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Les sujets de Février 2010

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 | 24 Février 2010 |  | Lettre à Monsieur l’Archevêque de Paris Président de la Conférence des évêques de France
 Evangile et Liberté, Mercredi 24 Février 2010 à 10:47 - Œcuménisme

Stéphane Lavignotte
pasteur de la Maison Verte
Paris 18e
Mission populaire évangélique
Fédération protestante de France
Paris le 19 février 2010
Le 30 novembre dernier, nous avons célébré à l’église Saint Merri une soirée de prière œcuménique à l’occasion de la journée mondiale contre le Sida, en communion avec les malades en France mais aussi dans les pays du sud, avec des malades de l’association Basiliade. Au beau milieu de la soirée, un groupe de jeunes gens ont interrompu la lecture de l’Évangile, jetant des boules puantes et des œufs sur l’assemblée et les célébrants, criant : « pas de gays dans nos églises ».
Nous n’avons pas évoqué publiquement cette agression, ne souhaitant pas donner de la publicité aux groupuscules qui imaginent que les idées haineuses de l’extrême-droite puissent avoir un quelconque rapport avec le message d’amour du Christ.
Si je vous interpelle aujourd’hui c’est que cet incident n’est plus isolé. Dimanche dernier, place Notre-Dame, plusieurs couples homosexuels, de retour d’un Kiss-in organisé place Saint Michel à l’occasion de la Saint Valentin, se sont embrassés sur la place Jean-Paul II, espace public. Ils ont été pris à parti par des groupes de jeunes catholiques proférant des insultes homophobes telles que « Tantouses de merde », « Les pédés au bûcher », « Cassez-vous, on est chez nous », « allez faire cela chez vous », les repoussant hors de la place. Que se serait-il passé si les forces de l’ordre ne s’étaient pas interposées ?
Ces deux incidents m’inquiètent. Les célébrations pour la journée mondiale contre le sida ont lieu depuis de nombreuses années, à Saint Merri, dans notre temple protestant de la Maison verte, à l’église des Blancs-Manteaux. Nous n’avions jamais subit une telle agression. Place Jean-Paul II, dimanche dernier, des jeunes catholiques, publiquement, devant des caméras, devant les forces de l’ordre, ont proféré sans retenu des insultes, sans doute judiciairement condamnable, et en tous cas bien loin de l'agapé chrétienne. Elles s’ajoutent à l’agression contre une célébration œcuménique inter-associative à Lille en juin 2009, d’un bar à Laval en avril 2009, du centre LGBT de Nantes en janvier 2010, à chaque fois par des personnes se revendiquant de la plus grande proximité avec les positions actuelles du Vatican.
Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui certains jeunes catholiques se sentent autorisés à de tels comportements qui n’avaient pas lieu hier ? Cela tient-il à la compréhension qu’ils ont des décisions de l’Église catholique durcissant le refus de l’accès des personnes homosexuelles à la prêtrise et à la vie en communauté ? Des positions des églises catholiques notamment en France contre l’ouverture du mariage, de l’adoption et de la PMA pour les couples de même sexe ?
Nous ne sommes sans doute pas d’accord sur ces sujets. Mais j’avais noté avec satisfaction l’affirmation du Vatican, par Jean-Paul II dès 1992 et de Benoît XVI en 2008, selon laquelle son refus d’évolutions législatives ou ecclésiales sur ces sujet n’empêchait pas son refus de l’homophobie. Ces jeunes gens qui se réclament clairement d’une défense vigoureuse de Benoit XVI – j’en veux pour preuve leur slogan « Habemus papam » dimanche dernier place Jean-Paul II ou l’évocation de « nos églises » dans l’agression dont nous avons été l’objet – semblent eux ne pas faire la différence.
Je ne peux croire que vous restiez silencieux sur de tels comportements, bien que pour l’instant informé de l’incident de Saint Merri par des participants, vous n’ayez toujours pas réagi. Parce que ces jeunes ne sont pas des « dissidents » de l’Église catholique mais se revendiquent comme les plus fideles de vos fideles, une absence de prise de position pourrait leur laisser croire une sympathie de votre part pour ces actes, pourrait valider leur amalgame entre les positions de l’Église catholique et la légitimité de l’homophobie, et les inciterait à recommencer des actes moralement et judiciairement condamnables. Je ne peux croire que vous ne condamniez pas publiquement de tels contre-témoignages de l’Évangile qui rejaillissent sur l’ensemble des chrétiens. Comme vous l’a demandé également l’association chrétienne LGBT David et Jonathan, une parole claire de votre part est attendue.
Votre frère en Christ,
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| 22 Février 2010 |  | Le Jésus de l'agnostique
 Evangile et Liberté, Lundi 22 Février 2010 à 22:00 - Spiritualité
 Jean-Paul Borel
Le numéro 236 de Evangile et Liberté , centré sur le couple « Dieu et l'humain », montre assez bien comment un agnostique peut dialoguer sereinement avec un croyant au sujet de deux éléments de la Trinité chrétienne : le Père et l'Esprit. Par contre, il est très discret s'agissant du Fils. Je vais imaginer un athée intelligent, donc qui sait, entre autres, qu'il est impossible de prouver l'existence ou la non existence de Dieu, le nommer Thomas (l'incrédule) et m'adresser à lui.
