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Beauté et spiritualité

La beauté est un mystère qui fait appel à la sensibilité, à l’émotion, à la mémoire, au plus intime de notre être. Elle est donc proche de la spiritualité ; Jacques Vilon examine leur convergence.

La beauté ne se décrète pas, elle se ressent. Elle est à la fois individuelle, souple et multiforme, car elle nous touche, chacun d’entre nous différemment, s’adapte à nos humeurs, et sollicite plusieurs de nos sens. Elle est mystérieuse et c’est ce mystère qui en fait l’antichambre de la spiritualité.

  La spiritualité est pour moi d’un accès difficile, et la beauté est une passerelle efficace pour tenter d’atteindre une sérénité, prélude à une forme de spiritualité. Beauté qui, par son mystère, permet d’apprivoiser un mystère encore plus grand.

  À cette dimension verticale, s’ajoute une dimension horizontale, car elle ouvre une communion avec tous ceux qui, de près ou de loin, partagent cette ferveur ; mais aussi communion d’esprit avec tous ceux qui ont pensé, construit, écrit, peint ces chefs-d’oeuvre ; qu’ils soient les géniaux architectes, peintres, verriers, écrivains, musiciens, ou les humbles tâcherons, ils sont allés au-delà de leurs métiers, ils ont élaboré le réceptacle du mystère.

  Pourquoi tant d’efforts, tant d’abnégation juste pour honorer un dieu, une croyance, dans un monde de pauvreté et de misère ?

  Une réponse possible se trouve dans la recherche quasi obsessionnelle des hommes à faire converger la spiritualité et la beauté, beauté des lieux, mais aussi beauté des textes, des chants et musiques ; et in fine que reste-t-il des religions anciennes si ce n’est leurs oeuvres d’art ?

  La beauté au travers de l’art n’est-elle pas par son exigence un complément indispensable à la spiritualité, le terreau nécessaire à toute démarche mystique pour s’épanouir ?

  L’art n’est pas spirituel en lui-même, et le spirituel n’est pas nécessairement artistique, mais ils ont le point commun d’obliger l’homme à passer du visible à l’invisible, à s’émerveiller en dehors de toute rationalité, et par conséquent à transcender ses incertitudes.

  Si le spirituel relie les hommes à la transcendance sans souci d’appartenance, la beauté sert de trait d’union entre l’homme et le sacré. Elle est aussi le trait d’union qui relie les époques entre elles, de même qu’elle peut être un trait d’union entre les différentes religions.

  Dans nos croyances, lorsque nous essayons de nous représenter l’invisible, nous ne pouvons imaginer un dieu laid. Dieu a toutes les qualités et est forcément beau. Beau pour moi, beau pour les autres, beau dans toutes les époques, beau dans toutes les religions. À partir de là, il est normal que les temples et les églises soient le reflet de celui qu’ils célèbrent, que les chants et musiques soient aussi mélodieux que possible, et que les peintures et images soient le témoignage de la ferveur humaine. Aussi quoi de plus naturel que de faire réaliser ces oeuvres par des artistes de génie. L’artiste par sa capacité à sublimer la réalité nous force à entrer dans le monde de l’inexplicable où l’émerveillement fait place à la raison pure.

  Certainement, cette réflexion n’est pas tout à fait dans l’air du temps. Mais qu’importe, il me plaît de penser que si chaque humain prenait le temps de s’asseoir une heure par semaine dans ces lieux magiques, sans parler d’office ou de religion, mais simplement pour réfléchir, le monde irait très probablement un peu mieux.

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