Liberté

Liberté, nous aimons ce mot, et nous le défendons. Nous voulons en faire un principe : nous sommes libres dans notre foi, libres par rapport aux formulations traditionnelles de la foi, par rapport aux dogmes, aux carcans ecclésiastiques, libres même dans notre lecture de l’Écriture. Mais cette liberté n’est pas simple, et nous voyons nombre de personnes venir, attirées par ce message de liberté, mais qui repartent ensuite parce qu’il peut avoir quelque chose de déstabilisant. Assumer la liberté demande d’être fort et suffisamment autonome. Or bien des gens sont en quête de réponses simples, de pratiques plus ou moins codifiées qu’ils pourraient appliquer pour se rassurer, de chemins balisés à suivre sans se poser de question. Dire à quelqu’un qui est en recherche que c’est à lui de définir sa route, de se sentir responsable de sa propre pratique, et de trouver lui-même ses propres réponses peut être décourageant ou angoissant.

Mais ce serait en rester à une conception de la liberté seulement comme méthode, or nous ne sommes pas sous les œuvres, mais sous la grâce. Et la liberté, c’est plus que cela, c’est aussi l’objet même de notre foi.

C’est même là un des objets principaux de la Bonne Nouvelle qu’il faut remettre à la surface parce qu’il a tendance à disparaître sous des mots dont le sens se perd. Nous louons ainsi Christ notre « rédempteur », mais qui sait que « rédempteur » veut dire « libérateur » ? Et dire que Christ a été offert « en rançon pour la multitude » n’a de sens que si l’on sait qu’en hébreu, il y a un seul mot pour dire « racheter », « payer une rançon », et tout simplement « libérer », avec ou sans payer quoi que ce soit. Or dans la nouvelle alliance, nous sommes sous le règne de la grâce, et donc de la gratuité. Ainsi, la bonne nouvelle, c’est que Christ nous libère. En lui, nous sommes libérés de la culpabilité du péché, libérés de la tristesse, libérés de la peur, et libérés de la mort.

La liberté, c’est donc plus qu’un principe, c’est toute notre foi, c’est ce que nous voulons vivre, ce à quoi nous aspirons, et ce que Dieu donne en abondance dans nos cœurs par le Christ.

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À propos Louis Pernot

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est pasteur de l’Église Protestante Unie de France à Paris (Étoile), et chargé de cours à l’Institut Protestant de Théologie de Paris.

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