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Catéchèse et transmission

Le mot « catéchèse », qui vient du verbe grec katèkheïn (« faire retentir » ou « faire résonner ») a la même étymologie que « écho ».

 

  La catéchèse est définie dans le Petit Robert comme « l’enseignement oral de la religion chrétienne ». La catéchèse est-elle assimilable à un enseignement ?

 

  Dans l’Église primitive, la catéchèse désigne les éléments essentiels du christianisme transmis dans le cadre de la préparation au baptême. Le premier exemple rapporté est sans doute celui de Philippe qui, à partir de l’Écriture, annonce la Bonne nouvelle à l’eunuque éthiopien avant de le baptiser (Ac 8,26-40). L’Église médiévale, elle, exigeait la connaissance de textes (Symbole des apôtres, Notre Père…) et contrôlait ces connaissances dans le cadre de la pénitence annuelle avant le baptême. C’est la Réforme qui a introduit le « catéchisme » et produit des manuels destinés à tous (1529 : Petit et grand catéchisme de Luther, 1542 : Catéchisme de l’Église de Genève de Calvin). Dès ses débuts le protestantisme a voulu donner à ses fidèles une importante formation biblique. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la pratique catéchétique fut essentiellement biblique, certes, mais doctrinale ; depuis elle a été obligée d’évoluer car l’intention doctrinale n’atteignait plus son but.

 

  Aujourd’hui, dans la plupart des cas, la vie familiale est areligieuse ; les jeunes vivent dans une société déchristianisée, multiculturelle, hétérogène. La catéchèse doit aider à faire des choix, aider les individus à se construire et non à reproduire des modèles.

 

  On est revenu à l’étymologie du mot catéchèse : « faire résonner la Parole ». Il y a trois conditions à la résonance : d’abord partir de la Parole, de la Bible comprise et actualisée, ensuite trouver les outils, la pédagogie, enfin avoir pris conscience des questionnements de chaque individu.

 

  La foi ne se transmet pas. Jésus de Nazareth le sait bien ; jamais il ne dit à quelqu’un « je t’ai sauvé », mais « ta foi t’a sauvé ». Ce qui peut se transmettre c’est l’apprentissage de la lecture de la Bible en étant traducteur pour retrouver les expériences d’aujourd’hui dans des textes dont le mode d’expression nous est complètement étranger.

 

  « La transmission ne saurait se jouer dans la répétition. Elle appelle cette incessante révision de nos formulations et de nos langages, ce risque de traductions nouvelles où résonne l’Évangile aujourd’hui. » (Gérard Delteil, Évangile et liberté, n° 183 – nov. 2004).

  Maurice Baumann, Professeur de théologie à la Faculté de Berne, est l’auteur de Jésus à 15 ans. Didactique du catéchisme des adolescents (Labor et Fides, 1993) et Le protestantisme et l’école (Labor et Fides, 1999). Le texte que nous publions ici est celui de son intervention remarquable aux Journées d’Évangile et liberté 2010, à la Grande Motte.

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À propos Marie-Noële Duchêne

est enseignant-chercheur retraitée en Physique (université Paris-Sud Orsay). Depuis 2004, elle s’occupe du secrétariat de rédaction d’Évangile et liberté.

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