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 LE BLOG DE LA RÉDACTION 

 

En une, le n°240 | Juin-Juillet
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Evangile et liberté

 

 
15 Juin 2010
Ta religion ne compte pas

Evangile et Liberté, Mardi 15 Juin 2010 à 17:57 - Spiritualité

 Sydney Carter

Le Christ nous dit :
J’ai eu besoin d’un voisin, étais-tu là ?

Ta religion, la couleur de ta peau, ta réputation ne comptent pas :
étais-tu là ?
J’avais faim et soif, étais-tu là ? 

Ta religion, la couleur de ta peau, ta réputation ne comptent pas :
étais-tu là ?
J’avais froid, j’étais nu, étais-tu là ? 

Ta religion, la couleur de ta peau, ta réputation ne comptent pas :
étais-tu là ?
J’étais sans maison, étais-tu là ?
Ta religion, la couleur de ta peau, ta réputation ne comptent pas :
étais-tu là ?
J’étais malade, étais-tu là ? 

Ta religion, la couleur de ta peau, ta réputation ne comptent pas :
étais-tu là ?

Partout où tu vas, je suis pourtant là pour toi
Ta religion, la couleur de ta peau, ta réputation ne comptent pas
Moi, je suis toujours là pour toi.

Traduction Gilles Castelnau

Jésus a dit : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. 
Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; j'étais nu, et vous m'avez vêtu ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi... Matthieu 25.32
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07 Avril 2010
INTERNET VOUS APPELLE !

Evangile et Liberté, Mercredi 07 Avril 2010 à 19:26 - Spiritualité


André Breton

En juin 2009, j'ai découvert le site « Questions /Réponses spiritualité religions ».

http://fr.answers.yahoo.com/dir/index?link=list&sid=396545163

J' ai été scandalisé par les nombreuses questions posées sur la religion. Y répondre s'imposait contre ces positions anti religieuses, anti chrétiennes, anti catholiques mais aussi violemment anti musulmanes et, même, anti athées.
Il me semble appartenir à tous les libéraux de répondre à ces internautes provocateurs grossiers et incultes, mais, cependant, quelques uns d'autres internautes sont en recherche sincère de spiritualité intelligente et réconfortante.
Alors, chers lecteurs, venez nous rejoindre, Gilles Castelnau et moi ! A vos claviers et « A vos postes de combat en faveur de la tolérance, de la sagesse, de la foi, de l’espérance et de l’amour ».
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06 Avril 2010
Question : Quelle est la différence entre religion et secte ?

Evangile et Liberté, Mardi 06 Avril 2010 à 10:27 - Spiritualité

 Réponse de Gilles Castelnau


Une religion est un ensemble de propositions théoriques et pratiques destinées à vous aider à vivre votre spiritualité. Si vous étiez vraiment un enfant de Dieu conscient et organisé vous n'en auriez pas besoin. Mais comme c'est rarement le cas, choisissez la religion (ou la philosophie) qui vous convient le mieux. 
Une secte n'a pas pour but de vous aider. Elle vous fait croire que vous êtes différent des autres car vous « connaissez la Vérité ». 
Comme son nom l'indique la secte « sectionne » vos relations avec les autres gens, à commencer votre famille, vos amis, les gens normaux. Vous ne pouvez plus penser à autre chose, vous ne pouvez plus parler d'autre chose, vous ne cherchez qu'à convaincre les autres. C'est exactement le contraire d'une religion. 
Une religion vos rend humain, sympathique, souriant. 
Un secte vous rend inhumain, désagréable, détestable. 
Il faut quand même remarquer que dans les grandes religions il y a parfois des groupes sectaires. Le nombre ne fait rien à l'affaire.
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22 Mars 2010
Les massacres du Nigeria

