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3. L’Esprit, c’est l’humilité !

« Désigner l’Esprit comme l’inspirateur » est, pour Jean- Marie de Bourqueney, une bonne façon de relativiser « La Vérité », et de se mettre à l’écoute de Dieu.

  L’Histoire comme nos histoires nous montrent qu’il faut se méfier de nos euphories. Combien de révolutions et de libérations ont fini dans le sang et la dictature ? Même l’élan quasi mystique de « notre » Révolution française s’est noyé dans la Terreur puis dans l’Empire avec un Napoléon qui rétablit l’esclavage. Ce qui gangrène nos élans de libération, de découverte, c’est notre appétit du pouvoir : pouvoir politique, religieux, pouvoir du savoir (« moi, je sais les autres ont tort »). L’esprit de nos idées contient sans doute les germes possibles de nos tragiques dérapages. Tout communisme risque son stalinisme, toute religion son intégrisme.

  Lorsque Paul s’adresse au Corinthiens, il ne dit rien d’autre : « Personne ne peut dire : “Jésus est le Seigneur !”, sinon par l’Esprit saint. » (1 Co 12,3b). Désigner l’Esprit comme l’inspirateur, c’est désigner Dieu comme l’ultime et non nos constructions humaines. C’est même changer le champ sémantique de la Vérité. Elle n’est plus d’ordre conceptuel ou dogmatique, mais dans le registre de l’expérience.

  Mais ce qui est curieux, c’est que ceux qui invoquent sans cesse l’Esprit aujourd’hui sont les mêmes qui veulent nous assener leurs dogmes et leurs pratiques comme LA Vérité biblique. Qui sont-ils pour prétendre tout savoir et jeter leurs anathèmes sur tout ce qui ne pense pas comme eux ? Qui sont-ils pour vouloir « guérir » au nom de l’Esprit tous ceux qui ne vivent pas comme eux ? La meilleure façon de rendre l’Esprit absent est de l’invoquer sans cesse pour justifier de ses propres idées. Nul n’a le monopole de l’Esprit, pas plus que celui du coeur.

  L’esprit n’a d’ailleurs jamais demandé à être « invoqué » pour se rendre présent. Il est cet indicible souffle discret, autant que ce dynamisme créateur de Dieu. Si l’on « ne sait d’où il vient ni où il va » (Jn 3,8), c’est précisément parce que nous avons à nous mettre à l’écoute. Ce n’est pas en parlant plus fort ou en répétant « Alléluia » à chaque minute que l’on entendra mieux l’Esprit, c’est en ouvrant ses oreilles…

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À propos Jean-Marie de Bourqueney

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est pasteur de l’Église protestante unie. Il est actuellement à Paris-Batignolles. Il est notamment intéressé par le dialogue interreligieux et par la théologie du Process.

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