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Courrier des lecteurs

Numéro 311 aout-septembre 2017

Merci à Jean-Marc Tétaz
pour « l’Église face aux mutations de la Société » : l’article est une autre facette de l’« esquisse d’une théologie agnostique » de M. Barlow, dans le numéro de mars 2017 de É&l. L’argumentation de J M. T est plus élaborée, il ne fait pas le tri de ces choses que « la raison » n’accepte pas, mais il donne une ouverture que je reçois comme « un nouvel envoi en mission ». Le détail des stratégies reste à élaborer. J’aimerais une orientation encore plus précise à ce sujet, néanmoins la boussole est activée. Les Églises issues de la Réforme sont ainsi interpellées pour constater l’état des lieux, invitées à tenir compte de ce que beaucoup du christianisme est passé dans la société civile sans que cette dernière ne s’en aperçoive, ni ne confesse bien évidemment dogmes et croyances « impossibles pour la raison ». Ces constats et leurs conséquences proposent un horizon de sens plutôt qu’un embrigadement qui n’intéresse plus personne. Je note une petite parenté avec des attitudes décrites dans le journal d’Etty Hillesum lorsqu’elle parle de son engagement hors normes inspiré par la Bible car recentré sur les personnes. Je redoute au demeurant les positions de quelques-unes de nos paroisses peut-être dans les terres de tradition protestante, plus fortement refermées sur les personnalités locales du passé, conservant une théologie étriquée et donc peu apte à évoluer.
Le rôle de nos pasteurs est difficile pour cumuler formation théologique, psychologique, anthropologique et la communication moderne. L’activité d’Alain Houziaux – dont je ne connais pas les détails – s’efforce, relayée par des laïcs à compléter, dire autrement une pluralité qui confirme le sens de la vie. Celui-ci n’est pas principalement de confesser les dogmes ni même les croyances. La loi dans l’Évangile donne une primauté à l’amour, amour pour Dieu annoncé pour les personnes comme aide, comme proposition de plénitude de vie, de service dans l’immédiateté, de façon à ce que l’Église éclaire la quête de sens partout exigée. Renforçant l’appel du théologien Hans Kung au Pape, on peut ajouter « Églises de la Réforme sachons nous adapter. » Prions pour le renouvellement de la mission.

Pierre Manivit.

 

Numéros 310 juin-juillet 2017

Juste un mot pour dire que l’éditorial d’Évangile et liberté d’avril m’a bien plu, comme très souvent d’ailleurs ! Je vois le christianisme avant tout comme une source d’inspiration et de questionnements, une dynamique intérieure et non pas un ensemble de pratiques rigides ou de croyances inamovibles. Mais ce n’est pas non plus une simple culture ; ce serait trop réducteur, et c’est plus qu’une philosophie. Un esprit rationnel étroit affadirait le sens profond du christianisme. On peut être rationnel et spirituel. Michel Montet, La Garenne-Colombes.

 

Lecteur assidu et heureux d’Évangile et liberté, je me souviens de la rubrique « Questionner » qui répondait à certaines de nos questions. Aujourd’hui, nous continuons d’avoir besoin de recevoir, en hommes du XXIe siècle, la traduction des réponses de Jésus, répandues par l’Église à une autre époque et dans une autre culture, sur certains sujets dont je propose les suivants : – Qui est Dieu ? Qui est Jésus ? Qui est l’(le Saint) Esprit ? Quel(s) rapport(s) avec nous ? Où sont-ils ? – Y a-t-il une autre vie avant la mort, et après ? Quelle espérance pour nous ? – Les « œuvres » de Jésus, sa résurrection, son exaltation : Que croire ? – Le péché, le mal, le démon, Satan et la « rédemption » : Que comprendre ? – « … mon corps livré pour vous, mon sang répandu pour la multitude en rémission des péchés » : à ignorer ou quoi ? – Quelle est cette offre, cette bonne nouvelle valable pour chacun aujourd’hui, proclamée il y a vingt siècles en Palestine ? Remerciements anticipés à qui pourra et voudra nous partager sa lumière sur un point ou un autre ! Michel Fournier, Charenton-le-Pont.

