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| SÉRIE : BIZARRERIES THÉOLOGIQUES... |
par
Laurent Gagnebin |
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La bénédiction (« dire du bien »), devrait être un acte simple. Pourtant, lorsqu’il s’agit de
bénir des maisons, des bateaux ou… des canons, elle peut poser question !
3. La bénédiction des choses
Je me rappelle ces cultes intégralement confiés à la responsabilité des jeunes de la paroisse ; ces derniers me demandaient invariablement d’en assurer la bénédiction finale. Et cela, très probablement, parce que, pour eux, seul un clerc pouvait exécuter ce geste sacré permettant une efficacité presque magique des paroles prononcées. Que dire des demandes de bénédiction des choses ! Le protestantisme, par exemple, ne bénit pas les alliances des mariés cela, précisément, pour éviter toute superstition et toute sacralisation de l’espace et de ses objets refusée par la Réforme. Mais l’Éternel n’est-il pas le Dieu de toute la création et sa bénédiction devrait-elle concerner uniquement l’être humain ? Un anthropocentrisme exclusif est une des grandes failles de la pensée chrétienne pendant des siècles. Théodore Monod, se réclamant du respect de la vie promu par Albert Schweitzer, savait bien que la bénédiction divine s’étend aux végétaux et aux animaux, et même aux minéraux omniprésents dans les déserts qu’il traversait et, eux aussi, témoins et expression du dynamisme créateur de Dieu. La souveraineté de l’Éternel nous lie, dans une perspective écologique, à toutes les dimensions de la terre. La nouvelle créature (Co 5,17) ou l'être nouveau, selon Tillich,récapitule en Christ la création tout entière. La perspective, biblique et symbolique, prophétique et écologique de nouveaux cieux et d'une terre nouvelle (Esaïe et Apocalypse) a une dimension universelle, cosmique. Bien entendu, il ne s’agira pas de bénir leschoses, mais d’adresser à Dieu à la fin de nos cultes une prière de bénédiction sans limites imposées à sa grâce salvatrice. C’est très différent.
Laurent Gagnebin
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