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Evangile et liberté

 

 
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Quelles sont les différences entre le déroulement d'une messe catholique, orthodoxe et protestante?

Evangile et Liberté, Mercredi 08 Février 2012 à 11:17 - Œcuménisme

 Réponse de Gilles Castelnau

Une messe catholique est centrée sur l'eucharistie - communion qui est présidée par un prêtre régulièrement ordonné par un évêque en communion avec le pape, ordination qui lui donne le « pouvoir » de la « transsubstantiation » (mutation du pain et du vin en véritable corps et sang du Christ, renouvelant le sacrifice de la croix qui apaise la colère de Dieu contre le péché du monde.) Il y a des messes sans prédication mais sans eucharistie ce n'est plus une messe.

Un culte protestant est centré sur la prédication de l'Evangile proclamée généralement par un pasteur mais pas toujours. Le pasteur n'a aucun « pouvoir ». Il y a des cultes sans sainte-cène (c'est même le cas général) mais jamais sans prédication. Alors que les messes catholiques et les célébrations orthodoxes se ressemblent, les cultes protestants sont d'une extrême diversité car le protestantisme n'a pas d'autorité centralisatrice et les paroisses sont libres.

Une célébration orthodoxe est centrée sur la communion mystique du peuple croyant avec Dieu. C'est cette union spirituelle qui est centrale, plus que ce qui y est dit ou fait. La présidence d'un prêtre ordonné est nécessaire. La prédication est souvent très secondaire.

 

Les commentaires

robert bastide, Samedi 11 Février 2012 à 09:03

à Gilles Castelnau,
Les hommes ont besoin d'être sauvé par la mort sacrificiele de Jésus-Christ nous rappelle la messe catholique.
Le culte protestant qui s'exprime aussi par des paroles et des chants, reste influencé par une théologie théiste.

Quand nous exprimons notre adhésion à la théologie du process,à la démarche de Paul Tillich ( 'Le courage d'être' , par exemple ) nous vivons un dédoublement  de personnalité lorsque nous participons au culte réformé ! une sorte de schizophrénie !

Afin d'être en cohérence intellectuelle aussi bien que celle du coeur , ne devons-nous pas nous risquer sur les chemins d' un J. Spong , par exemple , qui réclame une réforme de la Réforme .

Ma franchise correspond à un besoin de comprendre.,merci .
Fraternellement.

 


 
robert bastide, Lundi 13 Février 2012 à 18:30

Le texte précédent se terminait par une interrogation !
Il n'y a pas de hasard ! j'ai trouvé ce weed-end un texte de Spong "Nouvelle Réforme" : il répond au delà de toute mes attentes , voici quelques extraits du chapitre sur le rôle de l'Eglise :

"Il va de soi que l'Eglise , libérée de la conception enfermante du dieu extérieur  ,va devoir trouver d'autres formes d'expression et d'actions.
En résumé :
1/ trouver de nouvelles formes de liturgies : la quasi-totalité des chants et des priéres s'adressent au dieu extérieur ; il ne s'agit pas de jeter au feu  cantiques et livres de priéres , mais de les garder et de les lire comme un riche témoignage du passé , et comme l'expression d'une foi sincére et profonde.
2/ ouvrir notre liturgie à d'autres récits , à d'autres expériences de foi et de recherche de vérité , sans dénigrer  ou isoler une vérité comme étant la seule valable ; la révélation n'est pas close , donnée une fois pour toute à un seul peuple.
3/ la liturgie de cette Eglise célébrera le long voyage de l'humanité depuis la premiére forme de vie contenue dans une cellule unique jusqu'à la complexité de notre moderne et anxieuse conscience-de_soi..Cette célébration aura pour but de nous aider à reconnaitre que nous sommes tous interdépendants  les uns aux autres et avec la nature .L'Eglise invitera , aidera chacun à vivre  , à aimer  ; à être soi . Elle appellera les gens à une nouvelle humanité et une nouvelle maturité"

Ce beau texte m'a fait percevoir autrement le culte d'aujourd'hui dans la perspective d'un 'process' du christianisme.


 
DB, Mercredi 15 Février 2012 à 21:50

Votre présentation de la conception catholique de l'eucharistie (comme ailleurs celle du rôle du clergé) est une caricature. Vous assimilez une certaine théologie catholique d'une certaine époque à l'ensemble de la théologie catholique.
Lisez la déclaration de concorde entre catholiques et luthériens, à la rédaction de laquelle J. Ratzinger a participé et qu'il a tenté en vain de faire signer par Jean-Paul II. Il y a aussi l'homélie prononcée par Benoît XVI à Cologne sur ce sujet, laquelle a fait croire à une signature imminente.

La transsubstantiation est, pour les catholiques, UNE des manières légitimes d'exprimer ce qu'est l'eucharistie, mais elle n'est pas la seule.