Evangile et Liberté, Lundi 22 Mars 2010 à 18:40 - Société

 Claudine Castelnau

Au Nigeria les photos parlent dans toute leur horreur : corps sous des bâches alignés le long d’une fosse commune où ils seront ensevelis en hâte, femmes vêtues de noir rassemblées par milliers dans les rues de Jos et criant, leur colère et leur douleur. 
Depuis le début de mars, des villages dans la région de Jos, dans l’État du Plateau, au centre du Nigeria, sont la proie de violences ethniques et religieuses qui ensanglantent la région. Des violences récurrentes qui durent depuis dix ans. Celles-ci font suite à celles de janvier, toujours dans cette région. 
Ainsi, dans la nuit du samedi 6 mars, l’attaque du village de Dogo Nahawa, une localité à une vingtaine de kilomètres de Jos, la capitale régionale, attaque qui a fait au moins 61 victimes dont 32 enfants lacérés à coups de machettes ou brûlés vifs dans leur sommeil. Les attaquants, des Fulani ou des Haoussa musulmans. Les victimes, des Berom, une ethnie majoritairement chrétienne. L’attaque s’est déroulée en pleine nuit, simultanément dans trois villages de la zone et semble donc planifiée.
Bataille de chiffres, les victimes seraient 50 selon les autorités, mais les ONG nigérianes avancent le chiffre de quelque 200 morts. L’armée, accusée d’avoir été passive, a été placée en alerte rouge pour éviter « toute propagation du conflit » que craint le pouvoir fédéral. Mais l’histoire ne fait que se répéter dans toute sa désespérance : en 2001, puis en 2008, des massacres intercommunautaires avaient fait 100 et 700 morts. 
En janvier dernier, nouveaux massacres et 326 victimes selon un bilan officiel. Enfin, toujours dans cette région, de nouvelles violences ont fait treize morts, des paysans, le 17 mars à Riyom, une localité peuplée de chrétiens béroms.
Pourquoi dans cet État du Plateau ? Situé au centre du Nigeria, cet État est une zone tampon entre le Nord majoritairement musulman et le Sud traditionnellement chrétien. Le point de friction, c’est la ville de Jos. Un historien nigérian interrogé par Libération explique que « la ville était chrétienne, mais vers 1900, les colons britanniques ont fait venir de la main d’œuvre Fulani et Haoussa musulmane du Nord. Et le temps, trois générations, n’a pas effacé les clivages entre les premiers résidents, les Béroms et ceux qu’ils considèrent toujours comme des “migrants” auxquels ils dénient le droit de posséder la terre ou les maisons. » 
« Au départ c’était un combat politique, mais au fil du temps, ça s’est mué en une crise religieuse, explique la présidente de l’association de femmes fulani et haoussa. L’argument religieux est le plus simple à instrumentaliser quand on n’a pas de programme, dit-elle, et c’est ce que font tous les hommes politiques. »
Shedrak Best, enseignant à l’université de Jos, cité par Libération, juge que « les gens sont suffisamment crédules pour croire que l’enjeu est une question de religion tant et si bien que les communautés sont montées les unes contre les autres ». Et les coupables « ne sont jamais jugés » constate cet ancien diplomate, un Berom musulman, marié à une chrétienne. Il faut que le pouvoir ait le courage de juger les coupables. L’État du Plateau est devenu une jungle. Si l’on n’y prend pas garde, cela va devenir comme le Soudan. »
Et de fait, les affrontements débordent déjà largement la ville de Jos : à 63 km de là, un village a déjà essuyé trois attaques depuis le début de l’année. Bilan : 3 victimes et 70 maisons brûlées... 
Et l’accusation du pasteur de ce village : « Ils [les Fulani] veulent nous prendre nos terres, mais il y a aussi l’agenda de l’islam. Ils veulent conquérir le pays. » 
Ou instrumentalisation des tensions par une élite politique en mal de pouvoir ? 
« C’est tout à la fois », affirme un politologue nigérian de Abuja, la capitale fédérale.