 

Bultmann et la prédication

Réaction au dossier Rudolf Bultmann de Pierre Bühler (no 307 ; mars 2017)

 Mon eurêka ! Dossier sur Rudolph Bultmann ou le souci de l’existence croyante.
Une lampe frontale : l’introduction du dossier par Laurent Gagnebin. Un fil conducteur et une rambarde de sécurité : Pierre Bühler ; ma fiche perso : « La théologie n’a de sens que si elle débouche sur cette tâche de proclamer le “kérygme” (les textes véhiculent un message existentiel que Bultmann caractérise à l’aide du
terme grec “kérygme”, proclamation de la foi… proclamer = prêcher) – ce message interpelle le lecteur dans son existence, l’appelant à une compréhension de soi nouvelle – que l’exégète fait ressortir des textes et qui, par le ministère du prédicateur, vient interpeller les humains d’aujourd’hui ». Voilà pourquoi j’aime les prédications et les prédicateurs, dont le message exigeant et rigoureux interpelle mon intuition et mon intelligence ; ce message qui me transforme, me donne accès à des champs inconnus suscitant l’élan enthousiaste vers la vie et l’humanité. Comme une confirmation de mon « existence croyante ».

Françoise Majal, Paris.

 

Suite à l’article de Sylvie Queval

Pourriez-vous faire passer, à la suite de l’article de Sylvie Queval, dans le no 305 : je suis aussi une maman ayant perdu un enfant, je ressens tout à fait la même chose. Je voudrais faire savoir qu’il existe une association de parents endeuillés,
dont je fais partie. Il s’agit de « Jonathan Pierres Vivantes ». Nous nous apportons une aide morale et spirituelle.

Adresse: jonathanpierresvivantes@orange.fr    

Josette Magnon, Montélimar.

 

Nommer Dieu sans l’enfermer

Je suis très touchée (au sens fort du terme) par l’article de Mme Isabelle Grellier Nommer Dieu sans l’enfermer (no 306) : expression et profondeur de ma propre conviction personnelle et communautaire de ma foi.

Petite confidence : au moment où l’assemblée se lève pour réciter ou écouter un credo je m’assieds juste après la première expression je crois ou croyons car la suite me navre… c’est aussi ma liberté. Quelle part est laissée au mystère dans ces formules ?

Bravo pour cette belle écriture à ce sujet continuez ainsi cela me fait du bien.

Anne Pierredon Vassard, Quetigny.

 

 

« Au prix de son sang… »

La rédaction de notre revue a choisi de faire paraître un texte de Jean Calvin en dernière page du numéro de décembre.Je réagis à ce texte qui me paraît profondément ambigu, il aborde l’essentiel de notre foi, de mon adhésion au message évangélique : le pourquoi de la torture à mort par la crucifiction de Jésus de Nazareth, le Christ et ….ses conséquences !!! Je ne peux accepter ce texte, au nom du “nous communauté”, car “je” résiste et combat depuis toujours la théologie de la mort du Christ qui “sauve” notre humaine condition par une mort atroce. Il ne peut y avoir de monnaie d’échange dans l’économie du Royaume. La mort du Christ Jésus, son humiliation se dressent en signe de protestation contre tous les pouvoirs du monde : mort inéluctable !!! parce les pouvoirs du monde insupportaient son Message . Évangile et …liberté de réagir dans le dialogue, l’herméneutique ne peut avoir de point final. Bien fraternellement à vous Robert Bastide

L’annonce du pardon

Dieu sait que je ne suis pas toujours d’accord avec ce que [Jean-Marie de Bourqueney] écrit, loin de là ; mais cette fois j’adhère totalement à son article (Évangile et liberté n°304, p. 20) ; il nous faut lutter contre ce que j’appelle la “culpabilisation originelle”, qui est véhiculée par ceux qui accros à la Genèse et qui donne lieu à des prières de repentance excessives et stériles. Pierre Wattecamps

 

Bibles en langue anglaise. Quelques précisions.

