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Le colonel Denfert-Rochereau, lion de Belfort

La place Denfert-Rochereau, à Paris , n’est pas seulement un lieu de manifestations… Le lion qui l’orne est un hommage au colonel protestant libéral qui défendit Belfort en 1870.

La place Denfert-Rochereau est un important point de repère dans le sud de Paris : station où se croisent deux lignes de métro, gare RER pour aller vers l’aéroport de Roissy, lieu de passage de la navette conduisant à l’aéroport d’Orly. Le lion de bronze, au centre de cet espace, est une icône admirable pour celui qui vous écrit.

  Ce symbole est un mémorial majestueux dédié à l’héroïque officier ayant défendu la place forte de Belfort, assiégée par les troupes prussiennes en 1870. Cet acte de résistance évita la poussée des forces ennemies sur le territoire national.

  Un esprit libre ce Pierre Marie Philippe Aristide Denfert-Rochereau (St-Maixent-L’École, 1823- Versailles, 1878) ; il prit la défense d’une autre figure éminente de l’époque : Louis Rossel – qui refusa la Légion d’honneur – fut le seul officier supérieur français à rejoindre la Commune de Paris en 1871. Ce protestant nîmois de 27 ans a été fusillé à Versailles, Adolphe Thiers ayant rejeté sa grâce.

  Le colonel Denfert-Rochereau était calviniste, lui aussi, tenant du courant libéral. Il fut délégué au premier Synode national officiel des Églises réformées de 1872. À cette occasion, le courant évangélique – auquel il s’opposait – obtint la proclamation d’une déclaration de foi, garante d’une certaine orthodoxie. Cette même année, l’Église évangélique luthérienne de France était créée. Suite à la perte de l’Alsace-Lorraine, les Inspections de Paris et de Montbéliard (dont dépend Belfort) étaient coupées du Directoire de l’Église luthérienne basé à Strasbourg. C’est à Montbéliard que repose sa dépouille, aux côtés de Pauline Surleau-Goguel, son épouse, une fille du Pays.

  Le lion de la place Denfert est la réplique de celui de Belfort, sculpture en grès rose, accrochée à la citadelle. Le monument est une création de Frédéric Bartholdi, un luthérien de Colmar. De son oeuvre immense, tout le monde connaît la statue de la Liberté, offerte aux États- Unis pour commémorer le centenaire de l’indépendance du pays. Le symbole était fort, il est devenu écrasant.

  Assez fréquemment, les grandes manifestations nationales démarrent de la place Denfert-Rochereau, pour partir sur le Boulevard Arago, passant devant le Défap – Service protestant de Mission – (au 102), puis devant la Faculté de théologie protestante (au 83), plus loin le long de l’enceinte de la prison de la Santé et continuent en direction des Gobelins. Parfois, elles s’engagent sur le Boulevard portant le nom de notre héros, ou sur le Boulevard Saint-Jacques.

  Le 22 octobre dernier, les syndicats avaient appelé à un rendez-vous national contre les licenciements et pour l’emploi. Ce jour là, les manifestants firent preuve d’imagination en recouvrant le lion d’autocollants jaunes. Cette dorure inhabituelle, un peu « bling bling », pouvait rappeler une source d’inspiration initiale de Bartholdi pour cette création : les sphinx égyptiens qu’il venait de découvrir lors d’un voyage africain.

  Le lion a depuis perdu sa toison d’or, objet de toutes les convoitises. N’oublions pas cette parole : « Là où est ton trésor, là sera ton coeur. » (Luc 12,34) La quête du voyageur, de passage en ce monde, continue.

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À propos Marc-Frédéric Muller

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