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n°258 | Avril 2012
  CAHIER | par Rémi Gounelle Jésus et le judaïsme dans quelques textes apocryphes

 ÉDITORIAL |    Le christianisme est la religion de l'esprit, mais


 QUESTIONNER |    Peut-on encore croire à la résurrection ?


 RÉAGIR |    Poudre de protestantisme


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Dévotion


 SÉRIE: "QUAND JE DIS DIEU..." |    4. Dieu aux deux extrémités d’une relation humaine


 BILLET |    Et « Dieu » leur répondit…


 MÉDITER |    Nous intercédons pour la politique


 CAHIER | Jésus et le judaïsme dans quelques textes apocryphes   Les textes apocryphes, reflets des premières communautés chrétiennes

   Jésus et le judaïsme dans quelques textes apocryphes


 LE REBOUSSIER |    « Que tous soient un »


 REPENSER |    La résurrection du Christ


 REGARD SUR LE MONDE |    Contrôle des naissances aux Philippines


 COMMENTER |    Au jardin de la résurrection : la tentation de Marie


 RETROUVER |    Baruch Spinoza


 RÉSONNER |    De la musique en couleurs

 
 
 

  La fiche auteur de Florence Couprie

  Sur le même thème : Dieu aux deux extrémités - Charles Wagner - Maurice Bellet

 
Evangile et liberté
 SÉRIE: "QUAND JE DIS DIEU..."   par Florence Couprie 

Serait-il possible de « dire Dieu » tout seul, simplement pour soi-même ? Florence Couprie pense que non : pour elle, Dieu se tient dans l’échange, dans la parole, dans la relation.

 

4. Dieu aux deux extrémités d’une relation humaine

 

  Dire Dieu : je me tais ; puis retrouve tous ceux par qui Dieu en moi a résonné, me donnant de reconnaître sa présence en l’autre. « Tantôt il posait devant lui un verre qu’il sucrait avec lenteur et démontrait péremptoirement, en y faisant goûter les enfants, que Dieu est dans le monde comme le sucre dans l’eau : “On ne le voit pas, mais on le goûte” ». Je ne sais Dieu, par lui je ressens comme une force aimantée dont l’une des parties m’est intérieure et l’autre intérieure à l’ami rencontré, révélé par Christ : ainsi Dieu advient quand nous sommes en relation d’écoute, de compassion, de solidarité, de parole. Parole qui ne parle pas de Dieu (ce serait parole solitaire) mais est parlée par « le sucre » de Dieu en « le verre d’eau » qu’est celui qui parle. Parole qui n’oublie jamais qu’elle est relation avant tout à l’autre qui écoute. Parole qui se tient en « un lieu de vérité qui est entre qui, en moi, parle et qui je suis », mais pareillement en cet écoutant « autre qui est là, qui peut penser tout autrement que moi, refuser tout à fait, par exemple, mon idée de l’altérité ». Lieu de vérité qui habite ce doublement relatif, aux deux extrémités d’une relation humaine. Je vous parle par cet article d’Évangile et liberté et ne peux vous rejoindre que par d’autres paroles m’ayant rejointe, m’ayant précédée. « On croit encore que Dieu règne, qu’il juge, ou qu’il agit en nous et par le monde. Mais non ! Simplement, il rayonne. La lumière est sa façon d’être. »

  Ainsi, vous le voyez, je ne saurais, seule, dire Dieu ! Tout cela est si difficile, et si simple à la fois. Être libre de tout désir de le chercher, de le trouver ; confiant en une non science de lui ; être toujours étonnée, émerveillée de ces parcelles d’instants furtifs où il me semble tutoyer l’éternité. Je terminerai encore par une citation, en vous laissant, tel un jeu, retrouver qui a parlé et où : Jacques Juillard, Maître Eckhart, Wautier d’Aygalliers à propos de Charles Wagner, Maurice Bellet m’ont accompagnée en cette méditation. « C’est pourquoi je prie Dieu qu’il me déprenne de Dieu. »

 

Florence Couprie

 

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