Je suis un des traductrices en anglais des articles d’Évangile et liberté pour la version online et je suis en train de traduire le dossier sur les Quakers dans le numéro de juin-juillet. Je note une erreur dans le paragraphe « Les sources de référence » quand l’auteur affirme que la première Bible en anglais est celle de 1611, connue souvent comme the King James version. La première Bible en un anglais reconnaissable encore aujourd’hui serait celle de John Wyclifff de 1380.
La première version imprimée (1525-26) est celle de William Tyndale (pourchassé et brulé vif pour tous ses efforts). Myles Coverdale a complété la traduction et seulement trois ans après la mort de Tyndale, Henri VIII a décrété que toutes les Églises du royaume devaient rendre disponible au public une copie de la Bible. Pendant le règne de Mary Ire (catholique) beaucoup des réformateurs les plus connus (Myles Coverdale fut l’un d’entre eux) se sont enfuis à Genève ou ils ont produit the Geneva Bible (1560).

Il est vrai que the Authorised Version, connue aussi comme the King James Version, utilise une grande partie de la traduction de Tyndale, mais c’est aussi clair que celle-là n’est certainement pas « la première version en anglais ». Sara MacVane, Bagnolet.

 

Le pacifisme… jusqu’où ? J’ai lu avec intérêt l’article de Françoise Tomlin publié dans le n° 300 d’Évangile et liberté concernant les Quakers et, bien que membre de l’Église protestante unie de France 2016, je ne m’y suis pas véritablement senti dépaysé. J’ai toutefois été mis mal à l’aise par l’affirmation que les Quakers sont presque tous « pacifistes et objecteur de conscience ». En effet, si j’admets qu’il est généralement préférable de choisir le chemin de la paix plutôt que celui de la guerre les accords de Munich tendent à démontrer qu’il n’en va pas toujours ainsi… Admettons qu’il aurait pu en être autrement si MM Daladier et Chamberlain s’étaient montrés plus fermes face à Hitler, mais reste qu’il n’en a pas été ainsi et que le régime Nazi a été la cause de ces millions de morts innocents des camps d’extermination. Que M. Gilbert Lesage ait reçu le titre de « Juste parmi les nations » pour avoir sauvé des centaines de juifs en toute discrétion (et avec tous les risques que cela représentait) est tout à son honneur et certes pleinement justifié, mais… Mais ce ne sont pas ces actions qui ont entraîné la chute du nazisme. Il est plus que vraisemblable que ce régime n’aurait pas duré mille ans comme l’affirmait Hitler, si je ne m’abuse. Cependant il aurait probablement pu subsister pendant plusieurs décennies supplémentaires comme l’ont montré d’autres régimes autoritaires. Bien évidemment on peut objecter qu’il y a le Décalogue, dont le verset 13 du chap. 20 du livre de l’Exode a été traduit par L. Segond par : « Tu ne tueras point. » mais que la T.O.B a rendu par : « Tu ne commettras pas de meurtre. » Oui, mais que dire alors de toutes les condamnations à mort visant celui qui frappe un homme à mort, celui qui frappe son père ou sa mère, celui qui commet un rapt, celui dont le bœuf mal surveillé a provoqué la mort d’un homme, et encore celui qui aura profané le sabbat, ou qui aura commis un adultère, ou qui se sera livré à la divination, etc. Et que dire également de la prise de Jéricho : « Ils vouèrent à l’interdit tout ce qui se trouvait dans la ville aussi bien l’homme que la femme… les passant tous au fil de l’épée. » Pour moi, le seul objecteur de conscience que je sois en mesure d’admirer (?), c’est celui qui face à un ennemi qui s’apprêterait à le tuer refuserait de se défendre quand bien même il en aurait la possibilité. Il est dit que certains objecteurs de conscience ont, lors de la Seconde Guerre mondiale, accepté, ce dont je ne doute pas, la mission, ô combien périlleuse, de démineurs, prouvant ainsi leur attachement à leur pays. Bien évidemment ils n’ont pas porté les armes, ils n’ont pas donné la mort à d’autres hommes, mais à la fin de la guerre ils ont quand même bénéficié (profité ?) de l’action des autres combattants. Reste ensuite à déterminer si la victoire n’a pas été source d’autres injustices… Maurice Camincher, Les Pavillons sous Bois.

