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n°249 | Mai 2011
  CAHIER | par Maurice Baumann Évolution et enjeux de la catéchèse

 ÉDITORIAL |    Peut-on encore croire


 QUESTIONNER |    L’Ascension ?


 AGIR |    Les cafés « Sagesse de l’humanité »


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Individualisme


 SÉRIE: PROVERBES |    5. La sagesse


 BILLET |    L’inattendu et Théodore Monod


 MÉDITER |    Prière pour demander l’humour


 CAHIER | Évolution et enjeux de la catéchèse   Catéchèse et transmission

   Évolution et enjeux de la catéchèse


 VIVRE |    Les gars du métro


 REPENSER |    Petit éloge du blasphème


 DIALOGUER |    « Calvin entr’ouvre des portes à notre dialogue avec le judaïsme »


 COMMENTER |    « Je suis »


 RÉSONNER |    Noir, c’est noir. « Easy money »

 
 
 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

  Sur le même thème : encore croire - Hannah Arendt - autoritarisme ecclésial

 
Evangile et liberté
 ÉDITORIAL   par Raphaël Picon 

Peut-on encore croire

 

en un Dieu créateur et en un Dieu sauveur ? Oui, assurément ! Le Dieu créateur est le Dieu qui éternellement redonne du goût à la vie et rend le monde plus lumineux. Dieu est ce poète du monde qui sans relâche lutte pour rendre nos existences plus intenses et créatrices. Le Dieu sauveur est le Dieu qui éternellement nous inclut en lui et se laisse transformer par nous. Notre participation à Dieu : voilà notre véritable salut ! Car être sauvé, c’est être en Dieu ; savoir que, pour lui, nous comptons, nous existons. Pour la philosophe Hannah Arendt (1906-1975), dans son ouvrage Qu’est-ce que le politique ?, le totalitarisme est la prétention à faire le bien comme si les autres n’existaient pas, sans prendre en compte les situations vécues et les histoires concrètes. Le Dieu qui sait tout, qui fait tout et qui peut tout, qui dispense ses biens comme si nous n’existions pas, reflète un mode de pensée totalitaire, et sert bien souvent l’autoritarisme ecclésial. Tout autre est le Dieu que Jésus incarne ! En lui, en l’homme, Dieu compose avec l’humanité et agit à travers elle. L’aventure de Dieu devient la nôtre et c’est ainsi qu’il nous sauve. Non pas en nous projetant dans une vie sans fin, mais en redonnant sans cesse à cette vie-ci un souff le d’éternité. Celui par lequel nous nous découvrons, en Dieu, capables de merveilles. Dieu nous crée en nous sauvant de l’insignifiance. Rien n’est indifférent à Dieu, et lui dire oui, c’est contribuer à faire qu’il soit. C’est faire triompher son Évangile de beauté et de justice sur un monde de médiocrité et d’exclusion. Nous sommes sauvés, non parce que nous agissons pour Dieu, mais parce que lui-même nous fait confiance et nous rend capables d’actions. Voilà pourquoi Jésus ne nous invite pas à croire que Dieu existe, mais à croire que, pour Dieu, nous existons.

 

Raphaël Picon

 

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