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Padre nuestro (Notre Père)

         Au Mexique, dans le quartier pauvre d’une ville, Juan tente d’échapper à ses poursuivants mais il est capturé et enfermé dans un camion rempli de clandestins qui partent pour New York. Il fraternise avec Pedro qui espère retrouver son père, Diego, qu’il ne connaît pas et qui possède un grand restaurant. Juan profite de la naïveté de son compagnon pour le dépouiller de ses papiers le laissant sans argent et sans l’adresse du restaurant paternel. Il part ensuite à la recherche de Diego pendant que Pedro, la faim au ventre, erre dans les bas-fonds de Brooklyn pour retrouver son père.
         Les premiers plans donnent le ton, ils nous plongent dans un monde misérable et dangereux dans lequel un homme fuit pour sauver sa vie. Le spectateur assiste au parcours chaotique de Juan et Pedro, en quête d’une possible vie new-yorkaise. Livré à lui-même, Pedro illettré et peu débrouillard découvre l’envers, du rêve américain : prostitution, toxicomanie… Juan déchante car Diego n’a pas du tout la situation attendue. Diego semble détenir un lourd secret ce qui le rend méfiant envers le jeune homme qui dit être son fils.
        Il ne s’agit pas d’un nième drame sur l’immigration comme l’ont annoncé certains médias mais de deux jeunes isolés qui se croisent, se frôlent et finissent par s’opposer ; tels les frères ennemis Caïn et Abel. Il s’agit aussi de la recherche poignante du père dont l’issue inquiète le spectateur. Le symbole de l’absence du père est très prégnant, d’où le titre, mais la désillusion est grande lors de la découverte de la précarité de sa situation. Un véritable choc se produit lors de la découverte de Diègo, personnage fragile qui a besoin d’aide contrairement à l’image traditionnelle du père réconfortant, protecteur qui apporte son soutien et son aide.
            En adaptant à l’écran un roman new-yorkais de William Burroughs, Christopher Zalla réalise avec brio son 1er long métrage qui a obtenu le grand prix du jury au festival de Sundance 2007. Par la puissance narrative et  la force de la mise en scène, le spectateur assiste à l’évolution des personnages dans une véritable spirale régressive créée par leur ambiguïté et leurs erreurs. Les relations père-fils prennent toute leur intensité. Les acteurs encouragés à improviser interprètent à merveille les personnages tour à tour héroïques et lâches, sublimes et menteurs.
         C’est un film poignant qui suscite l’admiration. Retenons le nom de ce cinéaste, son avenir est prometteur.

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À propos Pierre Nambot

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