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L’influence du puritanisme sur les États-Unis d’Amérique

« Il me semble voir toute la destinée de l’Amérique renfermée dans le premier Puritain qui aborda sur ses rivages, comme toute la race humaine dans le premier homme », déclarait Tocqueville dans De la démocratie en Amérique (1835).

  En effet les « Pères pèlerins » puritains anglais du Mayflower, qui ont débarqué en 1620 au cap Cod dans le Massachusetts, fuyant les persécutions de Jacques Ier et à la recherche d’un lieu pour pratiquer librement leur religion, sont souvent considérés comme les pères fondateurs des futurs États-Unis d’Amérique.

  Si le terme « puritain » est aujourd’hui synonyme de « rigide, austère », le puritanisme est né au XVIe siècle en Angleterre pour purifier l’Église anglicane des résidus de catholicisme. Mais c’est en Nouvelle Angleterre que l’entreprise puritaine s’est développée en exerçant une influence décisive sur la formation morale et politique de la région. La première conviction principale des puritains est le Sola Gratia. La seconde est le Sola Scriptura, mais l’autorité de la Bible n’est pas seulement doctrinale : la vie civile doit être réglée selon l’interprétation puritaine des Écritures ; ceci n’est pas étranger à l’extraordinaire impact de la Bible sur la société américaine contemporaine. La troisième conviction est que l’État, l’Église, la sphère publique et la sphère individuelle sont liés, sous l’autorité divine, ce qui conduit les Puritains à militer pour une Église d’État ; cette conception disparaîtra sous l’influence d’autres courants comme le quakerisme ou le baptisme. La Constitution de 1787 garantit la séparation de l’Église et de l’État, ce qui n’empêche pas le Président de prêter serment sur la Bible, et que soit imprimé « In God we trust » sur les billets de banque… La quatrième conviction est la certitude que Dieu oeuvre avec les hommes au travers d’une « alliance ». Les Puritains estiment qu’il existe des alliances spécifiques entre certaines nations et Dieu. La société qui deviendra « américaine » éprouvera très tôt cette conviction d’une alliance particulière de l’Amérique avec Dieu, et ce sentiment perdure. Ainsi au XIXe siècle, Herman Melville, l’auteur de Moby Dick, affirme : « Nous, Américains, sommes le peuple élu, l’Israël de notre temps, nous portons l’Arche des libertés du monde. » Le président Clinton, le 1er janvier 2000, termine son discours à la nation en confirmant sa mission universelle : « Si l’Amérique respecte ses idéaux et ses responsabilités, nous pouvons faire de ce siècle nouveau une époque de paix sans pareille, de liberté et de prospérité pour notre peuple comme pour tous les citoyens du monde. »

  Liliane Crété, historienne, après un rappel sur le puritanisme, montre l’importance du thème de l’Alliance chez une des grandes figures du puritanisme, John Cotton.*

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À propos Marie-Noële Duchêne

est enseignant-chercheur retraitée en Physique (université Paris-Sud Orsay). Depuis 2004, elle s’occupe du secrétariat de rédaction d’Évangile et liberté.

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