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Maud Gauquelin, anthropologue connaissant bien le Nigeria où elle a vécu, tente d’expliquer ces tensions religieuses dans la région de Jos. Elle rappelle que les seize États du nord du Nigeria appliquent tous la charia, sauf l’État du Plateau où se trouve Jos. 
« Les chrétiens se vivent comme des résistants. Le Plateau est pour eux la dernière frontière avant que le pays tout entier ne bascule sous la loi islamique. » Avant la colonisation et l’arrivée des missionnaires, les populations de l’actuel État du Plateau étaient animistes explique l’anthropologue. Au 19e siècle, elles ont résisté à l’islamisation lancée par un chef musulman et l’ethnie Berom à Jos est devenue chrétienne en entrant dans l’Église du Christ au Nigeria, une dénomination protestante congrégationnaliste, avec un projet d’évangélisation du Nord musulman. 
- Être chrétien ou musulman à Jos, est-ce plus important qu’être nigérian ?
Maud Gauquelin répond : 
- « Oui. Le facteur religieux implique une gamme d’options sociales antinomiques. [Par exemple], la monogamie des chrétiens et la place qu’ils accordent à la femme s’opposent à la polygamie de certains chez les jeunes musulmans qui pensent aussi que la charia est une bonne chose pour lutter contre la corruption, la pornographie et le vol [mais surtout qui veulent imposer cette charia même aux non musulmans] »
Enfin il y a le problème de la terre. « La Constitution du Nigeria est bancale, elle permet de faire une différences entre les autochtones [chrétiens] qui ont le droit d’acheter des terres et les autres » [la plupart des musulmans considérés à Jos comme des étrangers et qui n’ont le droit que d’être commerçants et se sentent discriminés], explique l’anthropologue. 
« Les Berom ne veulent pas que les musulmans prennent le pouvoir. Ils voient leur gouverneur actuel Jonah Jang, un pasteur, comme un rempart contre l’islamisation ».
Quant à l’animosité entre communautés religieuses, elle se vit, dit-elle, au quotidien. « Il y a une inflation de l’interprétation religieuse dans l’esprit des gens. Tout devient prétexte à paranoïa des deux cotés. Certains chrétiens pensent vivre l’apocalypse. Les musulmans verront eux l’appel américain à poursuivre les auteurs des derniers massacres comme un signe de la domination des chrétiens, perçus comme infidèles ».


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L’archevêque catholique de Jos, vice-président du Conseil interreligieux pour la paix et la concorde écrivait sur le site du Times cette semaine que l’on doit à tout prix « dépasser les raisons religieuses généralement invoquées pour expliquer les causes des tensions et examiner les raisons sociales, ethniques, économiques et politiques de ces crises. Les gouverneurs des États [du Nigeria] doivent faire l’effort de considérer que les motifs qui ont conduit à ces crises ne sont pas nécessairement religieux mais que la religion est un outil commode pour faire pression. » Le Monde du 17 mars.
L’archevêque de Jos ne cache pas son découragement après s’être rendu sur les lieux des derniers massacres : « Tant d’efforts pour tisser des liens entre les communautés. A présent tout semble détruit.[...] Dès qu’il est question de guerres de religion, des réseaux se mobilisent. Des groupes musulmans envoient de l’argent pour soutenir les musulmans. Des chrétiens envoient aussi de l’argent en pensant que les leurs sont persécutés. Ce sont de grosses sommes. A Jos, le combat est en partie mené depuis l’extérieur. La propagande explose. Les textes prônant la haine, j’en un armoire pleine ! »
Et Joseph Chuwang, l’artisan chrétien qui a perdu les siens dans le massacre du 7 mars, s’il ne rejoint pas les milices qui se préparent aux violences à venir ne veut pas pardonner : « Je m’en remets à notre Dieu qui est un Dieu de vengeance » dit-il.


