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n°250 | Juin-Juillet 2011
  CAHIER | par Gilles Bourquin La spiritualité aux prises avec la modernité

 ÉDITORIAL |    Le rationalisme et le mysticisme


 QUESTIONNER |    L’Écriture seule ? Pas tant que ça !


 AGIR |    Les tables du Centre d’action sociale protestant (CASP)


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Ciel


 SÉRIE: PROVERBES |    6. Gouverner


 BILLET |    La Nationale 7 et l’Évangile


 MÉDITER |    Au rivage de la mort qui s’apaise


 CAHIER | La spiritualité aux prises avec la modernité   Spiritualité et religion

   La spiritualité aux prises avec la modernité


 Évangile et liberté: journées 2011 |    Jésus au-delà des évangiles


 REPENSER |    Dieu agit-il sur les événements ou sur notre esprit ?


 COMMENTER |    Un miracle peut en cacher un autre


 DÉBATTRE |    Dieu, l’autorité, le couple


 LIRE |    Coup de coeur


 INFORMATIONS |    Fédération protestante de l’enseignement


 REGARDER |    Le pélican, symbole christique


 RETROUVER |    Nicolas Berdiaeff

 
 
 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

  Sur le même thème : Ciel

 
Evangile et liberté
 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS   par Raphaël Picon 

Ciel

 

Le ciel, c’est la demeure des dieux. Ouranos (ciel étoilé), Jupiter (Père des cieux), Zeus (dieu du ciel) ont tous leur racine au ciel. Chacun porte « ciel » dans son nom pour bien signifier qu’il est ailleurs, inaliénable. On les imagine aussi au ciel, ces dieux, parce qu’on les croit dominant le monde, telles des puissances majestueuses qui, parce qu’aux confins de l’univers en maîtrisent tous les détails. Et quoi de mieux que le ciel pour dire l’immensité insondable qui dépasse tout entendement ? La foi chrétienne, celle en un Dieu incarné, qui n’est plus à chercher au ciel mais sur la terre, est une révolution. « Que signifie : Il est monté, sinon qu’il est aussi descendu dans les régions inférieures », écrira Paul (Éph 4,9). Mais peut-on encore croire en l’invisible quand, en Jésus, tout devient visible ? Marx ne s’y est pas trompé, lui qui dira de ce mouvement du Dieu chrétien qui déserte le ciel pour la terre, qu’il conduit naturellement à l’athéisme. Le christianisme, c’est l’utopie réalisée ; en Jésus, tout est donné, accompli, réalisé. Le ciel est vide, il n’y a plus d’arrière-monde, c’est désormais sur la terre que tout se passe et se joue. Il s’agit d’un vrai désenchantement qui, Marx a raison, nous rend athées à l’endroit de certaines images de Dieu. On pense à ce Christ « pantocrator » des représentations byzantines qui, du haut de ses splendeurs célestes, dirige tout. Exprime-t-il vraiment le Dieu dont Jésus nous a parlé ? En vidant le ciel, le christianisme nous libère aussi de toute dérive dans l’irréel. Il nous reconduit sur la terre, là où nous rejoint un Dieu sans mythe, un Dieu sans barbe, celui du désir, de l’éveil et de la créativité, ce Dieu qui, incognito, nous anime à travers tout ce qui continue de nous rendre vivants jusqu’à la mort.

 

Raphaël Picon

 

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