Accueil | Qui sommes nous | le Blog de la rédaction | Traduction S'abonner | Nous soutenir  
RSS  
 
 
 LE BLOG DE LA RÉDACTION 

 

En une, le n°256 | Février 2012
  CAHIER | Le Bouddhisme zen - La Voie du milieu
 
 

 

Evangile et liberté

 

 
  Note précédente - Accueil du blog - Note Suivante29 Janvier 2010
Qu'est ce que Dieu svp ?

Evangile et Liberté, Vendredi 29 Janvier 2010 à 13:36 - Spiritualité

Des internautes posent des questions sur Yahoo. En voici avec la réponse que je propose. Quelles autres réponses seraient-elles possibles ?
 
 
Réponse de Gilles Castelnau
 Une invention,  une imagination de l'homme ? 

Oui, absolument  !

Mais les mots invention et imagination suggèrent l’irréalité.

Cela ne convient pas pour Dieu. L’ordinateur sur lequel j’écris est une invention, une imagination, excellentes et tout à fait réelles !

Lorsque les hommes ont cherché à rendre compte de leur sentiment profond qu’une force est présente en eux, un dynamisme créateur, un élan vital, une source de fraternité et de vraie humanité, qu’une transcendance les habite et habite les autres hommes et le monde, ils ont inventé, imaginé le mot « Dieu ».

Selon l’époque, la situation sociale, économique, militaire de leur pays, ils ont cette Présence de manières différentes.

Ces manières, ces conceptions de « Dieu » sont donc toutes compréhensibles, mais aucune ne peut être parfaite, même pas la nôtre : comment l’esprit humain pourrait-il définir de manière absolue la Vie créatrice qui dépasse toute intelligence ?

 

 

Les commentaires

Vigo Huctor, Dimanche 07 Mars 2010 à 00:43

" Définissez-moi d'abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j'y crois. "

Albert Einstein


"Si l'homme n'est que de la matière, me disais-je,
pourquoi y a-t-il tant de mystère dans un visage,
pourquoi un regard, un sourire peuvent-ils tant nous toucher ?
Je pressentais dans tous ces visages un espace secret où nous nous rejoignons,
le lieu où brille une lumière qui transcende l'homme.
En somme, le visage était, à soi seul, la négation du néant. "

Olivier Clément


"Je nie l'absurde. Je me moque des miracles de la technique s'ils se déploient dans un cachot matérialiste, fût-il aux dimensions du cosmos. Il m'importe peu d'atteindre les planètes, si ce que la fusée téléguidée promène, est ce pauvre corps voué à la pourriture"

Malraux (Œuvres autobiographiques 579).

__________________


-1- A-t-on d’autre choix que de croire en l’Amour ?

Je ne peux et ne veux croire qu’en l’Amour (pour définir un tel mot, 10 pages n’y suffiraient pas, disons : fraternité qui s’étend à l’ensemble du vivant).

J’espère que l’Amour prévaudra et que le meilleur de ce que chaque créature aura vécu ne sera pas perdu.
L’idée du soleil terminant sa vie en géante rouge et détruisant toute vie sur terre ou encore l’idée d’univers glissant lentement vers le froid absolu et la mort totale et qu’il ne reste rien de toutes ces créatures qui ont existé et de tout ce qu’elles ont vécu (ne serait-ce que le sourire d’un enfant) me déprime… a quoi bon vivre, à quoi bon lutter.
Quelque chose de très profond en moi (en nous tous j’imagine) se refuse à cela.
Je parie que la vie a un sens que ce cens c’est l’Amour et que tout ne finira pas dans le néant mais au contraire sera sauvé (ne me demandez pas comment) dans l’Amour.

Cet Amour, je l’appelle Dieu.

Je fais donc l’hypothèse d’un Dieu qui est Amour et qui n’est qu’Amour.
C’est peut-être une belle illusion, mais je n’ai pas le choix, c’est cela ou le non-sens.
Et de toute façon qu’a-t-on à y perdre, ne vaut-il pas mieux croire en l’Amour qu’en son petit ego ?