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Il ne manquait que les idées brillantes du président lybien Muamar Kaddafi pour résoudre la question des violences au Nigeria ! Le 17 mars, il a appelé à la partition du pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 149 millions d’habitants en recommandant qu’on en fasse deux pays, un chrétien et l’autre musulman car la violence récurrente à Jos est, selon lui, « un profond conflit de nature religieuse ».
Pour défendre son point de vue, il a expliqué que la partition avait sauvé nombre de vies en Inde et au Pakistan et que partager le Nigeria « arrêterait le bain de sang et les incendies de lieux de prière. »
En réponse le Nigeria a rappelé son ambassadeur en Libye. Selon l’agence œcuménique de nouvelles ENI, l’évêque méthodiste du Nigeria a affirmé que « les chrétiens et les musulmans de ce pays n’ont jamais manifesté le moindre signe pour dire qu’ils ne pouvaient cohabiter paisiblement » sans parler d’autres personnalités, chrétiennes ou musulmanes qui remarquent que l’on n’a rien demandé à Kaddafi. 
Ou refusent toute partition comme ce responsable d’une association musulmane : « Parce que nous sommes frères et sœurs. Ce que nous vivons à Jos est plus ethnique que religieux car aucune religion ne tolère qu’on tue même au nom d’une cause juste. »
Et l’on pointe du doigt l’ignorance manifeste de Kaddafi : aucune communauté nigériane n'est à 100 % chrétienne ou musulmane. A commencer par les États du sud où chrétiens et musulmans vivent côte à côte sans crise.


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08 Mars 2010
Églises étrangères en Suisse

Evangile et Liberté, Lundi 08 Mars 2010 à 22:36 - Société

 La Fédération des Églises protestantes suisses vient de publier une enquête sur le nombre d’Églises de migrants rattachées au protestantisme qui se sont crées ces dernières années en Suisse. Il y a une quarantaine d’années, la Fédération des Églises protestantes de Suisse, se fondant sur un questionnaire adressé à ses Églises membres, recensait 48 « Églises étrangères en Suisse », pour la plupart des communautés de travailleurs immigrés venus des pays voisins. Elles sont aujourd’hui plus de 300 et leurs membres proviennent d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie.
« Ces gens ne nous ont pas seulement apporté leur force de travail, mais aussi leurs traditions chrétiennes et leurs Églises. et la situation est devenue plus complexe, commente l’enquête. Des travailleurs arrivent en Suisse en provenance des pays les plus divers, tandis que des personnes fuyant les persécutions ou la pauvreté y cherchent un asile. Ils apportent eux aussi leur foi et leur manière de la vivre. »
D’où ce constat en forme d’incitation pressante : au delà du nombre de fidèles et des formes d’organisation de ces nouvelles Églises, leur importance numérique devrait interroger les Églises protestantes traditionnelles sur l’impact théologique et social que le phénomène va avoir, sur le comment vivre cette pluralité croissante et si une compréhension nouvelle de l’Église et de son ministère en découlent.
Sur l’influence aussi que ces Églises de migrants ont sur l’intégration de leurs fidèles dans la société qui les accueille.
« Les “anciennes” Églises de migrants, formées par les premières vagues d’immigrés, tout comme les “nouvelles”, font maintenant partie intégrante du paysage ecclésial helvétique, insiste le document. Ces Églises sont les membres d’un seul corps-Église, un corps qui est de toutes les couleurs. Plus est grande la diversité des membres, plus il est important qu’ils se rencontrent et qu’ils communiquent entre eux. [...] La rencontre présuppose que l’on a fait la connaissance de l’autre. Ce savoir, nous en avons besoin, parce que le corps unique de la communauté chrétienne ne peut vivre que dans la coexistence fraternelle des Églises. »
Et comme le rappelle le président de la Fédération des Églises protestantes suisses : « La rencontre entre Églises nationales et nouvelles Églises de migrants est une occasion à saisir pour tous. »
Voir l’ensemble du document : http://www.feps.ch/
 
