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n°258 | Avril 2012
  CAHIER | par Rémi Gounelle Jésus et le judaïsme dans quelques textes apocryphes

 ÉDITORIAL |    Le christianisme est la religion de l'esprit, mais


 QUESTIONNER |    Peut-on encore croire à la résurrection ?


 RÉAGIR |    Poudre de protestantisme


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Dévotion


 SÉRIE: "QUAND JE DIS DIEU..." |    4. Dieu aux deux extrémités d’une relation humaine


 BILLET |    Et « Dieu » leur répondit…


 MÉDITER |    Nous intercédons pour la politique


 CAHIER | Jésus et le judaïsme dans quelques textes apocryphes   Les textes apocryphes, reflets des premières communautés chrétiennes

   Jésus et le judaïsme dans quelques textes apocryphes


 LE REBOUSSIER |    « Que tous soient un »


 REPENSER |    La résurrection du Christ


 REGARD SUR LE MONDE |    Contrôle des naissances aux Philippines


 COMMENTER |    Au jardin de la résurrection : la tentation de Marie


 RETROUVER |    Baruch Spinoza


 RÉSONNER |    De la musique en couleurs

 
 
 

  La fiche auteur de Sylvie Queval

  Sur le même thème : Dévotion - Tartuffe - airs doucereux

 
Evangile et liberté
 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS   par Sylvie Queval 

Dévotion

 

  Le mot « dévotion » évoque irrésistiblement des images repoussantes. On ne dit pas « être confit en dévotion » pour rien, il y a quelque chose de figé, de sucré et d’écoeurant dans la dévotion. Le dévot c’est Tartuffe avec sa componction, son sourire faux, ses airs doucereux… La dévotion appelle des images pieuses un peu saint-sulpiciennes, des coeurs sanglants, des vierges éthérées, des angelots à l’air idiot. La dévotion donne envie de choquer, de bousculer, de renverser les tables des marchands du temple parce qu’elle est associée à mensonge, fausseté, tricherie.

  Mais pourquoi imagine-t-on de l’hypocrisie dans cette piété extrême qu’est la dévotion ? Pourquoi oublie-t-on que la dévotion est d’abord dévouement, mot hautement valorisé, lui, à l’inverse de son double ?

  Sans doute est-ce parce que les dévots ont tué la dévotion ; ils ont confondu le dévouement sincère à une cause, le voeu de s’y consacrer et les formes extérieures de la piété. Ils ont fait passer le simulacre pour l’authentique. Soucieux seulement des formes extérieures de la piété, les dévots dévaluent ce qu’ils prétendent valoriser. Ils oublient de méditer ces fortes paroles : « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme des hypocrites qui aiment à prier debout dans les synagogues… quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte… » (Mt 6,5-6).

  Et si nous tentions de réhabiliter la dévotion comme fidélité à un voeu, celui de se dévouer à ce qui a du prix pour nous, celui de se consacrer à ce qui vaut véritablement pour nous ?

  Ne pas abandonner la dévotion aux dévots est une tâche ardue mais qui mérite… qu’on s’y dévoue.

 

Sylvie Queval

 

  La fiche auteur de Sylvie Queval

 
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