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|  | Euthanasie, le docteur Nicolas Bonnemaison fait rebondir le débat
 Evangile et Liberté, Lundi 15 Août 2011 à 11:30 - Société

Le journaliste de « Libération » Michel Henry introduit bien la question :
Plus de 6 000 signatures à une pétition de soutien, plus de 4 000 personnes mobilisées via un groupe Facebook : le cas de l'urgentiste de l'hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) soupçonné d'avoir abrégé les souffrances d'au moins quatre patients relance le débat sur l'euthanasie. Interpellé mercredi, Nicolas Bonnemaison, 50 ans, a été mis en examen vendredi pour « empoisonnement » sur « des personnes particulièrement vulnérables ». Il a été laissé en liberté sous un contrôle judiciaire qui lui interdit d'exercer sa profession. Le parquet, qui avait requis son incarcération, a fait appel.
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Mais le vice-procureur de Bayonne Marc Mariée rappelait vendredi à l'AFP que la loi Leonetti de 2005 sur les soins palliatifs fixe un cadre strict, et notamment deux conditions : « Celle du consentement de la personne ou de sa famille et celle de la collégialité », qui requiert les avis de plusieurs médecins. Les personnes décédées « étaient certes âgées, certes en fin de vie, mais une fin de vie peut durer plusieurs heures ou plusieurs jours » , soulignait le magistrat. Pour lui, « même s'il y avait eu accord des familles, cela n'aurait pas justifié les actes [...] d'une extrême gravité et totalement prohibés par la loi ». Justement, argumente Me Dupin, si son geste est illégal, c'est que « jamais le législateur n'est allé au fond des choses ». « L’utilisation du curare est quotidienne dans les hôpitaux français. C'est une réalité que personne n'ose s'avouer », soutient l'avocat, pour qui il faut sortir de « l' omerta ». « Les politiques vont devoir un jour prendre leurs responsabilités, légiférer, pour que l'on arrête de se réfugier derrière les soins palliatifs. Plutôt que de refermer la porte, mon client, lui, a pris le problème à bras-le-corps. »
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Gilles Castelnau
La vie que donne le Dieu de la Vie est tout entière centrée, comme Jésus le montre bien dans son ministère, comme une vie épanouie, apaisée ; vie du paralysé guéri, de la prostituée réhabilitée etc. Jamais comme une vie purement physiologique ou biologique donnée et reprise (Jésus ne fait jamais mourir). Il ne faut pas être matérialiste : l'homme n'est pas que vie physique mais vie spirituelle aussi. Toute vie n'a pas la même valeur.
Dieu n'est pas une entité lointaine comme Jupiter donnant et retirant la vie à qui lui plait. Dieu est intérieur à l'homme (on dit le saint Esprit). Il lui donne sa valeur, sa transcendance qui est plus que physique.
Jésus souligne cette présence aimante : « Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans votre Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. » Matthieu 10.29
Certains traducteurs ont compris que c'était Dieu qui faisait tomber les cheveux des chauves et mourir les oiseaux : ils ont ajouté dans le texte le mot que Jésus n'avait justement pas prononcé : sans la « volonté » de votre Père. Mais Jésus disait « seulement » que Dieu est le père aimant qui accompagne même les moineaux dans leur chute.
Les médecins refusant l'euthanasie au nom de leur serment d'Hippocrate s'enracinent dans la philosophie païenne (Hippocrate était païen). Celle-ci disait justement que Dieu décide la vie et la mort, le bien et le mal, comme un despote oriental. Aucun rapport avec la passion et l'amour du Dieu de la Bible défini uniquement comme Dieu de la vie.
Le fait que les médecins français (dans les pays protestants il n'en va pas de même) se focalisent sur la vie physiologique est un paganisme, une idolâtrie : il n'y a pas si longtemps on refusait le contrôle des naissances, l'IVG, comme aujourd'hui l'euthanasie, au nom de cette idolâtrie de la vie physique : on sauvait l'enfant dans un accouchement difficile et on laissait mourir la mère. Or la vie de la mère a plus de valeur que celle du bébé car elle est entourée d'amour, de relations avec son mari, ses parents etc.
Personne ne peut décider seul de l'euthanasie : même pas les médecins ou les infirmières que nous ne devons pas laisser dans leur solitude à ce sujet. (D'autant plus que certains médecins se laissent parfois enfermer dans l'application un peu fondamentaliste du Serment d'Hippocrate qui identifie faussement la vie physique avec la vie humaine. Idéologie païenne du 4e siècle av. JC marqué par l'idéologie du respect absolu de la vie biologique donnée par Jupiter seul Maître du Destin !
Il y a longtemps que les pays protestants, l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne, la Suisse, les pays scandinaves - y compris d'ailleurs la Belgique et le Luxembourg - ont mis en place des structures de dialogue, de concertation respectueuses des uns et des autres, en général dans la société et notamment dans le monde hospitalier.
En Hollande, par exemple, la concertation est prévue par la loi entre la famille, le médecin, et des autorités morales extérieures (pasteurs, prêtres, juges, avocats, professeurs etc.). Le médecin, ni la famille, ni le pasteur ou le prêtre, ne se voit autorisé à prendre seul le pouvoir de décision.
Personne n'est pape ni roi absolu. Personne ne détient à lui seul l'idéologie universelle qui serait applicable sans discussion à toute situation.
Le problème est clair. Il se pose pareillement dans bien d'autres cas : les IVG, les dons d'organes, etc. Il nous faut organiser des structures de dialogue obligatoire, comme aux Pays-Bas. Nous devons rendre au peuple de France sa liberté de penser et de décider ce qui est bien, au cas par cas, car chaque cas, chaque famille, chaque situation est différente des autres. Et il faut absolument empêcher l'autoritarisme des décisions solitaires, y compris celle des médecins, des infirmières ou... des mères.
Et ne pas oublier, naturellement, que bien des demandes d'euthanasie disparaissent dès lors que les soins palliatifs sont disponibles : si le gouvernement acceptait d'augmenter les crédits qui leur sont nécessaires, ceux-ci seraient moins rares et la possibili!té d'y trouver une place pour nos proches moins exceptionnelle. Là encore l'exemple de bien des pays étrangers pourrait nous inciter à nous réveiller de notre léthargie.
La morphine notamment que les médecins français administrent moins qu'ils le devraient (ne dit-on pas que les Anglais utilisent proportionnellement dix fois plus de morphine pour calmer la douleur de leurs patients que les Français... ?) est un puissant moyen de réduire les demandes d'euthanasie : lorsqu'un malade ne souffre plus, ou sait qu'on ne le laissera pas souffrir, il demande moins la mort. Mais il faudrait que disparaisse réellement de nos hôpitaux la conception selon laquelle la souffrance est « naturelle », voire même dans certains cas « rédemptrice ». Mais nous ne sommes pas encore délivrés de cette fausse idéologie qui est encore pour certains une véritable « spiritualité » !
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Les commentaires

 | benoite, Samedi 29 Octobre 2011 à 11:54
 "[mais il faudrait que disparaisse réellement de nos hôpitaux la conception selon laquelle la souffrance est « naturelle », voire même dans certains cas « rédemptrice"]
pas seulement dans les hôpitaux..dans nos mentalités aussi il me semble.
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