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n°255 | Janvier 2012
  CAHIER | par Alain Houziaux La gourmandise est-elle un péché ?

 ÉDITORIAL |    Le monde est encore plus petit que nous le pensions,


 QUESTIONNER |    Meilleurs voeux


 AGIR |    Le christianisme et la non-violence


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Intercession


 DÉBATTRE |    L’écho des ténèbres


 REGARD SUR LE MONDE |    Pro-life (contre l’avortement), pro-peine de mort…


 MÉDITER |    Dieu nous attend


 CAHIER | la gourmandise est-elle un péché ?   Gourmandise et partage

   La gourmandise est-elle un péché ?


 LE REBOUSSIER |    Le reboussier


 COMMENTER |    Dieu a besoin des hommes


 UNE RELECTURE THÉOLOGIQUE |    Incarnation et Rédemption


 VIENT DE PARAÎTRE |    Discours aux étudiants en théologie de Harvard


 REPENSER |    La foi de Jésus


 REGARDER |    Fiat Lux


 RÉSONNER |    Coupable, non-coupable

 
 
 

  La fiche auteur de Florence Couprie

  Sur le même thème : Le reboussier

 
Evangile et liberté
 LE REBOUSSIER   par Florence Couprie 

Le reboussier

 

  Peu de personnes, hors du sud de la France, connaissent le mot reboussier. Il convient de consulter un dictionnaire de l’Occitan, ou le CNRTL (centre national de recherche textuelle et lexicale – CNRS 2005), ou bien le dictionnaire d’Alain Rey pour y trouver l’étymologie. Le CNRTL ne mentionne pas exactement reboussier mais l’adjectif rebours, rebourse. Son étymologie viendrait du latin rebursus dont les sens tourneraient autour de revêche ; à rebours ; à rebrousse-poil ; à contre-courant. À propos du bois, une ancienne définition (Chabat, 1881) dit « qu’il est rebours lorsque ses fibres ne sont pas parallèles à sa surface, mais lorsqu’elles sont ondulées, tordues, tressées et nouées les unes aux autres, de sorte qu’on ne peut le travailler que difficilement parce que le fil se présente souvent au rebours du mouvement de l’outil ».

  Des fibres rebelles, qui empêchent que l’on travaille le bois avec facilité sont comme des hommes rebelles qui empêchent que l’on se serve d’eux, de leur confiance, de leur docilité pour doucement leur faire admettre un acte ou une idéologie que l’on devrait juger inadmissible. Nous pouvons trouver des êtres semblables dans nos écrits bibliques, il nous suffit de relire les prophètes du Premier Testament, peut-être même un dénommé Jésus dans les évangiles… De nos jours, dans les journaux, sur les ondes ou sur la toile, des rubriques laissent à des éveilleurs de responsabilité un temps court, percutant, parfois provocant. Ils tentent d’éclairer des chemins qui, trop facilement, mènent là où notre conscience devrait nous dire d’arrêter. Les portes larges, ou étroites, voilà encore une image évangélique qui devrait nous parler. Les sociologues étudient, pareillement, les dérives langagières du monde du travail ou simplement du monde quotidien et soulignent les détournements de sens dont se nourrissent nos vieux démons racistes, égoïstes, violents, intolérants – nous sommes tous habités par eux, et les refouler derrière de bonnes intentions ne suffit pas à les combattre efficacement.

  Notre temps a besoin d’éveilleurs dont la réflexion nous donnerait à réfléchir à notre participation au monde, plus qu’un billet d’humeur. Aussi, notre revue se propose d’introduire de temps à autres des billets d’éveilleurs, de reboussiers. Ce sera le titre de cette rubrique sérieuse mais non sans humour aussi. Nous vous en souhaitons bonne lecture et participation par vos courriers de lecteurs.

 

Florence Couprie

 

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