Dieu étant Amour et n’étant qu’Amour :
n’est en rien responsable du mal,
n’est pas tout-puissant (sinon le mal n’existerait pas),
est vulnérabilité totale (l’amour est vulnérabilité par rapport à l’être aimé),
se heurte au mal (est crucifié par le mal).

Il rit au sourire de l’enfant, se réjouit de l’amour entre les êtres, il souffre avec celui qui souffre et est crucifié avec celui qui est crucifié.

Bien sûr Dieu étant Amour nous veut libre (pas d'amour sans liberté).
Il n’est donc pas détectable par une connaissance d’ordre scientifique.
Il n’est donc pas non plus accessible à la raison raisonnante.

Il ne peut être connu que par l’amour :
« Dieu est amour. […] Quiconque aime est né de Dieu et connait Dieu. » (St Jean, 1er siècle)
« Qui peut comprendre l’amour sinon celui qui aime ? » (Grégoire de Nazianze, 4ème siècle)



Remarques :

-a- Une telle image de Dieu ne fournit presque aucune lumière (sinon poétique) sur la création (dont on a l’intuition qu’elle est liée à l’amour, il en est en tout cas ainsi de la création artistique) de l’univers… et elle laisse entier le problème du mal (je ne dispose d’aucune lumière pour le résoudre !) mais elle en innocente entièrement Dieu (ce qui est une exigence absolue, s’agissant d’un Dieu-Amour, le seul en qui je peux/veux croire).

-b- Des êtres humains (Paul Claudel, dramaturge, poète, essayiste, diplomate / André Frossard, journaliste, essayiste, résistant, membre de l’académie française / Maurice Clavel, écrivain, journaliste, philosophe, résistant / Simone Weil, philosophe, combattit dans la colonne Durruti pour défendre la république espagnole, résistante, jeune professeur elle partage son salaire avec les chômeurs et plus tard elle donne ses tickets de rationnement aux manœuvres indochinois parqués dans le camp de Mazargues / Etty Hillesum, maitrise de droit, volontaire pour aider les déportés d’un camp de transit pour Auschwitz, ne voulant pas abandonner tous ces pauvres gens, elle refuse de partir en Angleterre ou d'être cachée en Hollande, elle est déportée à Auschwitz le 7 septembre 1943 / et tant d’autres illustres ou inconnus) ont fait l'expérience de la présence de ce Dieu-Amour (rencontre intraduisible, mais dont ils parlent tous en terme d'amour, d'énergie, de bonté, de douceur, d’innocence ...), expérience qui les a radicalement bouleversé et qui (à des degrés divers selon chacun) a élargi leur âme en pur amour pour toute l'humanité et tous les êtres : « J'aime si largement... même ceux pour qui je n'éprouve spontanément aucune sympathie. C'est comme si j'étais en communion avec la terre, avec le ciel, avec Dieu, avec tout ». [Etty Hillesum]
Bien sûr, cela ne constitue pas (heureusement ! sinon que deviendrait notre liberté) une preuve, ce sont « seulement » des témoignages.



-2- Croire en l’Amour et surtout essayer de le vivre est notre seul salut

Croire en l’Amour et surtout essayer de le vivre (j’essaye… mais les résultats souvent ne sont pas fameux !) est notre seul salut (peut être en un « autre monde » s’il en existe un) en tout cas certainement sur cette terre, ici et maintenant, et pas seulement notre salut, mais aussi celui de tous les êtres vivant sur notre belle petite planète bleue.

En effet :

- Le jour où tout le monde agit suivant son strict intérêt (égoïste, à courte vue, le "moi d'abord"), c’est la lutte de tous contre tous, c’est la violence généralisée, chacun se servant de ses armes (au sens figuré et au sens propre),
le monde devient un enfer, et la société s’effondre malgré l’augmentation des forces de police et des systèmes de sécurité de plus en plus sophistiqués.
Et au niveau international la même logique du profit et des intérêts engendre là aussi la violence, donc l’accumulation des armes, et nous conduit droit dans le mur, mais là le mur, c’est le mur absolu, le mur final, car le jour où un conflit nucléaire éclate, si l’homme utilise toutes les armes accumulées, c’est la fin de toute vie humaine (et pas seulement humaine).

