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7. Comment nourrir son âme ?

Manger pourrait être une façon d’entrer en relation, physique ou symbolique, avec Dieu.

   Comment la nourriture pourrait-elle mettre l’être humain en relation avec son Dieu ? Examinons deux hypothèses… Première hypothèse, la nourriture permettrait une relation physique avec Dieu. En vertu de l’adage « on est ce qu’on mange ! », l’être humain prendrait la religion de ce qu’il mange. Certains chrétiens défendent une telle conception. Il y a ceux qui veulent gagner le paradis en ne mangeant que ce que Dieu a donné aux êtres humains dans le jardin d’Eden. D’autres préfèrent un régime plus évangélique, moins drastique, mais toujours un peu monotone : manger exactement ce que Jésus aurait mangé. Certains protestants polynésiens plaident pour le régime du fenua : ils mangent la nourriture locale, celle que produit le fenua – la terre-mère que Dieu leur a donnée – pour rester en relation avec Dieu. Certains chrétiens enfin mangent une hostie pour s’incorporer le corps du Christ.

   Seconde hypothèse, la nourriture indiquerait symb oliquement la relation avec Dieu. Ceux qui préfèrent cette manière de penser – et j’en suis – estiment que, selon le principe du signifiant et du signifié, un aliment peut indiquer certains aspects de Dieu, de l’être humain et de la relation qui les unit. La nourriture fonctionne comme un symbole dont le sens dépend d’un cadre de référence. Ainsi, c’est dans la communion qu’un pain, constitué d’innombrables épis, peut signifier le rassemblement de la communauté. C’est dans une Église polynésienne que la noix de coco, parce qu’elle donne à boire et à manger, peut signifier l’unité de la personne du Christ. C’est en Suisse qu’un gâteau aux pruneaux mangé le jour du Jeûne Fédéral, peut signifier la repentance par la privation. C’est à l’Épiphanie que la couronne des rois peut rappeler la visite des mages ; et c’est dans l’esprit d’un théologien protestant gourmand que le chocolat peut résumer la foi chrétienne, puisqu’il mélange l’amertume de la Passion et la douceur de la Résurrection…

  • Pour aller plus loin : Olivier BAUER, “Le protestantisme à table”, Genève, Labor et Fides, 2000.

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