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Albert Camus nous inspire

La mort fige le temps. À partir de réflexions de Camus sur l’amour et la mort, C. J. Izard propose une application de ces idées au christianisme, religion de l’amour. À l’occasion du centenaire de la naissance de Camus, ces lignes disent l’importance pour le croyant de la parole d’un agnostique.

  Dieu, dit-on, fait feu de tout bois. En février 1941, Camus a enfin terminé Le Mythe de Sisyphe. Celuici débute par cette phrase : « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. » Ce dernier n’étant que la réaction de l’homme confronté à l’absurdité du monde. Camus développe ensuite sa conception de l’absurde. Pour lui, la vie est absurde et si l’on vient à méditer sur la mort « il est décent, précise-t-il, de se garder du pathétique ». On voit qu’elle est l’absurde par excellence. Quant au déroulement de nos vies qu’accompagnent « joies et douleurs », celles-ci l’emportent sur celles-là : « Ce sont nos nuits de Gethsemané. »

  Or deux ou trois ans plus tard, Camus écrit dans l’un de ses cahiers intimes : « La mort donne sa forme à l’amour comme elle la donne à la vie… et à son destin. Celle que tu aimes est morte dans le temps où tu l’aimais et voici désormais un amour fixé pour toujours, qui sans cette fin se serait désagrégé […]. Sans la mort, le monde serait inachevable. » Quand on est un peu familier de Camus, on sait que cette affirmation n’est pas celle d’un écrivain à la recherche d’une originalité facile. L’expérience démontre la vérité de ce propos.

  Mais il faut aller plus loin. En effet, la réflexion de Camus éclaire singulièrement ma lecture des Écritures et tout spécialement celle du Nouveau Testament. Le christianisme est la religion de l’amour : amour de Jésus-Christ pour ses proches, ses amis, pour le monde. Aussi pour ceux qui l’on trahi, persécuté, condamné, exécuté. Il suffit de parcourir l’Évangile pour s’en rendre compte. Mais comment comprendre cet amour après la disparition de Jésus : amour allant parfois jusqu’au martyre ? C’est là que la réflexion de Camus prend tout son sens.

  C’est sur la croix, dans sa mort, que l’amour de Jésus est scellé à jamais dans le coeur et la mémoire des disciples présents et à venir.

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