 

 Une question de citation

Je veux ajouter une précision au sujet de l’article de Nezha Zhegari, « Le terrorisme c’est l’anti-islam », p. 20 du n° 300. Je suis de l’avis de l’auteur, et je lutte comme elle contre les lectures déviantes littéralistes des textes dits « sacrés », qu’ils soient coraniques ou bibliques ou autres. Mais il faut rester honnête dans les citations. Ici, l’auteur cite justement la sourate 2,190, mais elle omet de citer la suivante, 2,191 « Tuez-les partout où vous les rencontrerez » ! Il faut ici souligner que le Coran (mais plus rarement qu’on ne le dit) rejoint la Bible :« Quand Israël eut achevé de tuer tous les habitants d’Aï et que tous furent tombés sous le tranchant de l’épée jusqu’à leur extermination… » (Jos 8,24 mais aussi 10,20 ; 11,14 et autres). Comme le dit l’apôtre Paul, « La lettre tue, l’Esprit vivifie » (2 Co 3,6). Les références fondatrices de l’islam comme du judaïsme ou du christianisme peuvent suggérer la nécessité de tuer par massacres, et l’histoire de nos religions le prouve, hélas ! Mais s’impose à tout lecteur des textes fondateurs le devoir de les interpréter selon l’Esprit, pour y puiser le langage de notre XXIe siècle ouvrant sur une foi crédible. C’est ce qu’écrit le théologien musulman Ghaleb Bencheikh (Alors, c’est quoi l’islam ?), « Le salut réside dans la lecture moderne des textes exégétiques. Nous devons les dépoussiérer et savoir les réactualiser pour une promotion vers l’authentiquement humain. » C’est ensemble, religieux de toutes confessions, de toutes traditions, que nous devons nous atteler à la lecture dépoussiérée de nos textes fondateurs. Jean Dumas, Montjoux.

 

 

Excellent, ce no 298 ! L’article de Guillaume Monod est extrêmement intéressant, car il donne un éclairage qui n’est pas le fruit de prises de position théologiques ou éthiques, mais celui issu de l’expérience et de la réalité vécue. À ce titre, il oriente la réflexion face à des situations concrètes et offre un utile outil d’appréhension de la problématique, clair et systématique, et des pistes de recherche de solutions. Très bon article du pasteur Pernot sur la résurrection. J’aimerais maintenant revenir sur l’article de Mme Abigaïl Bassac. J’aime son ton vif ; j’aime son approche des choses, qui n’a pas seulement pour objectif de « culbuter » les idées reçues, mais témoigne d’une réflexion de fond. J’aimerais toutefois lui faire part de deux remarques : 1.- Lorsqu’elle écrit « Même si cette idée me semble absurde » (bas p. 2), ne cherche-t-elle pas à réduire Dieu à des schémas terrestres et humains ? Pourquoi Dieu se limiterait-il aux lois physiques, biologiques et logiques qui président au fonctionnement des choses ici, sur cette terre ? Pourquoi exclure l’irruption d’autres modèles ? 2.- Du même ordre, lorsqu’elle dit que la « fécondation magique » n’est certainement pas une bonne nouvelle pour toutes les femmes qui souffrent de ne pouvoir être enceintes, pourquoi vouloir appliquer à Dieu notre conception de l’égalité : ce qui est bon devrait être étendu à tout le monde ? Y a-t-il inégalité de traitement, donc injustice, à ce que Dieu fasse une « exception » avec Marie ? C’est plutôt une bonne nouvelle de se dire que, s’il en a fait une avec elle, il peut en faire avec moi et avec chacun d’entre nous, dans l’ordre des choses qu’il jugera opportun à chacun. À part cela, je vous réitère mes remerciements pour la qualité de votre publication mensuelle (je peux imaginer qu’un mois c’est court lorsqu’il s’agit de rassembler autant de matières et éditer 30 pages). Avec mes cordiaux messages à la rédaction et aux rédacteurs, Jean Roussy, Céligny (Suisse)

