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n°259 | Mai 2012
  CAHIER | par Vincent Schmid Rousseau, enfant terrible de Calvin

 ÉDITORIAL |    Une heure de grâce.


 QUESTIONNER |    Pentecôtisme, chamanisme et manifestations de l’Esprit


 REGARD SUR LE MONDE |    L’interdiction du divorce et la conversion de chrétiens d’Égypte à l’islam


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Aumônerie


 SÉRIE: "QUAND JE DIS DIEU..." |    5. Ce qui me permet d’advenir au monde


 BILLET |    La théologie du roquefort


 MÉDITER |    Changer le monde


 CAHIER | Rousseau, enfant terrible de Calvin   Le siècle des Lumières et les protestants

   Rousseau, enfant terrible de Calvin


 LE REBOUSSIER |    Bénir des couples homosexuels ?


 DIALOGUER |    Sens et enjeux d’une amitié judéo-chrétienne aujourd’hui


 COMMENTER |    La prière qui dérange


 DÉBATTRE |    Que nous reste-t-il de Dieu ?


 DÉCOUVRIR |    « Impensable résurrection »


 RÉSONNER |    Pétrole ! There will be blood !

 
 
 

  La fiche auteur de Gilles Castelnau

  Sur le même thème : Impensable résurrection - Henri Persoz

 
Evangile et liberté
 DÉCOUVRIR   par Gilles Castelnau 

Notre collaborateur Henri Persoz vient de publier un livre sur le sujet si sensible de la résurrection.

 

« Impensable résurrection »

un nouveau livre sur un vieux sujet, de Henri Persoz

 

  Les conceptions les plus diverses d’une vie dans l’au-delà courent parmi nos contemporains et à l’intérieur même des Églises. Rares sont, il est vrai, les prédications des prêtres ou des pasteurs qui se hasardent sur un tel sujet, alors que l’incertitude de leurs paroissiens se fait grandissante.

  Quant à la résurrection de Jésus-Christ, qui n’est jamais non plus mise en question, elle soulève également des interrogations, qui se font culpabilisantes pour les plus fidèles.

  Ce livre n’entend pas proposer une réponse doctrinale unique qui ne manquerait pas d’être immédiatement contestée par tous ceux qui penseraient autrement.

  En remarquable connaisseur de la Bible et en pédagogue confirmé, Henri Persoz n’entend contredire personne et n’asséner aucune affirmation péremptoire, tout en faisant bien remarquer que nous ne pouvons plus penser à une vie après la mort comme la théologie traditionnelle l’a enseigné.

  Il prend les textes des Écritures par ordre chronologique et présente l’idée qu’à leur époque les auteurs se faisaient de la vie au-delà et – pour le Nouveau Testament – de la résurrection du Christ.

  Henri Persoz s’efforce d’éviter d’interpréter dans le sens d’une espérance de la résurrection des formulations imagées utilisées couramment dans les temps anciens pour dire tout autre chose.

  Voici deux exemples pris dans le livre, ainsi que les émouvantes dernières lignes de cet important ouvrage.

 

Avant le christianisme, dans l’Israël ancien

 

  L’idée d’une vie après la mort est complètement absente des textes anciens. Nulle part il n’est dit qu’Abraham ait survécu à sa mort (sauf dans le Nouveau Testament) ; ni d’ailleurs aucun autre patriarche ou roi. La mort de Moïse est impressionnante de simplicité. « Personne ne sut où est sa tombe » dit le Deutéronome (34,6). En comparant cette courte phrase à la grandeur démesurée des tombes des pharaons, nous voyons bien le grand écart qui sépare ces deux civilisations voisines. L’Égypte est hantée par la mort, Israël est hanté par la vie. Les prophètes ne parlent que de la vie sur terre et dénoncent sans cesse les excès des riches et des puissants.

 

L’Épître aux Romains : mourir pour vivre vraiment

 

  L’apôtre Paul distingue ainsi le vieil homme empêtré dans le péché, qui est mort, et l’homme nouveau, assimilé au Christ ressuscité, qui entre dans une autre vie : « Si nous avons été totalement assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection, pour mener une vie nouvelle, une vie pour Dieu. » Il est donc simplement question […] d’être à la ressemblance de sa résurrection, comme nous avons été à la ressemblance de sa mort. La résurrection du Christ n’est pas discutée, elle signifie que le Christ vit encore dans le coeur de l’apôtre et des chrétiens. Par contre, pour les autres, il s’agit d’une ressemblance, d’une résurrection virtuelle, d’une « marche en nouveauté de vie ». Cette marche est rendue possible par un exercice de mort spirituelle qui a tué le vieil homme, comme le résume bien l’apôtre : « Vous êtes comme des vivants revenus d’entre les morts. Mettez-vous donc au service de Dieu, avec vos membres comme armes de la justice. » Le mot résurrection employé par Paul (anastasis) ici prend un sens compréhensible. C’est le fait de se relever, de repartir : cette mort avec le Christ permet de se relever, de prendre un nouveau départ.

 

Épilogue

 

  La parabole (du bon Samaritain) racontée par Jésus nous montre qu’il n’y a pas de vie possible sans cet amour qui rapproche un prochain d’un autre prochain, et qui sauve l’un et l’autre. La vie est faite pour se secourir les uns les autres, par delà les nationalités, par delà les différences qui depuis des générations nous séparent. Un jour, nous sommes le blessé sur la route. Un jour, nous sommes le Samaritain. Il faut accepter de secourir et accepter d’être secouru. Ce n’est que dans cette solidarité que la vie peut rencontrer l’éternité.
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G. C. Henri Persoz, Impensable résurrection, éd. Passiflores, mars 2012, en vente dans toutes les librairies protestantes ou religieuses, ou vente en ligne à : www.arretauxpages.com; 7 €.

 

Gilles Castelnau

 

  La fiche auteur de Gilles Castelnau

 
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