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Biutiful

Uxbal n’a jamais connu son père, il a perdu sa mère très jeune. Son épouse est atteinte de bipolarité occasionnant de violentes crises l’obligeant à élever seul sa fille et son fils. Uxbal n’a jamais été aussi seul, face à ses souvenirs, ses blessures ses angoisses et ses douleurs. Son passé a été une catastrophe, le présent n’est que misère et l’avenir sera prochainement la mort car il est condamné à court terme par une maladie incurable. Il veut néanmoins subvenir aux besoins de ses enfants et les mettre à l’abri mais il n’a guère le choix, il se compromet dans des affaires sordides.

   Nous sommes à Barcelone ville connue pour sa luminosité et ses couleurs mais le cinéaste nous montre des rues sombres où règnent la pauvreté et une atmosphère lugubre. Ce cadre, dans lequel Uxbal erre, souligne le désespoir de cet homme victime d’une intense douleur physique et morale. Le paroxysme est atteint lorsque les clandestins, qu’il fait travailler, meurent suite à une imprudence qu’il a commise.

   Nous retrouvons ici un des thèmes favori de González Inárritu: la misère sociétale. Inarritu, dont la mise en scène est toujours parfaitement maîtrisée, aborde beaucoup de sujets: l’exploitation des clandestins chinois et africains, l’agressivité des forces de police, les scènes d’une très grande brutalité, la fragilité d’une femme perdue victime de sa propre maladie, la souffrance physique et morale d’un homme face à la mort. A vouloir trop en faire, le cinéaste finit par survoler chaque sujet et la succession excessive d’événements tragiques donne une noirceur terrifiante au film dans lequel tout semble s’écrouler. Le misérabilisme prégnant et l’image obsessionnelle de la mort conduisent le spectateur à prendre ses distances. Ainsi, il ne peut malheureusement pas accorder suffisamment d’importance à ce père héroïque, incarné par Javier Bardem, époustouflant et qui a bien mérité le prix d’interprétation à Cannes.

 

   C’est un film aride, terrifiant, aux contours funestes, qui enserre le spectateur et le plonge dans une noirceur éprouvante. Les âmes sensibles peuvent en être marquées.

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À propos Pierre Nambot

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