 

Dans son bref article « Dieu aujourd’hui », (E&L no 298), Gilles Castelnau évoque la pratique d’un ancien prêtre catholique consistant à toujours écrire « Dieu » entre guillemets. C’est une manière prudente et délicate d’utiliser ce mot, auquel les humains donnent de si nombreuses significations, pas toujours compatibles. Elle permet de le faire en montranttrop contraignante. Dans cette optique, j’aimerais faire ici une autre suggestion qui pourrait mieux passer à l’oral. Elle consiste à parler tout simplement de la « Divinité » sans guillemets. Ce mot, qui n’est
pas encore galvaudé, porte moins la charge hétéroclite d’interprétations trop personnelles. Il apparaît plus éthéré, plus spirituel, moins imagé, donc moins polémique. Surtout vis-à-vis de membres de religions non monothéistes, ou même d’incroyants, car il reste délibérément plus vague. Il semble également de ce fait, mieux se prêter à une réflexion de notre part, sur ce que pourrait en être la nature trinitaire. Enfin, il permet de faire droit à la dimension féminine, que notre vocabulaire habituel a tenacement écartée. Il le fait sans pour autant supprimer la dimension masculine, dont il se contente d’effacer le caractère exclusif, donc restrictif. Mais ce n’est pas très original. On retrouve à peu près cela lorsque l’on dit, « Sa Majesté » en parlant du Roi aussi bien que de la Reine. Même si parfois on qualifie celle-ci de « gracieuse ». Mot qui convient encore mieux à une Divinité qui nous sauve par la grâce. Roland Poirier, Bures-sur-Yvette.

 

Raphaël Picon

La mort de Raphaël Picon, le 21 janvier, a bouleversé beaucoup de nos lecteurs. Voici quelques messages que nous avons reçus :

Je viens d’apprendre le décès de Raphaël Picon. Je voudrais dire toute mon affection pour cet homme qui m’a conduit dans une intelligence de la foi. Je voudrais dire qu’il va me manquer terriblement. Je voudrais dire qu’il est irremplaçable aujourd’hui, et pour cela, je le remercie : il oblige d’autres à se mettre en mouvement. Avec toute mon affection pour sa famille et ses amis. Ivan Mikolasek, Saint-Lézer.

Je suis resté tout ce week-end sans grande réaction, ma tête pleine de souvenirs des réunions d’Évangile et liberté durant lesquelles j’ai appris à connaître et à apprécier Raphaël. Aujourd’hui, j’ai simplement envie de dire « merci ». Didier Halter, Sion (Suisse).

Le décès de Raphaël Picon me bouleverse très profondément. Je veux adresser à la rédaction d’É & l mes très sincères condoléances. Je veux aussi vous confier le soin de relayer ces condoléances à son épouse et à leurs trois enfants. Raphaël Picon m’a profondément marqué par son intelligence lumineuse, par cette faculté si exceptionnelle de savoir rendre accessible des textes obscurs ou/et complexes, par ses prises de position claires, argumentées. Sa richesse était hors du commun, il contribuait à placer sur ce qui peut être le parcours personnel de chacun de nous des dispositifs réfléchissants (au double sens du terme) nous invitant à exercer notre discernement. Nous invitant à nous rendre perméables, poreux à la perception du plus possible de facettes de ce qui nous est offert ; facettes externes et internes ; facettes manifestées, facettes mystérieuses. Par sa manière d’aborder les textes et les situations, il nous rappelait que chaque facette n’annule pas les autres, ne les altère pas. Il nous invitait à appréhender ces facettes, en nous dévoilant comment elles peuvent contribuer à éclairer un peu plus, un peu mieux, notre intériorité. Raphaël Picon fait partie de celles et de ceux qui ont rendu pour moi incontournable la lecture d’É & l, faisant de chaque numéro un rendez-vous attendu chaque mois avec impatience. Que le Seigneur notre Dieu aide son épouse et leurs trois enfants, ainsi que tous ses amis à percevoir la tendresse de Sa Présence, qu’Il leur soit en aide. Bien fraternellement Norbert Prin, 74 Cran Gevrier.