 
Il faut aussi rappeler au passage qu’il y a en Suisse des Églises « historiques » de migrants, constituées à la suite de migrations au cours des siècles, en particulier depuis la Réforme Elles ont fait partie de la grande tradition historique d’accueil de la Suisse.
Ainsi la communauté des réfugiés anglais établis à Genève au XVIe siècle et dont le réformateur écossais John Knox, eut la charge pendant son séjour dans la ville. John Knox était disciple de Jean Calvin, le réformateur français lui aussi réfugié à Genève pour cause de persécutions en France.
Les Églises du refuge huguenot français trouvèrent aussi asile en Suisse de même que des protestants italiens chassés par la Contre-Réforme. Et bien d’autres qui n’étaient pas protestants...
 
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24 Février 2010
Lettre à Monsieur l’Archevêque de Paris Président de la Conférence des évêques de France

Evangile et Liberté, Mercredi 24 Février 2010 à 10:47 - Œcuménisme

 
Stéphane Lavignotte
pasteur de la Maison Verte
Paris 18e
Mission populaire évangélique
Fédération protestante de France

Paris le 19 février 2010

Le 30 novembre dernier, nous avons célébré à l’église Saint Merri une soirée de prière œcuménique à l’occasion de la journée mondiale contre le Sida, en communion avec les malades en France mais aussi dans les pays du sud, avec des malades de l’association Basiliade. Au beau milieu de la soirée, un groupe de jeunes gens ont interrompu la lecture de l’Évangile, jetant des boules puantes et des œufs sur l’assemblée et les célébrants, criant : « pas de gays dans nos églises ».
Nous n’avons pas évoqué publiquement cette agression, ne souhaitant pas donner de la publicité aux groupuscules qui imaginent que les idées haineuses de l’extrême-droite puissent avoir un quelconque rapport avec le message d’amour du Christ.
Si je vous interpelle aujourd’hui c’est que cet incident n’est plus isolé. Dimanche dernier, place Notre-Dame, plusieurs couples homosexuels, de retour d’un Kiss-in organisé place Saint Michel à l’occasion de la Saint Valentin, se sont embrassés sur la place Jean-Paul II, espace public. Ils ont été pris à parti par des groupes de jeunes catholiques proférant des insultes homophobes telles que « Tantouses de merde », « Les pédés au bûcher », « Cassez-vous, on est chez nous », « allez faire cela chez vous », les repoussant hors de la place. Que se serait-il passé si les forces de l’ordre ne s’étaient pas interposées ?
Ces deux incidents m’inquiètent. Les célébrations pour la journée mondiale contre le sida ont lieu depuis de nombreuses années, à Saint Merri, dans notre temple protestant de la Maison verte, à l’église des Blancs-Manteaux. Nous n’avions jamais subit une telle agression. Place Jean-Paul II, dimanche dernier, des jeunes catholiques, publiquement, devant des caméras, devant les forces de l’ordre, ont proféré sans retenu des insultes, sans doute judiciairement condamnable, et en tous cas bien loin de l'agapé chrétienne. Elles s’ajoutent à l’agression contre une célébration œcuménique inter-associative à Lille en juin 2009, d’un bar à Laval en avril 2009, du centre LGBT de Nantes en janvier 2010, à chaque fois par des personnes se revendiquant de la plus grande proximité avec les positions actuelles du Vatican.
Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui certains jeunes catholiques se sentent autorisés à de tels comportements qui n’avaient pas lieu hier ? Cela tient-il à la compréhension qu’ils ont des décisions de l’Église catholique durcissant le refus de l’accès des personnes homosexuelles à la prêtrise et à la vie en communauté ? Des positions des églises catholiques notamment en France contre l’ouverture du mariage, de l’adoption et de la PMA pour les couples de même sexe ?
Nous ne sommes sans doute pas d’accord sur ces sujets. Mais j’avais noté avec satisfaction l’affirmation du Vatican, par Jean-Paul II dès 1992 et de Benoît XVI en 2008, selon laquelle son refus d’évolutions législatives ou ecclésiales sur ces sujet n’empêchait pas son refus de l’homophobie. Ces jeunes gens qui se réclament clairement d’une défense vigoureuse de Benoit XVI – j’en veux pour preuve leur slogan « Habemus papam » dimanche dernier place Jean-Paul II ou l’évocation de « nos églises » dans l’agression dont nous avons été l’objet – semblent eux ne pas faire la différence.
Je ne peux croire que vous restiez silencieux sur de tels comportements, bien que pour l’instant informé de l’incident de Saint Merri par des participants, vous n’ayez toujours pas réagi. Parce que ces jeunes ne sont pas des « dissidents » de l’Église catholique mais se revendiquent comme les plus fideles de vos fideles, une absence de prise de position pourrait leur laisser croire une sympathie de votre part pour ces actes, pourrait valider leur amalgame entre les positions de l’Église catholique et la légitimité de l’homophobie, et les inciterait à recommencer des actes moralement et judiciairement condamnables. Je ne peux croire que vous ne condamniez pas publiquement de tels contre-témoignages de l’Évangile qui rejaillissent sur l’ensemble des chrétiens. Comme vous l’a demandé également l’association chrétienne LGBT David et Jonathan, une parole claire de votre part est attendue.
Votre frère en Christ,