De même, la conception sacrificielle de la mort du Christ est reconnue comme UNE des expressions possibles de son rôle salvateur, enracinée par la Lettre aux Hébreux dans la culture juive du Second Temple (sacrifice du Kippour, où l'aspersion du propitiatoire et du peuple avec le sang de l'agneau manifeste le renouvellement de la présence divine - la vie assimilée au sang - dans le peuple).
Quant à "apaiser la colère de Dieu contre le monde", c'est une grave dérive qui ne fait pas partie de l'authentique doctrine catholique et qui était marginale avant la Grande Peste. Il est désolant que tant d'Eglises réformées répandent à toute vitesse cette aberration à travers le Tiers Monde ! 

La messe est, pour les catholiques, la commémoration-réitération du dernier repas de Jésus, lequel donnait sens à sa mort imminente. Elle ne peut être appelée "saint sacrifice de la messe" (comme disent les traditionnalistes) que par analogie, à cause de l'analogie de signification entre le Kippour annuel et la commémoration répétée de la mort du Christ précédée de la Cène. Il ne s'agit pas d'un sacrifice au sens païen, c'est à dire visant à acheter la bienveillance divine.
Au lieu de récuser violemment le langage sacrificiel (ce qui ne fait souvent que choquer les esprits simples), pourquoi ne pas simplement expliquer sa signification enracinée dans le judaïsme ? Beaucoup de chrétiens traditionnalistes tourneraient alors la page... ne serait-ce que par antijudaïsme !

L'assemblée eucharistique est présidée par un homme qui est investi pour jouer le rôle qu'avait le Christ à la Cène. Il ne s'agit pas de pouvoir, mais de représentation-incarnation au sens théâtral du terme. La présence d'autres personnes que le prêtre est nécessaire, car ce repas rituel n'a aucun sens si on est seul.

C'est parce que le prêtre joue le rôle du Christ qu'on refuse - pour l'instant - l'ordination de femmes (le caractère "définitif" de l'opposition de Jean-Paul II est loin d'être accepté, surtout par les théologiens).

C'est aussi parce qu'il joue le rôle du Christ qu'on ordonne le prêtre de façon permanente. En effet, le Christ n'avait pas été élu par les apôtres pour la circonstance. Le caractère permanent de l'ordination du prêtre manifeste le fait que l'assemblée eucharistique n'est ni un rassemblement spontané, ni une assemblée générale d'une association : elle est la réponse collective à un appel qui est autre chose qu'une affinité mutuelle des individus.
C'est par abus de langage (ou, si on préfère, une analogie trop hardie) qu'on parle d'ordination sacerdotale, car le prêtre ne fait que jouer le rôle du Christ, dont la mort a eu définitivement le même effet que celui, temporaire, obtenu par le Grand Prêtre juif. Le seul Grand Prêtre (intermédiaire entre les Hommes et le Père), c'est le Christ. Par analogie, tant qu'ils constituent la communauté appelée Eglise, tous les baptisés sont prêtres (sacerdotes), en ce sens que, par leurs paroles, leurs actes et leur vie communautaire, ils perpétuent la présence du Fils de Dieu parmi les Hommes.

Tous ces malentendus disparaîtraient probablement si on renonçait à un langage judéo-païen dont on a très vite, sous l'influence de l'idéologie impériale romaine, oublié le caractère analogique pour nous (kohen, hiereus, sacerdos) et à la contraction qui a transformé "presbytre" en prêtre, assimilé à "sacerdote".
Le texte de Vatican II sur la question s'intitule bien "Presbyterorum ordinis" et non "Sacerdotum ordinis" ! 

Et qu'on ne me parle pas du pouvoir ! La direction des paroisses peut aussi bien être assurée par un prêtre curé ou par un collectif présidé par un prêtre. Dans ce dernier cas, le prêtre a un droit de veto car, étant le président de l'assemblée eucharistique jouant le rôle du Christ, il est aussi le garant "naturel" de l'unité des membres du corps mystique du Christ, l'Eglise. Il est garant de l'unité de l'Eglise locale et de son unité avec les autres Eglise locales, à commencer par celle de Rome (unité qui se comprend a travers l'espace ET le temps). Dans ce rôle de garant, ils joue le rôle non du Christ mais de Pierre parmi les 12 apôtres ; et aussi le rôle des 12 parmi les autres disciples du Christ.
Tout ceci, évidemment, atteint sa plénitude au niveau des évêques, dont l'unité est garantie un des leurs (patriarche ou catholicos et, au niveau universel, Pape).

Au delà de ce fondement doctrinal, il y a des coutumes et traditions juridiques autoritaires héritées de l'empire romain et de la chrétienté médiévale, auxquelles la classe sociale appelée clergé est très attachée, mais c'est un autre problème. Ne confondons pas sociologie et ecclésiologie.


 
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