Très touchée par le décès de Raphaël Picon et par son dernier message, je joins mes condoléances et mes prières à celles de Norbert Prin.Marie-Jeanne Lissonnet, Nevers.

À l’heure où É & l est en deuil suite au décès de Raphaël Picon, j’adresse à toute l’équipe du journal mes condoléances très attristées. Par la voix de James en chaire ce dimanche matin, les paroissiens de l’Oratoire ont appris la terrible nouvelle de son départ. Ses éditoriaux explosaient d’une foi intense et si éclairée. Je suis si triste et pense beaucoup à vous tous. Partagez mes fidèles amitiés. Evelyne Brun (Paroisse de l’oratoire du Louvre).

J’ai appris la terrible nouvelle hier. C’est une perte immense pour la pensée protestante réformée ; il est vain de mettre des mots sur cette effroyable injustice. Grâce au travail du pasteur Raphaël Picon notre religion avait pu se développer et convaincre des personnes d’entrer dans un temple. Je veux dire toute ma sympathie à l’équipe d’É & l, aux responsables de l’Institut Protestant de Théologie et à la famille du pasteur. Stéphane (Paroisse de l’oratoire du Louvre).

La page Facebook d’Évangile et liberté a également recueilli de nombreux témoignages de sympathie :

Je suis admiratif par la dignité de son dernier message et par tous les trésors qu’il nous laisse. J’en suis bénéficiaire parmi de nombreux autres. Merci pour ce que tu m’as donné ! Jacques Monteil

Mon Dieu, quelle tristesse ! Une grande perte théologique et humaine. Je l’avais croisé très rapidement à l’Oratoire. Il dégageait une grande douceur, une vraie gentillesse. Et ses livres ! Jean-Pierre Capmeil

Je suis également très touché par le décès de Raphaël Picon dont j’ai eu le loisir et le plaisir de lire de nombreux ouvrages. C’est une immense perte pour le Protestantisme Réformé et notre courant de pensée. Je joins mes condoléances et mes prières à celles de Norbert Prin et Marie Jeanne Lissonnet. Sierra

Je suis triste et en communion de prière. Alain Rochat

La nouvelle tombe comme un couperet. Nous le pensions en rémission ! Silence pour prendre en compte cette triste nouvelle. Ernest Winstein

« les valeurs ou le combat »

L’article « Parole juive » du rabbin David Meyer, publié dans notre numéro 294 (décembre 2015), fait réagir une collaboratrice de notre mensuel.

Lectrice régulière d’Évangile et liberté, je me réjouis de voir les pages de ce journal s’ouvrir à nos frères juifs, musulmans… Je me réjouis également devant le parti pris affiché, au lendemain des attentats contre la liberté de la presse, d’affirmer nos valeurs. La une d’É & l trône toujours chez moi, arme qui se détache sur un fond noir avec pour légende « ceci n’est pas une religion » et « tuer un homme, c’est toujours tuer un homme ». Je me réjouis de toutes ces paroles qui appellent à la paix et nous font réfléchir à ce que la Bonne Nouvelle signifie pour nous, aujourd’hui. En revanche, je suis en désaccord, quand je lis l’article « Les valeurs ou le combat » du rabbin David Meyer comme un appel à une guerre totale contre Daesh pour faire tomber l’entité politique qui sous-tend ce Califat. Il ne s’agit évidemment pas de faire de l’angélisme contre une menace bien réelle, mais ces mots peuvent-ils être lus comme des paroles de foi ? Quand le monde politique évoque chaque jour un peu plus la déchéance de nationalité comme les nazis imposaient autrefois l’étoile jaune, quand les unes de certains journaux se couvrent de barbelés, quand un homme d’Église appelle aux armes, loin de rassurer la chrétienne que je suis, ces réflexes de réclusion et de peur me renvoient vers des pages terribles de notre histoire. N’avons-nous vraiment rien appris ?