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22 Février 2010
Le Jésus de l'agnostique

Evangile et Liberté, Lundi 22 Février 2010 à 22:00 - Spiritualité

Jean-Paul Borel


Le numéro 236 de Evangile et Liberté , centré sur le couple « Dieu et l'humain », montre assez bien comment un agnostique peut dialoguer sereinement avec un croyant au sujet de deux éléments de la Trinité chrétienne : le Père et l'Esprit. Par contre, il est très discret s'agissant du Fils. Je vais imaginer un athée intelligent, donc qui sait, entre autres, qu'il est impossible de prouver l'existence ou la non existence de Dieu, le nommer Thomas (l'incrédule) et m'adresser à lui.

- Evidemment, Thomas, tu ne peux pas prendre au premier degré le credo de la tradition. Des notions comme « Jésus fils de Dieu », « immaculée conception », « résurrection », « vie éternelle », et bien d'autres, ne te parlent pas. Par contre, « Jésus fils de Joseph et Marie »…

- Oui, cet homme a certainement vécu au premier siècle de notre ère, mais il reste très mystérieux. Je vois en lui un défenseur des faibles, des malheureux, un juif croyant opposé à l'Église officielle.

- Donc, quelqu'un dont tu te sens proche, un humain semblable à toi ?

- Oh, je cherche à l'imiter, modestement. Si tu me dis qu'il était « fils de Dieu », cela signifie, dans ma vision du monde, que nous avons tous en nous ce même désir : aider les déshérités. Je sens clairement en moi cette faculté d'amour, pour autrui en général, pour des malheureux que je connais, et pour d'autres dont on me parle, les victimes d'un tremblement de terre, de l'exploitation économique, de la famine du Sahel, du sida… Mais voilà, je suis un homme imparfait, et je perçois aussi en moi l'éternel égoïsme. Alors, si tu me dis que Jésus était Dieu…

- Le Fils de Dieu.

- C'est la même chose. Être seulement amour, ne pas connaître la haine ou l'égoïsme, c'est réservé à… Je ne sais pas à qui ; ce n'est pas humain, ça ne fait pas partie de notre « humanité ». Et puis, tu vois, je n'ai pas besoin de la promesse d'une récompense pour faire tout ce que je peux, lutter contre l'égoïsme, le mien et celui des autres, des puissants surtout. Jésus de Nazareth, d'après ce que je sais de lui…

- Tu veux lutter contre les hauts dignitaires de l'Église ?

- La réforme de l'Église appartient aux croyants. Mais les Tartuffe se retrouvent dans tous les domaines. Je suis contre tous les hypocrites, ceux de la politique, de la démocratie, de la science, de l'art.