- Evidemment, Thomas, tu ne peux pas prendre au premier degré le credo de la tradition. Des notions comme « Jésus fils de Dieu », « immaculée conception », « résurrection », « vie éternelle », et bien d'autres, ne te parlent pas. Par contre, « Jésus fils de Joseph et Marie »…
- Oui, cet homme a certainement vécu au premier siècle de notre ère, mais il reste très mystérieux. Je vois en lui un défenseur des faibles, des malheureux, un juif croyant opposé à l'Église officielle.
- Donc, quelqu'un dont tu te sens proche, un humain semblable à toi ?
- Oh, je cherche à l'imiter, modestement. Si tu me dis qu'il était « fils de Dieu », cela signifie, dans ma vision du monde, que nous avons tous en nous ce même désir : aider les déshérités. Je sens clairement en moi cette faculté d'amour, pour autrui en général, pour des malheureux que je connais, et pour d'autres dont on me parle, les victimes d'un tremblement de terre, de l'exploitation économique, de la famine du Sahel, du sida… Mais voilà, je suis un homme imparfait, et je perçois aussi en moi l'éternel égoïsme. Alors, si tu me dis que Jésus était Dieu…
- Le Fils de Dieu.
- C'est la même chose. Être seulement amour, ne pas connaître la haine ou l'égoïsme, c'est réservé à… Je ne sais pas à qui ; ce n'est pas humain, ça ne fait pas partie de notre « humanité ». Et puis, tu vois, je n'ai pas besoin de la promesse d'une récompense pour faire tout ce que je peux, lutter contre l'égoïsme, le mien et celui des autres, des puissants surtout. Jésus de Nazareth, d'après ce que je sais de lui…
- Tu veux lutter contre les hauts dignitaires de l'Église ?
- La réforme de l'Église appartient aux croyants. Mais les Tartuffe se retrouvent dans tous les domaines. Je suis contre tous les hypocrites, ceux de la politique, de la démocratie, de la science, de l'art.
- La vie éternelle ?
- C'est une contradiction. Ce que nous appelons vie part de la naissance, croît, atteint la phase de reproduction, décline et aboutit à la mort.
- Pas de résurrection non plus, bien sûr.
- Le fils de Joseph et de Marie était un homme. Il est mort. Ni Dieu ni son Fils n'ont à ressusciter, parce qu'ils ne meurent pas.
- Et le jugement dernier ?
- C'est à moi qu'il incombe. Je viens de te dire que « je fais tout ce que je peux ». Ce n'est pas vrai. J'aurais pu et j'aurais dû faire beaucoup plus et surtout beaucoup mieux. Je le sais. Je me le pardonne, parce que je suis un homme, et je continue de lutter. Telle est la vie.
- C'est bien, Thomas. Continue
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| 12 Février 2010 |  | la Suisse et les minarets
 Evangile et Liberté, Vendredi 12 Février 2010 à 21:57 - Société
 Hugues Vertet
Je lis avec intérêt la Suisse et les Minarets P. 23 Ev et Lib Janvier 2008
De là petit questionnaire que j'ai communiqué à des amis musulmans, catho, protestants:
1 - Croyez-vous avoir besoin d'un minaret ou d'un clocher pour être musulman ou chrétien ?
Réponse, notre foi ne dépend pas de ce type de construction
2 - avez-vous besoin d'un crieur public, de sons de cloches pour penser à la prière ? pour être avertis de l'heure ?
Réponse nous avons tous des montres. Vous nous prenez pour des gens du Moyen-Age, oui ? des portables ..
vous prenez les croyants pour des gens arriérés ?
3 - Vous, protestants sans clochers , ni minarets , vous sentez vous brimés dans la société ? incapables de retrouver un lieu de culte dans la cité ?
Réponse il existe des plans de ville, nous savons lire et poser des questions
A la suite de cette enquête, Il me semble que ce problème de minaret est artificiel, gonflé, inconsistant.
Le respect envers la religion d'autrui n'est pas une cause gagnée , écrit Bernard Reymond . Etrange façon de poser la question.
Le respect de l a religion d'autrui tient-il à une forme architecturale dont l'utilité est dépassée au XXI° siècle ?
Les Suisses semblent avoir raison pour la majorité des gens à qui j'en ai parlé. Le désir de rester dans une forme traditionnelle n'est pas un besoin, c'est un désir chez certains. Au XXI° confondre désirs et besoins est fort dangereux dans la vie quotidienne, oui ?
N'existe point plutôt un besoin de réflexion et de recherche qu'exprime Evangile et Liberté. Il s'exprime plus par la contestation des formes de culte, de formes architecturales etc ...
Amitiés d'un vieux Directeur de Recherche au CNRS
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| Évangile et liberté, fondé en 1886, est le mensuel francophone du Protestantisme libéral.
Chaque mois Évangile et liberté vous propose des textes de réflexion et de spiritualité. Ses pages veulent interroger la foi chrétienne dans ses contenus et ses expressions. |
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