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n°231 | Août-Septembre 2009
  CAHIER | par John S. Spong Jésus Sauveur, une image à réviser

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 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Péché


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 CAHIER | Jésus Sauveur, une image à réviser   Introduction : Une théologie moderne et compréhensible

   Jésus Sauveur, une image à réviser


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 JOURNÉES « ÉVANGILE ET LIBERTÉ » 2009 |    Semblables et différents


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  La fiche auteur de Bernard Reymond

  Sur le même thème : protestantisme - XIXème siècle - moraliste - théologien - cure d'âme - piété - suisse

 
Evangile et liberté
 RETROUVER   par Bernard Reymond 

L’homme de lettres et théologien suisse Alexandre Vinet est encore trop peu connu. Ses idées ont pourtant été importantes pour le christianisme en général, et pour le protestantisme libéral en particulier. Bernard Reymond nous rappelle sa vie et sa pensée.

 

Alexandre Vinet

(1797-1847)

 

  Alexandre Vinet peut être considéré comme le penseur le plus important du protestantisme d’expression française au XIXe siècle. D’abord professeur de littérature française à Bâle de 1817 à 1837, puis de théologie pratique à l’Académie de Lausanne depuis cette dernière date jusqu’à sa mort, il n’a pas laissé de traité systématique touchant à la théologie, à part un Essai sur la manifestation des convictions religieuses (1842). Il fut avant tout un essayiste et un moraliste. Penseur exigeant, chrétien fervent et scrupuleux, il s’est efforcé de conjuguer les impératifs de la foi chrétienne et ceux de la liberté, revenant sans cesse sur leur convergence et leur communauté de destinée. En littérature, il prisait avant tout les classiques du siècle de Louis XIV. Avec eux, il pratiquait une discipline de la langue, considérée comme une exigence à la fois morale et spirituelle. Blaise Pascal est, à cet égard, l’auteur qui l’a marqué le plus fortement, et l’on peut considérer Vinet comme le plus pascalien des théologiens protestants. Quant au reste de son oeuvre, Vinet se caractérise comme un homme religieux dont la pensée s’est forgée dans la fréquentation des oeuvres littéraires beaucoup plus qu’à l’école des théologiens, mais au gré d’une réflexion toujours fermement ancrée dans la foi évangélique. Son originalité tient même au fait qu’il a su faire la synthèse, fort rare, de deux exigences souvent difficilement conciliées : d’une part un goût très vif et une attention toujours en éveil pour les productions de la littérature, d’autre part une piété fortement marquée par la sensibilité du Réveil religieux.  
   Moraliste, Vinet n’a cessé d’insister sur le fait qu’il ne saurait y avoir de religion sans morale, ni de morale sans religion, non au sens institutionnel de ces termes, mais dans la perspective des responsabilités qui incombent à chaque individu et qui s’étendent à tous les domaines de la vie : cité, vie publique, éducation, famille, Église, activités artistiques. Une phrase résume bien son attitude sur ce point : « Je veux l’homme maître de lui-même afin qu’il soit mieux le serviteur de tous. » Théologien, il était trop scrupuleux pour s’adonner à de déchirantes révisions doctrinales. Au fil des ans, on le voit néanmoins laisser tomber des expressions doctrinales qui, bien que traditionnelles, ne correspondaient plus à ses convictions profondes, par exemple l’idée d’expiation. Et l’on aime citer à cet égard une autre sentence tirée de ses oeuvres : « Là où l’erreur n’est pas libre, la vérité ne l’est pas non plus. »  
   Vinet voulait que les pasteurs, ministres d’une parole « qui n’est pas montée naturellement au coeur de l’homme », soient consacrés sans réserve à l’exercice de leur ministère et il a insisté auprès d’eux sur la nécessité d’une cure d’âme individualisée et tenant compte de la diversité des situations et des tempéraments. Il voyait avant tout dans le christianisme un fait de conscience et de pensée, fondé sur un attachement tout personnel et quasi mystique à la personne et au message de Jésus- Christ. Il l’a dit et répété dans des tonalités parfois si orthodoxes, parfois si libérales, parfois même rappelant si bien certains aspects de la spiritualité catholique, que les uns et les autres peuvent légitimement se réclamer de son influence.*

 

Bernard Reymond

 

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