- La vie éternelle ?

- C'est une contradiction. Ce que nous appelons vie part de la naissance, croît, atteint la phase de reproduction, décline et aboutit à la mort.

- Pas de résurrection non plus, bien sûr.

- Le fils de Joseph et de Marie était un homme. Il est mort. Ni Dieu ni son Fils n'ont à ressusciter, parce qu'ils ne meurent pas.

- Et le jugement dernier ?

- C'est à moi qu'il incombe. Je viens de te dire que « je fais tout ce que je peux ». Ce n'est pas vrai. J'aurais pu et j'aurais dû faire beaucoup plus et surtout beaucoup mieux. Je le sais. Je me le pardonne, parce que je suis un homme, et je continue de lutter. Telle est la vie.

- C'est bien, Thomas. Continue
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12 Février 2010
la Suisse et les minarets

Evangile et Liberté, Vendredi 12 Février 2010 à 21:57 - Société

 Hugues Vertet



Je lis avec intérêt la Suisse et les Minarets P. 23 Ev et Lib Janvier 2008
De là petit questionnaire que j'ai communiqué à des amis musulmans, catho, protestants:

1 - Croyez-vous avoir besoin d'un minaret ou d'un clocher pour être musulman ou chrétien ?

Réponse, notre foi ne dépend pas de ce type de construction

2 - avez-vous besoin d'un crieur public, de sons de cloches pour penser à la prière ? pour être avertis de l'heure ?

Réponse nous avons tous des montres. Vous nous prenez pour des gens du Moyen-Age, oui ? des portables ..
vous prenez les croyants pour des gens arriérés ?

3 - Vous, protestants sans clochers , ni minarets , vous sentez vous brimés dans la société ? incapables de retrouver un lieu de culte dans la cité ?

Réponse il existe des plans de ville, nous savons lire et poser des questions


A la suite de cette enquête, Il me semble que ce problème de minaret est artificiel, gonflé, inconsistant.
Le respect envers la religion d'autrui n'est pas une cause gagnée , écrit Bernard Reymond . Etrange façon de poser la question.
Le respect de l a religion d'autrui tient-il à une forme architecturale dont l'utilité est dépassée au XXI° siècle ?

Les Suisses semblent avoir raison pour la majorité des gens à qui j'en ai parlé. Le désir de rester dans une forme traditionnelle n'est pas un besoin, c'est un désir chez certains. Au XXI° confondre désirs et besoins est fort dangereux dans la vie quotidienne, oui ?

N'existe point plutôt un besoin de réflexion et de recherche qu'exprime Evangile et Liberté. Il s'exprime plus par la contestation des formes de culte, de formes architecturales etc ...

Amitiés d'un vieux Directeur de Recherche au CNRS

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11 Février 2010
Parler de la foi en chrétien libéral

Evangile et Liberté, Jeudi 11 Février 2010 à 18:32 - Spiritualité

 Fred Plumer, président du très important réseau libéral américain TCPC, parle avec l’autorité d’un responsables du libéralisme dont il ne serait pas forcément investi en France.
Vers la fin de son texte, il se révèle un peu mystique. Le pasteur Georges Marchal disait “on nous prend pour des rationalistes alors que nous sommes des mystiques”. Mais tout le monde de se reconnaît pas dans cette tendance.
Les internautes réagiront comme ils le souhaitent.
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10 Février 2010
Essai de présentation du protestantisme libéral en France

Evangile et Liberté, Mercredi 10 Février 2010 à 09:05 - Théologie

Traduction en français d'une page écrite en occitan et dont l'original se trouve sur le site "Occitània viventa ".

Georges d'Humières
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 Évangile et liberté, fondé en 1886, est le mensuel francophone du Protestantisme libéral. Chaque mois Évangile et liberté vous propose des textes de réflexion et de spiritualité. Ses pages veulent interroger la foi chrétienne dans ses contenus et ses expressions.
 
 
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Les massacres du Nigeria

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