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3. Le miel est doux mais une abeille ça pique

Pour le troisième volet de la série « Manger », Louis Pernot, pasteur et apiculteur, fait un parallèle entre le miel et la Parole.

   Pourquoi la Terre promise est-elle présentée comme un pays où le miel se trouve en abondance ? Sans doute parce que le miel est, dans l’Écriture, signe de douceur. Ce que Dieu nous promet, c’est la plénitude de sa présence, présence qui est une nourriture, une source de force et de vie, et aussi quelque chose d’infiniment doux et agréable.

   Mais dans la nature, et même dans la Terre Promise, le miel ne se trouve pas tout conditionné en pots. Le miel est doux, certes, mais il est extrêmement difficile à récolter. De même, la présence de Dieu, la foi, sont des choses merveilleuses, mais qui ne s’achètent pas en supermarché, il y a tout une démarche personnelle, une quête pour les obtenir.

   Le miel est fait par les abeilles, or « l’abeille » se dit « Deborah » en hébreu, et ce mot n’est rien d’autre que le féminin du mot « Dabar » qui signifie « la parole ». Voilà un premier indice : la présence de Dieu dans nos coeurs est produite par la Parole de Dieu ; c’est en écoutant, en méditant cette Parole que notre foi peut très progressivement se constituer et grandir.

   Mais une abeille ça pique ! Aller récolter du miel est donc quelque chose de difficile, il faut de la méthode et du courage. Le croyant doit en avoir aussi : la parole de Dieu n’est pas une chose sirupeuse facile à avaler, elle est d’une approche difficile, elle nous contrarie, nous blesse parfois ; il faut se battre avec elle pour pouvoir y prélever les quelques grammes de vie et de douceur qu’elle peut nous donner.

   Et même, quand on prélève enfin les rayons, il ne faut pas tout gober sans discernement. La cire n’est pas bonne à manger. Il faut dans cette Écriture faire un travail critique, prendre ce qui est bon et nourrissant, et laisser le reste.

   Mais l’apiculture aurait-elle autant d’intérêt si les abeilles ne piquaient pas ? La vertu principale de la Parole, c’est de nous nourrir… mais aussi de nous aiguillonner pour nous mettre en mouvement et nous contraindre à agir avec intelligence et attention, tout en sachant, comme les abeilles, se nourrir du meilleur que produit le monde, en laissant de côté le reste.

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À propos Louis Pernot

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est pasteur de l’Église Protestante Unie de France à Paris (Étoile), et chargé de cours à l’Institut Protestant de Théologie de Paris.

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