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Georges Cuvier

La glorieuse carrière scientifique de Georges Cuvier ne doit pas faire oublier son protestantisme.

   « Cuvier, ce géant de la science, cet astre salutaire qui répandait autour de lui la plus vive lumière, ce génie extraordinaire, Cuvier n’est plus. » Telles sont les paroles écrites par Duvernoy, un élève de Cuvier, après la mort de ce dernier le 13 mai 1832 à l’âge de 63 ans.

  L’homme, né à Montbéliard le 23 août 1769, a connu toute la gloire et les récompenses qu’un scientifique pouvait recevoir ! Académie des sciences, professeur de l’École Centrale, chaire d’anatomie comparée au Muséum, membre de l’Académie des sciences et secrétaire perpétuel en 1803, membre de la Royal Society en 1806, Académie Française en 1818, Légion d’honneur, Conseiller d’État en 1814, élevé à la dignité de Baron, Pair de France en 1831… Il est inspecteur des études en 1808 et chancelier de l’Université ; grâce à cela, il favorise l’enseignement de l’histoire et des sciences. Quel est cet homme ambitieux et couvert d’honneurs ?

  Cuvier était de famille modeste et destiné à être pasteur. Son échec à l’entrée du séminaire le conduit vers une autre vie : il poursuit des études scientifiques à Stuttgart où il est élève d’un botaniste célèbre Johann Simon Von Kerner. Il part ensuite pour la Normandie comme précepteur dans la famille du comte d’Héricy, famille protestante du pays de Caux. Durant ce séjour, il constitue un herbier, étudie les mollusques et aussi les fossiles, continue à étudier l’histoire naturelle… Pour ce jeune scientifique tout bascule en 1795 quand Alexandre Tessier l’appelle à Paris, ce qui lui permet d’être admis au Jardin des Plantes (anciennement Jardin du Roi), pépinière de savants tels Buffon (mort en 1788), Geoffroy Saint-Hilaire, Daubenton, Lamarck, Linné, etc.

  De renommée internationale, Cuvier reste dans les mémoires comme le père de la paléontologie moderne. Il est le fondateur de l’anatomie comparée et de la corrélation des formes. Selon cette théorie, il existe entre tous les organes d’un animal une subordination telle que, de la connaissance d’un seul organe, on peut déduire celle de tous les autres. Ainsi, à partir d’un os fossile découvert dans les gypses de Montmartre, Cuvier reconstitue l’animal entier : le paléothérium périssodactyle, inconnu jusque là. La suite des fouilles dans la carrière permet de retrouver l’ensemble du squelette du paléothérium, prouvant l’exactitude de sa méthode.

  Ainsi sera découverte une foule d’animaux disparus, reconstitués à partir de restes fossiles, comme le très célèbre ptérodactyle. Cuvier va classer les animaux en ordre, famille, genre et espèce. Cette classification est toujours en vigueur…

  Ces résultats importants ne masquent pas ses erreurs : Cuvier est fixiste, créationniste et catastrophiste ! Pour lui, le monde actuel a 6 000 ans, il a été crée de toute pièce à la suite d’une catastrophe qui a détruit la vie d’un monde précédent. Les espèces créées par Dieu sont fixes, elles n’évoluent pas. Évidemment, on reconnait là les thèses de certaines Églises d’aujourd’hui ou de l’islam. Cuvier s’opposera toute sa vie à Lamarck, fondateur du transformisme et pionnier des théories évolutionnistes.

  Cuvier, né dans le protestantisme, est resté toute sa vie un protestant actif et la « Sola scriptura » (l’Écriture seule) doit être à l’origine de cette manière de voir qui semble cohérente à l’époque. Cuvier, bibliste et créationniste, cherchait la preuve de ses idées dans la science. Protestant, Cuvier dans sa gloire n’a pas oublié ses coreligionnaires. En 1822 alors qu’un évêque est nommé à la tête de l’université, il est nommé grand maître de la faculté de théologie. En 1824, il est membre de la commission instituée par ordonnance royale concernant les Églises protestantes. Enfin, en 1827, les cultes non catholiques forment une division du ministère des cultes, la direction en est confiée à Cuvier jusqu’à sa mort. On doit à Cuvier la création d’une cinquantaine de postes de pasteurs !… Sa fille Catherine, morte à 22 ans – Cuvier a perdu ses quatre enfants –, a fondé de nombreuses institutions et oeuvres de bienfaisance.

  Ainsi Cuvier, qui estimait le théologien Samuel Vincent (1787-1837, pasteur libéral qui donnait à l’Écriture précédence et prééminence par rapport au dogme), et sa fille ont pleinement participé au renouveau du protestantisme du XIXe siècle : la pério de du Réveil.

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À propos Vincens Hubac

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est pasteur de l’Église protestante unie de France au Foyer de l’âme, à Paris. Il est engagé dans la diaconie et intéressé par le transhumanisme.

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