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n°259 | Mai 2012
  CAHIER | par Vincent Schmid Rousseau, enfant terrible de Calvin

 ÉDITORIAL |    Une heure de grâce.


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 REGARD SUR LE MONDE |    L’interdiction du divorce et la conversion de chrétiens d’Égypte à l’islam


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Aumônerie


 SÉRIE: "QUAND JE DIS DIEU..." |    5. Ce qui me permet d’advenir au monde


 BILLET |    La théologie du roquefort


 MÉDITER |    Changer le monde


 CAHIER | Rousseau, enfant terrible de Calvin   Le siècle des Lumières et les protestants

   Rousseau, enfant terrible de Calvin


 LE REBOUSSIER |    Bénir des couples homosexuels ?


 DIALOGUER |    Sens et enjeux d’une amitié judéo-chrétienne aujourd’hui


 COMMENTER |    La prière qui dérange


 DÉBATTRE |    Que nous reste-t-il de Dieu ?


 DÉCOUVRIR |    « Impensable résurrection »


 RÉSONNER |    Pétrole ! There will be blood !

 
 
 

  La fiche auteur de James Woody

  Sur le même thème : Ce qui me permet d’advenir au monde - YHWH - HaYaH

 
Evangile et liberté
 SÉRIE: "QUAND JE DIS DIEU..."   par James Woody 

Pour James Woody, Dieu est à la fois un « créateur de liens », et celui qui « fait advenir une histoire ».

 

5. Ce qui me permet d’advenir au monde

 

  Quand je dis Dieu, c’est à deux mots hébreux que je pense. Tout d’abord le nom commun El. Ce mot désigne Dieu comme un organisateur, un créateur, celui de Genèse 1. Mais El, en hébreu, signifie aussi « vers » : vers l’autre, vers ailleurs, vers quelque chose. Quand je dis Dieu, mes pensées tendent vers autre chose que moi. Je me dé-préoccupe de moi-même. Mais est-ce moi qui pense à Dieu ? J’ai plutôt le sentiment que c’est Dieu qui me fait penser à lui ou, pour être plus précis, ce n’est pas par moi-même que je pense aux autres, à autre chose que moi. Quand je dis Dieu, il s’agit de ce qui contrarie mon penchant à me contenter de ce qui est, ce qui contrarie ma tendance à me contenter de moi. C’est ce qui me conduit vers. Est Dieu ce qui est créateur de liens, ce qui me relie harmonieusement à mon environnement, ce qui me fait me tenir hors de moi dans un réseau plus grand que mon espace personnel.

  Le deuxième mot hébreu auquel je pense, c’est YHWH, les quatre lettres qui constituent le nom propre de Dieu. Il semble que ce nom soit construit sur le verbe HaYaH, conjugué à l’inaccompli, c’est-à-dire un temps qui n’est pas achevé. Souvent traduit par « être », il vaudrait mieux le rendre par « advenir » car le verbe être est plutôt sous-entendu en hébreu. Quand je dis Dieu, je parle de ce qui advient, de ce qui surgit, de ce qui n’arrive pas naturellement, mais par la conjugaison d’efforts qui refusent que le monde reste en l’état, d’efforts qui résistent au définitif, à la mort. Est divin ce qui me fait résister à l’ordre établi qui fige le mouvement de la vie.

  C’est en ce sens que Dieu est pour moi l’expression de la transcendance : ce qui me permet de dépasser ma condition présente et de participer à la création d’un univers un peu plus fréquentable. Quand je dis Dieu, je parle à la fois de ce qui me tend en avant et de ce qui, à partir de cette mise en route, fait advenir une histoire. Dieu c’est ce qui contrarie ma pente naturelle et ce qui me permet de venir au monde.

 

James Woody

 

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