La prédominance du "moi d'abord", que le capitalisme (notamment) porte dans sa racine, ne peut que conduire à la mort.
Le "moi d'abord" sous une apparence de vie pour soi, conduit à la mort. Le trou noir prédateur (y compris sexuel, voir les horribles "faits divers") du "moi d'abord", poussé jusqu'au bout, dévore tout. Que ce "moi d'abord" soit individuel ou du groupe (la prédation du groupe est celle qui a prévalu dans le nazisme, la prédation individuelle est celle qui prévaut dans le capitalisme).

- A l’inverse, l’amour, c’est-à-dire le partage avec les autres, le refus d’être heureux seul au dépend des autres, le souci des autres qui va jusqu'à l'identification avec le plus opprimé ("j'avais faim, et tu m'as donné à manger...") de Jésus de Nazareth et de ceux (« croyants » ou non) qui, comme lui, n'ont pas déserté le combat pour la vie, la vie pour tous, ne se sont pas dérobés devant un malheureux (et sont allés, lorsque cela l'exigeait, jusqu'à donner leur vie pour les autres), sous une apparence (et une réalité) de sacrifice et de privation par rapport à un certain moi, (nous le savons, l'Évangile –entre autres– nous le dit, et parfois nous l'expérimentons) conduit à la vraie vie, la vraie joie, la vie fraternelle partagée.

Et c'est le seul salut pour l'homme, pour chaque homme et pour notre "vivre ensemble", pour l'avenir de notre humanité et de notre planète et des êtres sensibles qui y vivent.
__________________

Certains se posent des questions subtiles et compliquées sur la morale et le sens de la vie,
si on veut sauver l'homme, il est pourtant très facile de savoir dans quelle direction aller,
il suffit d'aller à l'opposé du nazisme (on est sûr alors de ne pas trop se tromper),
c'est à dire d'aller vers la compassion et la fraternité.

Il ne faut donc certainement pas chercher du côté de Nietzsche,
mais bien plutôt du côté de François d'Assise.

_____fin_____



 
Ajouter un commentaire :
 
Pseudo :
Votre texte :
Question anti-spam :
 
 
 Évangile et liberté, fondé en 1886, est le mensuel francophone du Protestantisme libéral. Chaque mois Évangile et liberté vous propose des textes de réflexion et de spiritualité. Ses pages veulent interroger la foi chrétienne dans ses contenus et ses expressions.
 
 
CATÉGORIES
Spiritualité
Théologie
Œcuménisme
Société
LES NOTES PAR DATES
Février 2012 (2)
Janvier 2012 (2)
Décembre 2011 (6)
Novembre 2011 (5)
Octobre 2011 (2)
Septembre 2011 (2)
Août 2011 (4)
Juillet 2011 (4)
Juin 2011 (4)
Mai 2011 (6)
Avril 2011 (3)
Mars 2011 (4)
Février 2011 (2)
Janvier 2011 (1)
Décembre 2010 (2)
Novembre 2010 (2)
Octobre 2010 (1)
Septembre 2010 (2)
Août 2010 (3)
Juin 2010 (1)
Avril 2010 (2)
Mars 2010 (1)
Février 2010 (6)
Janvier 2010 (3)
Décembre 2009 (1)
LES LIENS DU BLOG
Évangile et Liberté
 
 

 

LES NOTES RÉCENTES

Quelles sont les différences entre le déroulement d'une messe catholique, orthodoxe et protestante?

Nîmes, Groupe de libre réflexion sur John Spong

Dieu n’existe pas et Jésus est son fils

Les cafards ou autres nuisibles doivent ils remercier Dieu pour leur existence?

Un domaine d'application de la théologie du process

Noël a toujours son pouvoir magique

C’est le moment où l’univers...

Et Dieu  répondit ...

Un internaute demande : et si finalement Jésus-Christ n'avait jamais existé?

les nations riches sont immorales


 
2012 © Évangile et Liberté