à la manière des enfants, ont payé de leur vie et sont morts en martyrs.. Qu’avons-nous fait de ce précieux héritage de foi? Il me semble qu’à force de vouloir toujours raisonner et intellectualiser le message de l’Évangile, on en perd toute sa force et sa substance, vous ne trouvez pas?

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