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Que fête-t-on à Noël ?

pasteur Serge Soulié

 

La fête de Noël est à peu près la seule à faire l’unanimité. Certes au départ c’est la fête de la naissance de Jésus, le Christ. Mais cette fête est venue se greffer sur des fêtes anciennes dans lesquelles tout le monde peut se reconnaitre. En effet elle est aussi fête de la lumière, fête des jours qui commencent à rallonger, fête de la nature avec le sapin de Noël et enfin et surtout, fête des enfants avec des cadeaux à la clé.

Aujourd’hui, on ne peut pas dire que Noël ne soit qu’une fête chrétienne. Pour les chrétiens qui voudraient célébrer Jésus, se pose la question de qui était exactement cet homme. Il est clair qu’il est difficile de le dire tellement nous savons peu de choses sur lui. Les historiens sont très prudents et les Evangiles sont plus des confessions de Foi de leurs auteurs que des reportages historiques. Convaincus que Jésus était un homme exceptionnel qu’il fallait suivre, bouleversés par l’ expérience faite avec lui, les Evangélistes ont mis beaucoup de merveilleux et de surnaturel dans leur récit pour convaincre. Les humains ont de tout temps été attirés par l’extraordinaire! Ils ont replacé Jésus dans le cadre de la religion juive, puisqu’ils s’adressaient à des juifs, sans se soucier de la véracité des faits.

La sagesse nous pousse à dire que Jésus était un homme venu sur terre comme nous tous à travers le ventre d’une femme et la semence d’un homme. Ici trois positions différentes s’ouvrent devant nous :

– pour les uns Jésus est le fils d’une jeune fille, vierge ou pas, plutôt pauvre et risquant d’être rejetée vu qu’elle n’a pas de mari. Jusqu’à un passé récent les mères célibataires étaient montrées du doigt. Elles le sont encore dans bien des pays. Jésus par son attitude ne serait pas devenu riche mais aurait dépassé cette pauvreté en montrant qu’il y avait une autre manière de vivre.

– Autre hypothèse, Jésus a bien des ascendances royales lointaines et les auteurs des Evangiles se sont attachés à les rendre crédibles. Ces ascendances expliqueraient les déboires politico-religieux de Jésus jusqu’à sa crucifixion. Dans ce cas Jésus aurait bien été d’une famille aisée et de pouvoir. Il aurait opté pour la simplicité se dépouillant de tout ce qu’il avait pour aller à la rencontre des autres.

– Enfin, Jésus serait né dans une famille conforme, d’un père, peut être Joseph, d’une mère, Marie. ll serait l’ainé de sept. Sa famille de classe moyenne vit de l’artisanat. Il a compris Dieu autrement qu’il ne l’ était jusque là, aussi bien par les religieux que par le peuple. Les chefs veulent le tuer, ses parents le trouvent fou. Cette nouvelle compréhension de Dieu et de l’homme a ouvert une brèche dans l’ histoire de l’humanité.

Il n’est pas possible de trancher entre ces trois positions. Plus encore, il me semble que chacun perçoit tout naturellement le « Jésus » qui correspond à son besoin. Pour les uns il est le pauvre qui a montré que la richesse n’était pas fondamentale. Pour les autres, un descendant royal qui a su abandonner le pouvoir et la richesse qui lui était promise pour se tourner vers les autres. Chacun se réfère au « Jésus » qui le fait vivre, l’essentiel étant que cela soit toujours au bénéfice de l’autre, du prochain, de l’ humanité.

Pour ceux qui voudraient que Jésus n’est jamais existé et que ce personnage soit une invention, et même si cette position est difficilement tenable, je dirai peu importe pourvu que, dans ce cas, le « personnage de fiction » corresponde au modèle d’une plénitude de l’humanité et à une vision de Dieu autre que théiste. Pourvu que ce personnage nous invite à donner notre vie plutôt que de prendre celle des autres. Tel est le comble de l’Amour. Mais ce personnage de fiction aurait-il pu être imaginé si Jésus n’avait jamais existé ?

A lire aussi Noël, une fête inattendue, par Laurent Gagnebin

 

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À propos Gilles

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a été pasteur à Amsterdam et en Région parisienne. Il s’est toujours intéressé à la présence de l’Évangile aux marges de l’Église. Il anime depuis 17 ans le site Internet Protestants dans la ville.

Un commentaire

  1. Avatar

    La réflexion théologique me paraît avoir pour tâche de protéger le mystère de la révélation.

    je n’en trouve aucune trace dans cet article

    dans l’attente de celui qui vient

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