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n°251 | Août-Septembre 2011
  CAHIER | par Michel Corboz « Je ne confonds pas musique religieuse et musique sacrée »

 ÉDITORIAL |    L'homme ne vivra pas de pain seulement


 QUESTIONNER |    Une éthique de la création ?


 AGIR |    2011, La Clairière a 100 ans !


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Yahvé


 SÉRIE: PROVERBES |    7. Trouver sa voie


 BILLET |    Pour l’homme ?


 MÉDITER |    Portes toujours ouvertes de la Cité de Dieu


 CAHIER | Musique religieuse et musique sacrée   Un art physique et transcendant

   « Je ne confonds pas musique religieuse et musique sacrée »

   La musique et le culte


 REPENSER |    Prédestination


 DÉBATTRE |    Les Églises doivent-elles s’engager en politique ?


 LA VIE DU MOUVEMENT |    Les « Cercles Évangile et Liberté » se développent


 ÉVANGILE ET LIBERTÉ: JOURNÉES 2011 |    Jésus au-delà des Évangiles


 COMMENTER |    Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ?

 
 
 

  La fiche auteur de Jean-Luc Duchêne

  Sur le même thème : Un art physique et transcendant - La Guerre de Janequin - Le mathématicien Joseph Fourier

 
Evangile et liberté
 CAHIER   par Jean-Luc Duchêne 
 CAHIER | Musique religieuse et musique sacrée
  Un art physique et transcendant
  « Je ne confonds pas musique religieuse et musique sacrée »
  La musique et le culte

Un art physique et transcendant

 

Baude Cordier, Belle, bonne, sage: un rondeau manuscrit du XVe siècle

  La musique est un art mystérieux. Une de ses caractéristiques principales est, à mon avis, qu’elle suscite des émotions indépendamment de toute référence à une réalité quelconque. La peinture, la sculpture, la danse, même les plus abstraites, même involontairement, évoquent certains aspects de notre vie, ont une résonance dans la réalité. La musique en elle-même (sauf quelques exceptions délibérément réalistes, comme La Guerre, de Janequin par exemple) reste totalement indépendante de telles références, et pourtant, elle provoque des sentiments intenses. C’est peutêtre pour cette raison que, de tous temps et en tous lieux, la religion et la musique s’entremêlent. La musique a une dimension transcendante liée à son détachement du réel, et notre patrimoine musical comprend une grande part de musique sacrée.

  La musique entretient d’étroites relations avec la physique. La construction de la gamme, par exemple, avec sa curieuse répartition des tons et demi-tons, qui semble aléatoire, peut se comprendre assez facilement à partir des harmoniques. Cela explique que l’on retrouve la même gamme dans la plupart des civilisations. Le mathématicien Joseph Fourier (1768-1830) a été à l’origine de l’analyse harmonique, et l’harmonie tonale elle-même bénéficie d’un éclairage important grâce à ces lois physiques.

  La perception du son ne se fait pas seulement avec les oreilles : tout le corps participe. Le son est une vibration de l’air qui peut faire entrer en résonance le thorax, le ventre, la tête… La musique imprègne tout l’être ! C’est un art très physique, pour l’auditeur comme pour l’interprète. Beaucoup d’instrumentistes, comme les chanteurs, utilisent le souffle pour produire le son (comment ne pas penser à Gn 2,7, et ce souffle de vie que Dieu communique à l’homme ?), tous utilisent tout leur corps pour jouer… et l’auditeur entre en résonance.

  Une spécificité importante de la musique est qu’elle se déroule dans le temps. Elle présente donc deux dimensions : chaque voix qui s’écoule dans le temps produit une mélodie (dimension appelée « horizontale », en relation avec la notation musicale ; le chant grégorien est un des premiers exemples) ; et à chaque instant, la rencontre des voix produit des accords (dimension « verticale »).

  Mais on comprend bien que la science ne suffit pas à expliquer la beauté d’une symphonie ! De Janequin à Mahler en passant par Bach, les oreilles des auditeurs ont évolué, les habitudes et les lois de l’écriture musicale ont changé. Et finalement, comme pour tout art et à toute époque, il reste un paramètre personnel irréductible et inexplicable : j’aime ceci ; je n’aime pas cela !

  Michel Corboz, célèbre chef de choeur suisse dont la renommée a traversé les cinquante dernières années, a été interrogé par Antoine Bosshard. Dans cet entretien, il précise ce qu’il entend par « musique sacrée », et les relations qu’il perçoit entre la musique et la religion.

 

Jean-Luc Duchêne

 

  La fiche auteur de Jean-Luc Duchêne

 
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